Dissertation : Ce qui est indémontrable n'a-t-il aucune valeur ?

Dissertation : Ce qui est indémontrable n'a-t-il aucune valeur ?

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Publié le 26 avr. 2013 - Donne ton avis

Annale Bac : Ce qui est indémontrable n'a-t-il aucune valeur ?

« Ce qui est indémontrable n'a-t-il aucune valeur ? » Voici un sujet de philosophie fort intéressant qui pourrait très certainement faire l'objet d'une dissertation. En vous servant de ce corrigé de philosophie pour terminale ES, S, L et STG vous serez en mesure de mieux comprendre vos cours de philosophie sur la valeur. Nous espérons que cette correction de dissertation vous aidera dans vos révisions du Bac 2013.

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Introduction

La valeur est une notion hétérogène, concept multiple aux différentes facettes. La valeur peut être individuelle, on dit alors que chaque être attache une valeur personnelle à quelque chose. Cette subjectivité de la valeur repose sur un jugement de valeur inhérent à chaque individu. Mais la valeur se dit aussi de manière objective, en tant que valeur de vérité : le vrai et le faux. Pourtant, dans les deux cas la valeur n'est pas fondée en droit mais en fait. Car à l'origine il y a toujours des définitions, des postulats, des principes et axiomes. On parle alors de vérité axiomatique, qui est indémontrable. Cette dernière notion stipule ainsi que l'on ne peut fournir de preuves, de démonstrations fondées sur le raisonnement, la justification, la vérification. Pourtant, à la fois dans les jugements de valeur individuels et les valeurs de vérité il y a toujours une démonstration déductive qui en découle. On tire toujours des effets des causes. Ainsi si l'on ne peut expliquer pourquoi on attache une valeur à quelque chose, on peut toujours donner des preuves de ces valeurs. Dès lors, la valeur a-t-elle nécessairement besoin de démonstration ou se fonde-t-elle sur l'indémontrable ? A quelles conditions y a-t-il de la valeur ?

Nous verrons tout d'abord qu'à l'origine de la valeur, il n'y a pas nécessairement une démonstration, ce qui nous conduira à nous interroger sur ce qui fonde la valeur de ce qui est indémontrable. Dès lors, nous nous attacherons à considérer que si l'indémontrable préside à fonder la valeur, celle-ci pour se constituer comme telle ne peut toutefois pas s'exonérer d'un système de preuves et de démonstrations.

1) A l'origine de la valeur, il n'y a pas de démonstration

Aristote fut le premier à s'interroger sur la valeur d'une démonstration. Fondateur du syllogisme, c'est grâce à son élaboration qu'il a formalisé la valeur de vérité des propositions. Le syllogisme est ainsi constitué de deux propositions dont l'une est dite majeure et l'autre mineure, et d'où l'on tire une conclusion. Or a montré Aristote, si les propositions sont vraies, alors la conclusion l'est aussi nécessairement. Pourtant, de cette démonstration formelle de laquelle on tire la valeur de vérité de la conclusion syllogistique, il y a nécessairement une impossibilité à fonder par démonstration la valeur de vérité des propositions. Celles-ci sont dites évidentes et indémontrables, car par exemple si l'on dit que tous les hommes sont mortels, li n'existe pas de démonstration formelle qui permettent de le démontrer. Pour ce faire, il faudrait en effet que l'on vérifie par expérience chacun des hommes afin de voir si effectivement ils sont bien tous mortels. Néanmoins, que tous les hommes soient mortels est évident en soi mais n'admet pas de démonstration formelle.

De même, lorsque qu'un individu attache une valeur à un objet ou à un être, il lui est impossible de rendre compte par démonstration formelle de ce qui fonde cette valeur. En effet, la valeur que l'on peut attacher à quelque être ou quelque chose relève d'un jugement de valeur, lequel est tout subjectif. C'est une appréciation individuelle dont les raisons ne peuvent être démontrées, bien que l'on puisse donner une preuve de ses effets. Dire par exemple que certains êtres ont une valeur pour nous ne peut être formalisé par des preuves. Pourtant, on peut donner des preuves de cet attachement, de cette valeur pour nous.

La valeur ne présuppose donc pas à l'origine une démonstration et semble pouvoir s'exonérer de preuves démonstratives pour être fondée. Mais si à la source de la valeur il n'y a pas de démonstration possible, alors qu'est qui confère une valeur aux choses ?

2) La valeur tire son origine de principes indémontrables

Les principes, les définitions, les postulats et les axiomes n'admettent aucune démonstration par définition. Ceux-ci sont des pétitions qui fondent un raisonnement et permet par-là la démonstration. En effet, prenons l'axiome euclidien sur les parallèles qui nous dit que de deux lignes droites coupées par une troisième ligne qui forme un angle droit à chacune, on peut les tirer à l'infini sans qu'elles ne se rencontrent jamais. Ce postulat est par lui-même invérifiable. Pour le démontrer, il faudrait pouvoir en acte tirer ces deux lignes à l'infini afin de prouver qu'il est vrai et admet donc une valeur de vérité. Sa valeur ne provient donc pas de la démonstration formelle, de preuves que l'on pourrait élaborer, mais bien plutôt de ce qu'elle est évidente par soi. En effet, pour Descartes et Spinoza, ce qui est « clair et distinct par soi » n'admet pas de démonstration puisque c'est évident. A la démonstration se substitue ainsi l'intuition et l'évidence. Celles-ci sont au fondement des valeurs que l'on confère aux choses. En matière religieuse, la croyance en Dieu n'admet pas de preuves formelles et démontrables, mais elle apparaît à chaque être individuel en tant qu'il juge personnellement comme évident ou qu'il intuitionne qu'il y a un Dieu. Les valeurs qui découlent de la morale, qu'elle soit fondées par une toute-puissance et existent en soi comme chez Platon ; ou qu'elles soient de simples constructions, élaborations, comme chez Nietzsche, ne tirent leurs valeurs d'aucune démonstrations et aucune preuves. Car la valeur du bien, du juste, du beau, … peut bien être inscrite dans les cieux comme idées platonicienne, ou conférée par les hommes selon la vue nietzschéenne, on ne peut en rendre compte par des preuves démonstratives.

