Dans quelle mesure la lecture des romans permet-elle de connaître une période historique et une société ?

Dans quelle mesure la lecture des romans permet-elle de connaître une période historique et une société ?

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Publié le 13 nov. 2013 - Donne ton avis

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Dans quelle mesure la lecture des romans permet-elle de connaître une période historique et une société ?

 

C’est en effet Engels qui indiquait qu’il avait plus appris sur l’économie et l’histoire chez Balzac qu’en lisant les économistes. Alain eut le même sentiment ; « j’ai plus appris dans Balzac que dans les philosophes et les politiques. Car Balzac me rejetait dans l’expérience même, sur laquelle se fondent quelquefois les philosophes mais qu’ils ne savent pas conserver en leurs ouvrages ».

 

La lecture des romans serait, au-delà de la finalité esthétique, une source de connaissance capable de nous apporter des vues plus juste sur une société, sur une période historique. Mais dès lors, il convient de s’interroger : en quoi la lecture de ces œuvres traduit-elle une époque, une société prise dans une histoire ? Comment la littérature arrive-t-elle à transmettre ses connaissances ? Sur quelle validité repose une connaissance inhérente à une œuvre qui est toujours celle d’un auteur ?

 

Pour éclairer ce problème, nous aborderons dans un premier temps comment le roman est une épreuve de l’histoire, de la société (au sens d’épreuve photographique). Nous en viendrons, dans un second temps, à montrer comment ces épreuves relèvent systématiquement du regard que l’écrivain porte sur son époque.

 

I. Le roman comme épreuve de l’histoire

 

Les trois extraits du sujet se situent tous au cœur du XIXe siècle. Ce siècle est fondamental dans l’histoire de la littérature, un siècle particulièrement bouillonnant et riche. Mais cette période l’est aussi par le fait que beaucoup d’œuvres de l’époque sont le reflet de la vie politique mouvementée que connaît la France post révolutionnaire. La société est aux prises avec ces espoirs nés au tournant du XIXe, espoirs qui semblent bercés par autant de triomphes que de désastres. De 1799 à 1899 la société française ne connaît pas moins de huit régimes politiques, entre autres : le Consulat, L’Empire, la Restauration, la IIe République, le Second Empire, la IIIe République. Toute cette effervescence politique anime la société, elle met en effervescence les salons : écrivains, artistes, philosophes prennent position, happés par l’ampleur des événements. Paradoxalement, l’image d’une France pays de la Révolution et patrie des libertés se renforce dans ce siècle qui succède à la prise de la Bastille.

 

Toute cette effervescence s’exprime dans la littérature de ce siècle, elle témoigne avec une certaine justesse des émotions et des combats de l’époque. Car le XIXe siècle est aussi celui de la libération d’un tiers état qui se retrouve à présent prolétariat. À la naissance historique du prolétaire correspond la naissance de la figure de l’ouvrier en littérature. La misère ouvrière est en effet profonde et les émeutes se succèdent. La littérature en témoigne dans Les misérables, ce grand drame romantique : « Tous en mouvement piquait un étudiant, mordait un ouvrier ; se posait, s’arrêtait, repartait, volait au-dessus du tumulte et de l’effort ».

 

Mené par le gouailleur Gavroche la misère se lie, le peuple semble défendre les quelques acquis dont il n’a pas eu le temps de jouir. Cette image du peuple est encore bien forte dans l’imaginaire : «Tout à coup la Marseillaise retentit. (…) C’était le peuple » lit-on chez Flaubert.

 

La littérature est ici plus qu’une recherche désintéressée du beau, elle cherche à témoigner avec cette intensité qui lui est propre d’une histoire faite d’événements. Elle devient une épreuve de la vie, qui témoigne des émotions, des personnages et de ce qui transcende toute l’histoire. Cela s’exprime à travers cette unité symbolique, cette personnification d’une masse informe d’individus tout en témoignant de sa diversité, la littérature réussie à restituer l’épreuve des événements avec une puissante justesse : « en secouant à flots vertigineux des têtes nues, des casques, des bonnets rouges, des baïonnettes et des épaules, si impétueusement, que des gens disparaissaient dans cette masse grouillante qui montait toujours ».

 

La littérature réussit à exprimer tant l’agitation, la révolte, ses exaltations criardes que ce qu’elle implique d’attraction, elle est « une impulsion irrésistible ». Une littérature qui offre en même temps à l’histoire un visage humain, un peuple en marche qui n’est autre que la somme de « tous (ses) visages (…) rouges ; la sueur en coulait à larges gouttes »

 

Zola poursuit dans une veine comparable, traduisant cette vision du peuple en marche : « La bande descendait avec un élan superbe, irrésistible. Rien de plus terriblement grandiose que l’irruption de ces quelques milliers d’hommes dans la paix morte et glacée de l’horizon ». On y retrouve cette double image du chaos et de la synergie des opprimés. Une foule informe qui finit par se transcender, l’image d’un peuple fait de voix qui grondent, un mécontentement sonore et visuel : « le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores traversées de brusques éclats, secouant jusqu’aux pierres du chemin ».

