Dissertation : Est-ce le cerveau qui pense ?

Dissertation : Est-ce le cerveau qui pense ?

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Publié le 19 avr. 2013 - Donne ton avis

Annale Bac : Est-ce le cerveau qui pense ?

Cette dissertation de philosophie sur le sujet « Est-ce le cerveau qui pense ? » est un corrigé de philosophie mis à votre disposition pour vous aider à préparer votre Bac de Philosophie. Il s'agit là d'un corrigé d'une annale de Pondichéry de 2012, ce sujet de dissertation de philo est donc très récent et vous conviendra si vous avez à préparer une dissertation sur un sujet équivalent.

« Est-ce le cerveau qui pense ? » est une dissertation de philosophie pour terminale ES, L et STG comportant une introduction, une problématique, un plan détaillé ainsi qu'une argumentation en 3 parties et une conclusion claire et concise. N'hésitez donc pas à vous baser sur ce sujet de philo corrigé pour repérer les erreurs que vous auriez pu faire en préparant vous-même cette dissertation.

Vous réussirez sans aucun problème votre Bac de philosophie en 2013 si vous vous entraînez régulièrement. Essayez donc de faire et refaire une dissertation de philosophie sur le sujet « Est-ce le cerveau qui pense ? » et vous verrez qu'au fur et à mesure vous aurez pris une certaine habitude de traiter de sujets de philosophie de ce type.
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Introduction

Le cerveau est cet organe qui rassemble l'ensemble des fonctions cognitives d'un vivant et forme le système sensoriel. La nature matérielle et physique du cerveau réside dans l'activité neuronale qui s'y déploie à l'intérieur et permet de produire des réflexions, de construire des relations entre les données extérieures que les sens reçoivent. En ce sens, le cerveau s'assimile à la pensée, laquelle réside dans l'activité consciente ou inconsciente d'un moi sujet de ses actions. Souvent, la pensée est rapprochée de l'esprit, en tant que substance immatérielle qui est placée au-dessus de la simple activité neuronale matérielle du cerveau organique. Aussi, entre esprit et cerveau, âme et corps, il semble que l'activité de la pensée comme moi pensant consiste dans le produit des deux. Car à la description matérielle de la pensée produite par le cerveau, s'oppose l'unité du moi pensant comme esprit d'où procède la conscience immatérielle et l'intelligence. Si la pensée résulte de l'activité du cerveau, peut-elle néanmoins s'y réduire ? Au contraire, l'esprit et l'intelligence ne procèdent-ils pas tous deux du moi sujet comme instance supérieure auquel le cerveau ne suffit pas pour l'expliquer ?

Nous verrons tout d'abord que le cerveau paraît bien être la source de la pensée, mais qu'il ne peut l'expliquer entièrement. C'est pourquoi nous tenterons de voir si la pensée ne procède pas d'une autre instance que le cerveau, ou du moins qu'elle ne s'y réduit pas. Enfin, en considérant que l'activité cérébrale est impropre à rendre compte de l'activité psychique, nous montrerons que la pensée ne peut se réduire au cerveau.

1) Le cerveau ne peut expliquer la pensée, même s'il en est la source

Avec l'émergence des ordinateurs, les neurosciences ont trouvé un modèle explicatif du fonctionnement du cerveau humain d'où procède l'intelligence. En latin, intelligence se dit intelligentare, c'est-à-dire faculté de comprendre, de lier entre eux des éléments, de les combiner afin d'en produire une synthèse. Ainsi la pensée organique et l'ordinateur fait de matière semblent être deux modèles juxtaposables qui permettent de s'expliquer l'un l'autre. De la même manière que le cerveau est à la source de la pensée, le processeur d'un ordinateur est également ce qui lui permet de penser, réfléchir et calculer. Le cerveau est en effet le siège qui rassemble et traite les données sensorielles externes, tout comme l'ordinateur traite les données qu'il reçoit. La pensée, pourrait ainsi être considérée comme le produit de l'activité cérébrale, et les liaisons neuronales comme la source de l'intelligence.

Pourtant, à la simple activité physique qui se déroule dans le cerveau et rend possible la pensée, il faut également percevoir l'aspect organique qui différencie le vivant de la machine. Il semble en effet y avoir plus dans le cerveau d'un vivant que dans celui d'une machine. Il y a bien une similitude entre la pensée organique de calculer et celle qui permet de parler d'intelligence artificielle pour les machines. Néanmoins, à la simple rationalisation de données effectuée par une machine, s'oppose la créativité et l'imagination de la pensée vivante. De même, la pensée en tant qu'esprit parait être une activité qui rend possible la conscience chez le vivant et qui manque à la machine. Aux automatismes du cerveau, la pensée serait ainsi d'une autre nature qui subsumerait la simple activité matérielle du corps et rendrait possible la conscience et l'autoréflexion, c'est-à-dire le fait de se prendre pour objet.

Ainsi, réduire la pensée au cerveau parait inconséquent puisqu'elle laisse inexpliqué ce phénomène de conscience, du moi sujet qui se pense lui-même. Puisque la machine n'a pas cette faculté, le vivant diffèrerait radicalement de celle-ci par ces aspects de réflexion consciente, de prise de position en tant que sujet. C'est pourquoi, ne peut-on pas supposer que le cerveau est incapable à lui seul de rendre compte du phénomène de la pensée et nécessiterait par conséquent une autre instance ?

