Le beau langage - Sketches - Jacques Prévert

Le beau langage - Sketches - Jacques Prévert

Publié le 26 mai 2016 - Donne ton avis

Le beau langage est un recueil comprenant six sketches et quatre pièces, écrits par Jacques Prévert et publiés ensemble en 1961. Les six sketches détaillés ci-dessous ont pour particularité commune de jouer sur le sens des mots en créant des situations inattendues, voire absurdes, survenant à la suite de quiproquos.
À l’image du recueil Le bel enfant, les saynètes de Prévert sont destinées à être jouées par des comédiens et peuvent être déclinées de différentes manières selon les envies des acteurs (variations sur les tons, la voix, les mouvements du corps, etc.). Ces sketches peuvent ainsi également représenter des exercices amusants pour des acteurs désireux de s’entraîner pour la scène ou le théâtre de rue.
Jean-Louis Barrault, le metteur en scène, comédien, directeur de théâtre et ami de Prévert rappelait que les multiples chansons, sketches et pièces de Prévert n’avaient pas tous vocation à être rassemblés pour constituer des recueils. Il est nécessaire de le prendre en compte lors de la lecture et d’observer ces textes en ayant à l’esprit leur aspect ludique, évoluant d’un genre à l’autre. Prévert a certainement été influencé par son époque, notamment la nouveauté que représentait alors le surréalisme, un mouvement notamment marqué par l’absurde, dont il fréquenta les membres au début du XXème siècle.

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Partie 1 : Le résumé des sketches

  • Un beau langage
  • Un petit garçon se dispute avec un autre à la sortie d’une école. L’un d’eux affirme à l’autre : « Je vais te casser la gueule ! » Sa mère le surprend en train de prononcer cette phrase. Elle le gifle puis le ramène à la maison. Lorsque le père rentre du travail, il constate que son fils est puni en raison de ces mots. Il s’énerve et gifle l’enfant en lui promettant qu’il lui apprendra la politesse. Le père répète : « Je vais te casser la gueule. » Son fils prend peur et le supplie de ne pas la lui casser. En fait, son père s’agaçait tout haut en pensant que son enfant avait pu prononcer ces mots. Il explique à son fils, en lui criant dessus et en le secouant de plus en plus fort, qu’il devra dîner avec ses parents. Un ami viendra souper avec eux. Il s’agit d’un homme ayant fait la guerre. Le père expose à son fils que celui-ci est une Gueule Cassée. Son fils s’exclame que c’est un veinard, car les Gueules Cassées gagnent toujours !

  • Laccent grave
  • L’élève Hamlet déconcerte son professeur. À chaque fois que l’enseignant lui pose une question, il la tourne sous la forme de « être ou ne pas être ». Les ennuis commencent pour le professeur dès l’appel. L’élève Hamlet s’interroge déjà sur le fait d’être ou ne pas être présent, ou être ou ne pas être dans les nuages. Lorsque le maître demande à l’élève de conjuguer le verbe être, celui-ci le fait en intégrant l'interrogation existentielle du personnage de Shakespeare. Le professeur s’agace et affirme à l’élève Hamlet qu’il n’y est pas. L’élève soulève alors s’il est ou s’il n’est pas, puis s’il est où il n’est pas. Il se pose enfin une dernière question : être « où » ne pas être.

  • Des uns et des autres
  • La scène se déroule dans une miroiterie. Un et un autre dialoguent ensemble, comme si le reflet échangeait avec celui qu’il reflète. Leurs échanges sont absurdes et évoquent constamment le double sens des mots : « — Je suis seul. – Tu n’es pas le seul. – Qui es-tu ? – Est-ce que je sais qui c’est, tu ? – Et je, et il, et elle, et si je tue il, que dit-elle ? » Ces jeux de mots concernent notamment « tu », avec « tue » du verbe « tuer » et « tue » du verbe « se taire ». La conversation se termine par un dernier jeu de mots sur « inquiet », l’un affirmant qu’il est « un quiet », en sous-entendant qu’il est une personne paisible.

  • Suivez le guide
  • Quatre personnages discutent ensemble : le guide, un touriste, son chien et une jolie femme. Le guide leur propose de « suivre le guide ». Le touriste précise qu’il suit le guide et le chien qu’il suit son maître. La jolie femme indique qu’elle suit le guide, elle remarque ainsi qu’elle n’est pas une femme vu qu’elle suit un homme, en l’occurrence le guide : « Je ne suis pas une femme, puisque je suis un homme. » Ce personnage joue donc sur le double sens du verbe suivre. Conjugué au présent de l’indicatif à la première personne du singulier il est identique au verbe être : je suis. Les personnages s’échangent leurs répliques autour de ce double sens. La femme finit par s’en agacer. Elle prétend être le guide, être la foule, suivre un régime ou suivre la mode et ne plus être un enfant et décide de disparaître en soufflant qu’elle n’est plus personne. Le guide et le touriste font de même, tandis que le chien en conclue qu’il ne suit plus son maître et qu’il est donc son propre maître. Il termine sa réflexion en déclarant qu’il ne visitera pas les châteaux de la Loire !

  • Histoire ancienne et l'autre
  • Un professeur et deux élèves s’agacent. Le professeur somme dans un premier temps l’un d’entre eux d’expliquer ce qu’il sait sur le Parthénon. Celui-ci ne répond pas. Le professeur s’énerve et lui attribue un zéro. L’autre élève demande à l'enseignant pourquoi il agit de la sorte. Le professeur indique que si l’élève ne lui répond pas cela signifie qu’il ne connaît pas la leçon. Le deuxième élève ne veut pas répondre pour le premier, mais répondre de lui. Il se demande, indigné, pourquoi le professeur ne se pose même pas la question de savoir pourquoi le premier élève ne répond pas. En effet, l'enseignant en déduit directement que le premier élève n'a pas appris sa leçon. Le premier élève explique au professeur qu’il ne lui répond pas parce que cela fait de trop nombreuses années que ce dernier leur rabâche les mêmes cours et qu’il leur casse les pieds avec son « questionne-ère ». Il récite avec lassitude la leçon. Le professeur exige qu'il sorte et l’élève s’exécute avec plaisir. Le deuxième élève prend la place du premier et répond au questionnaire. Il ânonne la même leçon comme un guide le ferait avec des touristes. Le professeur lui ordonne également de sortir. Le deuxième élève s’en va « avec joie ».

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