 

II. Derrières les œuvres, l’engagement des écrivains

 

Mais derrière cette justesse propre à la littérature dans la restitution des tableaux qui font l’histoire, il faut savoir percevoir l’engagement des hommes de lettres qui se sentent impliqués dans ces mouvements. Les Misérables de Hugo est bien plus qu’un drame romantique. C’est une œuvre qui témoigne de la souffrance de l’auteur à voir autour de lui tant d’hommes dont les uns ne savent pas lire et les autres n’ont pas de pain. L’indignation face aux injustices est ainsi une pierre angulaire pour comprendre l’engagement littéraire, politique et social d’un Victor Hugo. N’interrogeait-il pas : « Comment donner au droit plus de base et d’ampleur ? Comment faire ici-bas décroître la douleur ? ».

 

Car l’itinéraire de Hugo nous apprend de la société du XIXe siècle peut-être tout autant que son œuvre. Il est bien plus que le chef romantique, il est le patriarche de la République, qui se tourne vers la politique dès 1841. De royaliste à bonapartiste, il devient un républicain convaincu : député de la IIe République, exilé sous le second Empire, fustigateur de Napoléon III pour devenir sénateur de la IIIe République.

 

Un autre exemple significatif de cet engagement derrière ce désir de donner à voir la réalité est peut-être encore Émile Zola. Sa volonté de représenter la réalité, propre aux naturalistes comme aux autres réalistes, cherche à appréhender les hommes et le monde avec le plus d’objectivité possible. Clairement influencé par le positivisme comtien, le réalisme d’un Zola restitue sous forme littéraire l’homme avec une attention particulière à son comportement, son milieu, le tout dans une sorte de formalisation romanesque d’une théorie sociale et psychologique.

 

Pourtant, c’est ce même Zola qui, pourtant méfiant à l’égard du romantisme, cherche pourtant, dans une forme assez expérimentale, d’expliquer les rouages de la vie mais avec une axiologie implicite néanmoins très marquée. Germinal est l’exemple du roman naturaliste qui est traversé par une politisation du social et par une adhésion de l’auteur aux idées socialistes. Ce même naturalisme, qui visait « la reproduction exacte de la vie » était aussi, malgré les aspirations positivistes, marqué par la subjectivité de l’auteur.

 

L’écrivain du XIXe est pris dans le social, et l’idée même du social est une découverte de l’époque, du moins dans l’idée qu’il serait régi par des lois, et qu’il convient d’établir ce que Comte appelait « une physique sociale ». La littérature en ce sens montre le « comment » du déploiement de la misère à travers des personnages comme Fantine, Jean Valjean, Cosette, Lantier, Maheu, etc.

 

Conclusion

 

À l’évidence, la littérature d’une époque est une source valide pour comprendre sa société. Le XIXe siècle reste sur ce point un exemple paradigmatique. Le romantisme, le réalisme et le symbolisme ont compris l’enjeu littéraire que devait représenter le réel dans la création romanesque. Si une quête d’objectivité dans la construction même de la narration semble recherchée, il faut y voir un procédé littéraire plus qu’une approche scientifique. Et ce n’est pas là une limite, bien au contraire, l’œuvre littéraire, contrairement à l’histoire académique – toujours plus ou moins épistémologiquement construite - nous laisse encore la possibilité une marge de lecture (un espace du lecteur) qui nous ouvre la possibilité de lire l’œuvre dans une recherche d’un plaisir esthétique, d’y apprendre les mœurs et les événements d’une époque et aussi à y déceler le regard de l’écrivain.

 

Ce regard, contrairement à l’approche scientifique, n’est pas un biais, il est porteur d’une objectivité qui se situe à l’intersection du phénomène littéraire lui-même : quelque part entre l’écrivain et le lecteur, entre la réalité et l’œuvre.

9 commentaires


Baudet Yilmaz
Baudet Yilmaz
Posté le 7 août 2016

Document mal rédigé, avec des erreurs d'orthographe et de syntaxe, des répétitions etc. Juste pour montrer ce qu'il ne faut pas faire!

Anonyme
Anonyme
Posté le 14 avr. 2016

Un régal ! :p

zdounich
zdounich
Posté le 30 janv. 2016

captivant

Kronus
Kronus
Posté le 4 juin 2015

Bon document !

akoo
akoo
Posté le 13 janv. 2015

vous avez des tres bon documents

 

mariamsa
mariamsa
Posté le 9 janv. 2015

Sujet intéressant, des thèmes sur le roman m'intéressent

laurenghis
laurenghis
Posté le 7 déc. 2014

bon

laurenghis
laurenghis
Posté le 7 déc. 2014

good

cnoum
cnoum
Posté le 14 nov. 2013

Merci pour cette dissertation doc étudiant ! elles sont très propres

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