De même, pour en revenir aux mathématiques, les postulats et axiomes sur lesquels repose la science mathématique sont indémontrables par nature comme l'a justement démontré le mathématicien Gödel. Le théorème d'incomplétude qu'il a élaboré démontre en effet formellement que les mathématiques, et donc la valeur de cette science et ses théories, sont nécessairement incomplètes au sens où il existe dans les théories mathématiques des énoncés qui ne sont pas démontrables et dont la négation n'est pas non plus démontrable : c'est-à-dire qu'il existe des énoncés que l'on ne pourra jamais déterminer en restant dans le cadre de la théorie et qui n'admettent donc pas de démonstration. Pourtant, les mathématiques ont une valeur, et les propositions mathématiques ont une valeur de vérité. Mais comme Kant l'avait déjà suggéré, celui-ci voit dans les mathématiques le paradigme d'une connaissance valable a priori, c'est-à-dire avant toute expérience, connaissance qui par conséquent est évidente par soi-même, ou selon ses dires « apodictique ».

Dès lors, si au fondement la valeur n'admet pas d'autres preuves et démonstrations que la simple évidence et intuition, comment les valeurs se constituent-elles comme telles ? Autrement dit, puisque la valeur des mathématiques, ou de la science, la valeur des valeurs morales ou des jugements de valeur tirent leurs origines de principes indémontrables, considérés comme évidents et intuitifs en soi, qu'est-ce qui permet de fonder l'universalité de leur valeur et d'être conséquentes par des démonstrations ?

3) La valeur ne peut s'exonérer d'un système de preuves et de démonstrations

Comme on l'a vu, les jugements de valeurs sont individuels et n'admettent pas de démonstrations formelles. Dieu a une valeur pour un individu bien que l'origine de sa croyance soit indémontrable. De même en mathématiques, les axiomes et définitions sont indémontrables mais tirent leur valeur de l'intuition et de l'évidence. Or, il n'en reste pas moins qu'a posteriori on puisse apporter des preuves de sa croyance, et que la science mathématique repose sur des démonstrations. Ceci car, si à la source la valeur se fonde sur l'indémontrable, cependant le statut de la valeur se constitue comme tel par les déductions qui en découlent et s'ensuivent, lesquelles sont l'objet de démonstrations. Car en effet, si les mathématiques ou plus généralement la science repose toute entière sur des indémontrables, alors il faudrait aussi remettre en cause la valeur de la science en tant que telle. Tout comme les valeurs morales n'admettent pas de démonstrations, alors toute morale peut avoir sa propre valeur qui ne serait fondée que sur les jugements personnels. Aussi, pour que la science, la morale, les jugements puissent accéder à l'universalité et acquérir ainsi une valeur qui admette la démonstration, il faut qu'elles soient consistantes et non contradictoires.

La valeur qui leur est inhérente et qui se constitue en tant que telle, repose ainsi sur la cohérence d'ensemble, l'homogénéité du système. Concernant la science et les valeurs de vérité qui en découlent, bien qu'elle repose sur des axiomes indémontrables, il n'en reste pas moins que sa valeur provient du fait que l'on déduit d'eux tout un système de propositions cohérentes auxquelles on peut conférer des valeurs de vérité. De même, la valeur morale, indépendamment de la question selon laquelle chaque valeur serait absolue, c'est-à-dire existante par soi ou créée par l'homme, il n'en reste pas moins que leurs valeurs proviennent du système de représentation qui s'ensuit de leur agencement. Et il en va de même pour les jugements individuels. Ils acquièrent une valeur sous la condition de former un ensemble cohérent en chaque individu.

Conclusion

Aussi, nous avons vu que si à sa source la valeur n'admet pas nécessairement une démonstration, et même semble être indémontrable par définition car relevant d'un jugement particulier subjectif, ou de principes qui sont évidents par eux-mêmes ; cependant, ce qui fonde les valeurs comme telles s'ensuit de démonstrations et de preuves. C'est parce qu'une démonstration conséquente a posteriori est possible, conduisant à un système cohérent, que la valeur se constitue en tant que valeur.


4 commentaires


Athanase roland
Athanase roland
Posté le 27 nov. 2015

bien demontrê

Athanase roland
Athanase roland
Posté le 27 nov. 2015

super

laetih
laetih
Posté le 18 août 2015

c'est vraiment bien fait.

Nyandog
Nyandog
Posté le 26 avr. 2013

Très très bonne cette dissertation de philosophie. Pour moi seule la démonstration fait la valeur, mais chacun son point de vue ! Très bonne dissertation en tout cas bravo !

Je pense que tout le monde peut s'en servir pour s'instruire

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