Éloge de la sicérité - Monstesquieu

Éloge de la sicérité - Monstesquieu

Publié le 23 mai 2016 - Donne ton avis

Éloge de la sincérité est un essai de Montesquieu, qui, comme son titre l’indique, fait l’éloge de la sincérité. Le texte date de 1717 et était initialement une étude destinée à un concours d’académie.

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Partie 1 : Les thèmes abordés

  • Première partie : de la sincérité par rapport à la vie privée
  • Montesquieu a à cœur de faire l’éloge d’une vertu qu’il estime peu mise en avant et qu’il chérit : la sincérité.
    « Les hommes se regardent de trop près »
    Les hommes consacrent beaucoup de temps à s’observer eux-mêmes et à se tenir dans une certaine estime. Cette attitude renforce ainsi leur envie de s’entourer de personnes faisant part d’un avis similaire au leur et qui ne sera pas forcément toujours sincère.
    « Les hommes vivent en commun et doivent se guider mutuellement »
    L’homme est un être social, il vit son existence en compagnie d'autres hommes. Ainsi, les hommes doivent se servir de guides entre eux. Si l’homme choisit un guide qui l’entraîne vers les chemins les plus simples, mais qui ne sont pas obligatoirement les plus appropriés, il pourra s’égarer.
    « La sincérité est une grande vertu qui nous guérit de tous les vices »
    Montesquieu célèbre la sincérité en tant que telle, mais souligne en outre l’ensemble des autres vertus qu’elle développe. La sincérité amène le recul, l’humilité et aide à opter pour les bonnes décisions, tandis qu’elle éloigne de l’orgueil, que le philosophe considère comme un véritable frein.
    « Vivrons-nous toujours dans cet esclavage de déguiser tous nos sentiments ? »
    Montesquieu observe également ce qu’engendre l’absence de sincérité. Il évoque cette supposée politesse faisant que les hommes s’interdisent de dire la vérité pour éviter de peiner les autres ou d’être répudiées par ceux-ci. Le philosophe accuse l’homme de faiblesse quand il rend constamment des hommages et le trouve injuste lorsqu’il les exige.
    « On croit par la douceur de la flatterie avoir trouvé la vie délicieuse »
    Le philosophe pointe la tromperie de la flagornerie. Vivre entouré de courtisans intéressés et flatteurs mène à une fausse opinion de soi et expose fondamentalement l’homme aux vices.
    « Toujours séduits par la même erreur, nous ne prenons des amis que pour avoir des gens particulièrement destinés à nous plaire »
    À force d’être dépendant de la flatterie des autres, les hommes sélectionnent leur entourage en fonction de ce critère. Ils s’entourent de personnes non sincères et s’enferment ainsi dans le mensonge.
    « Les grandes vertus qui naissent, si je l’ose dire, dans la partie de l’âme la plus relevée et la plus divine semblent être enchaînées les unes aux autres. Qu’un homme ait la force d’être sincère, vous verrez un certain courage répandu dans tout son caractère, une indépendance générale, un empire sur lui-même égal à celui qu’on exerce sur les autres, une âme exempte des nuages de la crainte et de la terreur, un amour pour la vertu, une haine pour le vice, un mépris pour ceux qui s’y abandonnent. D’une tige si noble et si belle, il ne peut naître que des rameaux d’or. »
    Montesquieu conclut ainsi sa première partie en citant les qualités que développe la sincérité chez l’homme, mais aussi en nommant les défauts dont elle peut le prémunir.

  • Deuxième partie : de la sincérité par rapport au commerce des grands
  • « Ceux qui ont le coeur corrompu méprisent les hommes sincères, parce qu’ils parviennent rarement aux honneurs et aux dignités »
    Dans cette deuxième partie, Montesquieu aborde l’importance de la sincérité au sein des élites. Il constate que les hommes sincères parviennent rarement aux dignités, mais considère que les honneurs ne sont pas ceux qui sont attendus. Il estime qu’il n’y a pas plus bel honneur que d’être un homme doué d’une telle vertu. « La sincérité n’a jamais tant d’éclat que lorsqu’on la porte à la cour des princes, le centre des honneurs et de la gloire »
    Dire la vérité est une chose, mais l’affirmer à un homme puissant en est une autre. Surpasser la peur d’être repoussé en voulant guider sincèrement une personne de pouvoir représente aux yeux de Montesquieu la preuve d’une grande âme.
    « Un homme sincère à la cour d’un prince est un homme libre parmi les esclaves »
    La sincérité est une vertu, mais lorsqu’elle est pratiquée à la cour — où elle demeure une rareté — elle devient encore plus précieuse. Celui qui parvient à se montrer sincère dans un tel contexte atteint une grande liberté : il peut agir comme il lui semble bon, sans faux-semblants.
    « Les historiens de la Chine attribuent la longue durée, et, si je l’ose dire, l’immortalité de cet empire, aux droits qu’ont tous ceux qui approchent du Prince, et surtout un principal officier nommé Kotaou, de l’avertir de ce qu’il peut y avoir d’irrégulier dans sa conduite. »
    Montesquieu illustre son propos d’exemples mythiques, historiques et religieux.
    Celui qui détient le pouvoir peut en faire mauvais usage. S’il est entouré de personnes le trompant sur la réalité, son peuple peut en subir les conséquences. Au contraire, s’il est un personnage sachant écouter les vérités, même celles qui ne sont pas plaisantes, il mettra toutes les chances de son côté à protéger son peuple et son empire.
    « Un détestable effet d’une lâche et basse complaisance »
    À l’inverse, Montesquieu évoque les conséquences d’une absence de sincérité à l’encontre des princes. Pour confirmer son propos, il cite notamment Platon et Homère : « Les richesses et les dignités, disait Platon, n’engendrent rien de plus corrompu que la flatterie […] Un flatteur, selon Homère, est aussi redoutable que les portes de l’Enfer. »
    « Heureux le prince qui vit parmi des gens sincères qui s’intéressent à sa réputation et à sa vertu. Mais que celui qui vit parmi des flatteurs est malheureux de passer ainsi sa vie au milieu de ses ennemis. »
    Le prince entouré d’hommes sincères sera bien plus avisé pour prendre les décisions s’avérant nécessaires et, par conséquent, sera plus fier et heureux de ce qu’il est. Tandis que celui qui s’entoure de flatteur vivra dans une sorte de mirage du bonheur et n’en deviendra que plus malheureux.
    « Détestons la flatterie, que la sincérité règne à sa place ! Faisons là descendre du Ciel, si elle a quitté la Terre ! Elle sera notre vertu tutélaire, elle ramènera l’âge d’or et le siècle de l’innocence, tandis que le mensonge et l’artifice rentreront dans la boîte funeste de Pandore. La Terre, plus riante, sera un séjour de félicité. On y verra le même changement que celui que les poètes nous décrivent, lorsque Apollon, chassé de l’Olympe, vint parmi les mortels, devenu mortel lui-même, faire fleurir la foi, la justice et la sincérité, et rendit bientôt les dieux jaloux du bonheur des hommes, et les hommes, dans leur bonheur ; rivaux même des dieux. »
    Le philosophe conclut son éloge par le constat que les hommes sincères, qui s’entoureront d’autres hommes sincères, développeront d’autres vertus et atteindront le bonheur. Ils deviendront ainsi les rivaux des dieux.

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