2) La pensée provient d'une autre instance

Au courant matérialisme défendant l'idée que tout ne procède que de la matière, pensée y compris, on peut opposer la conception dualiste qui voit dans le vivant une dualité de nature. A la corporéité du vivant et à son activité cérébrale, il faudrait ainsi considérer un esprit immatériel comme substance pensante. Depuis Descartes, cette question d'une dualité entre esprit et corps est au centre de la philosophie de l'esprit. Pour lui, le vivant n'est pas un simple corps constitué d'organes tels que le cerveau, mais possède également un esprit où siège l'activité du moi pensant. Le point de départ de cette réflexion réside dans le cogito cartésien où Descartes rend compte de l'émergence d'un sujet qui se pense lui-même. Ainsi, au moi pensant qui sent et perçoit, il met en évidence le moi qui se sait penser. Il en découle un dualisme où l'esprit et le corps forment un ensemble coopératif qui permet la pensée. A la substance étendue qui correspond au corps, et donc également au cerveau en tant qu'il appartient au corps, il oppose la substance pensante qui est d'une autre nature mais ne peut en aucun cas se réduire à l'activité corporelle. Le moi, la conscience réfléchissante qui se prend pour objet de pensée, est ainsi vu comme l'esprit du corps car ce dernier est incapable de rendre compte par lui-même du moi. Entre le cerveau corporel et l'esprit, il y a donc une union qui rend possible la pensée. Les deux sont inséparables au sens où il ne peut y avoir de pensée sans corps. Mais bien que l'on ne puisse expliquer la manière dont les deux sont unis, on ne peut que se résoudre à vivre cette union. Cette incapacité à pouvoir expliquer cette union conduit ainsi à objecter au dualisme son inconséquence.

Dès lors, à la difficulté d'expliquer cette union de l'esprit et du corps, et à celle de rendre compte de la pensée comme se réduisant à l'activité cérébrale, n'y-a-t-il pas une voie médiane ? Ne peut-on pas considérer que la pensée procéderait du cerveau sans s'y réduire, et ce, bien que l'on ne soit en mesure d'en rendre compte ?

3) La pensée procède du cerveau, mais ne s'y réduit pas

A nier le cerveau comme source de la pensée, on tombe dans un idéalisme où tout ce qui est n'est que phénomène mental. S'arrêter de penser, conduirait ainsi à concevoir que le monde en tant qu'il n'est plus perçu s'évanouit par là même et disparaît. Pourtant, comme on l'a vu, le cerveau en tant qu'instance de l'activité neuronale qui permet de calculer, lier les éléments entre eux et raisonner, parvient à rendre compte de l'émergence du phénomène de la pensée. Toutefois, à cette activité cérébrale, s'oppose l'activité psychique d'un sujet en tant qu'il se pose comme conscient de sa propre pensée. Aussi, si la pensée n'était que le produit du cerveau, la pensée se réduirait à celle d'une machine. Mais le fait est que la pensée vivante est aussi intelligence et conscience, différente en cela de celle que produit simplement la machine. En adoptant une position moniste, on écarte la difficulté de l'union entre les deux substances que sont l'esprit et la matière pour les subsumer en une seule substance unique. Le monisme permet donc de faire l'économie du problème de la pensée comme étant d'une nature différente de celle du corps bien que celui-ci y participe. Néanmoins, cette conception est toutefois incapable de rendre compte de l'activité psychique d'un sujet, qu'elle écarte de ce fait pour laisser toute la place à la pure activité cérébrale comme source et produit unique de la pensée. Or, écarter le psychique sans justification laisse de côté la question du moi et de la conscience sous-jacent à la pensée. Aussi, bien que l'on ne puisse parvenir à expliquer ces phénomènes, il n'est pas nécessaire de les évacuer. En effet, à l'activité cérébrale on peut considérer qu'il y a une activité psychique qui participe de la pensée. Le cerveau serait ainsi à la source de la pensée, mais insuffisant à en rendre compte, celle-ci ne s'y réduisant pas. La pensée n'est peut-être pas immatérielle au sens où elle résulte d'une pure activité physique du cerveau, mais elle ne peut pas être non plus entièrement être expliquée par celui-ci. La pensée est en effet plus que le produit de l'activité cérébrale, et bien que l'on ne puisse l'expliquer, on ne peut non plus l'y réduire. La pensée reste encore un mystère aux yeux de la science, et pour la pensée elle-même.

Conclusion

Nous avons vu que le cerveau apparaît comme la source de la pensée. Il ne saurait en effet y avoir de pensée sans cerveau, mais que si elle était simplement le fruit de l'activité cérébrale, rien ne différencierait le vivant de la machine. C'est pourquoi, le moi et la conscience en tant qu'ils appartiennent à la pensée, doivent être considérés comme procédant d'autre chose que du cerveau. La pensée n'est probablement pas le produit exclusif du cerveau, mais ne saurait toutefois exister sans lui. Aussi, si le cerveau est à la source de la pensée, il n'est toutefois pas possible de l'y réduire, et ce, bien que l'on ne puisse absolument le justifier.


4 commentaires


nagazagui
nagazagui
Posté le 4 août 2015

merci! bonne disserte

layepro1
layepro1
Posté le 30 mai 2015

intéressant

abdoabdoamjode@hotmail.fr
abdoabdoamjode@hotmail.fr
Posté le 28 avr. 2015

Merci

rachelllle
rachelllle
Posté le 19 avr. 2013

C'est une dissertation très très intéressante ! Est-ce le cerveau qui pense ? A mon avis non. Pour moi la pensée vient de l'âme qui nous est propre, les pensées négatives viennent d'une âme corrompue. Je ne suis pas croyante mais c'est la façon dont je vois les choses.

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