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chounette0894 - Mise à jour : 31/07/2009
Extrait / Introduction
La justice et la loi est un cours de Social Philosophie de Lycée, proposé par chounette0894
Extrait / Introduction :
Que l'injustice nous indigne montre que la justice est d'abord une exigence, et même une exigence d'égalité : c'est d'abord quand un partage, un traitement ou une reconnaissance sont inégalitaires, que nous crions à l'injustice. La justice devrait donc se définir par l'égalité, symbolisée par l'équilibre de la balance. Mais qu'est-ce qu'une égalité juste ? Suffit-il d'attribuer des parts égales à chacun ? En outre, dans un État de droit, la justice applique la loi : mais n'y a-t-il pas de lois injustes ?
Plan
Plan :
1. La justice se confond-elle avec la stricte égalité ?
2. Quelle égalité peut exiger la justice ? 3. Quels sont les rapports du droit et de la justice ?
4. La justice est-elle une vertu ou une illusion ? 5. L'égalité des droits suffit-elle à fonder une société juste ?
La citation
Exemple de page de La justice et la loi
La justice et la loi |
Que l'injustice nous indigne montre que la justice est d'abord une exigence, et même une exigence d'égalité : c'est d'abord quand un partage, un traitement ou une reconnaissance sont inégalitaires, que nous crions à l'injustice. La justice devrait donc se définir par l'égalité, symbolisée par l'équilibre de la balance. Mais qu'est-ce qu'une égalité juste ? Suffit-il d'attribuer des parts égales à chacun ? En outre, dans un État de droit, la justice applique la loi : mais n'y a-t-il pas de lois injustes ?
? Aristote distingue la justice distributive et la justice corrective. La justice corrective concerne les transactions privées volontaires (vente, achat, etc.) et involontaires (crimes et délits). Elle obéit à une égalité arithmétique stricte : que l'homme lésé soit puissant ou misérable, le rôle de la justice est de rétablir l'égalité en versant des intérêts de même valeur que le dommage, comme s'il s'agissait de biens échangés dans un acte de vente.
? La justice distributive concerne la répartition des biens et des honneurs entre les membres de la cité. Ici, la justice n'est pas de donner à chacun la même chose, car il faut tenir compte du mérite : l'égalité n'est alors pas arithmétique (le même pour tous), mais géométrique, car elle implique des rapports de proportion (à chacun selon son mérite).
? Personne ne peut soutenir que les hommes sont égaux en fait : aux inégalités naturelles (de force ou d'aptitudes) s'ajoutent en effet les inégalités sociales (de richesse ou de culture).
? Pourtant, la justice exige que les hommes soient égaux en droit, c'est-à-dire que, malgré les inégalités de fait, ils aient droit à une égale reconnaissance de leur dignité humaine.
? C'est ce que montre Rousseau dans le Contrat social : un État n'est juste et légitime que s'il garantit à ses citoyens le respect de ce qui fonde la dignité humaine, à savoir la liberté. Seule en effet elle est « inaliénable » : la vendre ou la donner au tyran, c'est se nier soi-même. Cette égalité en droit doit pouvoir ainsi se traduire par une égalité en droits : nul ne doit posséder de privilèges eu égard à la loi de l'État.
? Le droit est d'abord l'ensemble des règles qui régissent un État : c'est le droit positif . Comme ces règles varient d'un État à l'autre, n'y a-t-il nulle justice qui soit la même pour tous les hommes ? C'est bien la position de Pascal : les lois n'ont pas à être justes, elles doivent surtout garantir la paix sociale, car « Il vaut mieux une injustice qu'un désordre » (Goethe) .
? Selon Hobbes, il n'y a de justice que dans un État de droit : l'état de nature, c'est le règne de la seule loi du plus fort, laquelle exclut toute justice. Il n'y a donc aucun sens à se demander si les lois sont justes ou non, parce que la justice est postérieure à la loi : est juste, ce que la loi ordonne, est injuste ce qu'elle interdit. C'est contre ce positivisme juridique que s'insurge Rousseau : tout homme, en tant qu'il est homme, a des droits naturels qui ne dépendent pas des conventions juridiques, c'est-à-dire de son époque et de l'État dans lequel il vit. Une loi qui irait à l'encontre de ces droits naturels serait injuste : le légal (ce qui est autorisé par la loi) n'est pas forcément légitime (juste en soi).
? Platon soutient que la justice, si elle est l'idéal de la communauté politique, doit aussi être une vertu morale en chaque individu. Contre ceux qui soutiennent que « nul n'est juste volontairement » et que la justice comme vertu n'existe pas, Platon montre que c'est le rôle de l'éducation d'élever chacun à cette vertu suprême, qui implique à la fois sagesse, courage et tempérance.
? Certes, l'homme a tendance à vouloir s'attribuer plus que les autres au mépris de tout mérite : si comme Gygès, nous trouvions un anneau nous rendant invisibles, nous commettrions les pires injustices. Mais Gygès était un berger privé d'éducation, et qui vivait hors de la cité : l'enjeu de la politique, c'est précisément de rendre les citoyens meilleurs, en leur faisant acquérir cette vertu qu'est la justice, contre leurs penchants égoïstes.
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Le document La justice et la loi appartient à la rubrique Philosophie qui elle même appartient à la thématique Social.
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