Fiche de lecture Boule de suif Guy de Maupassant

Fiche de lecture Boule de suif Guy de Maupassant

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Publié le 30 oct. 2013 - Donne ton avis

Guy de Maupassant a écrit Boule de Suif en 1879, c'est l'oeuvre qui le rendit célèbre aux yeux de la société.Guy de Maupassant c'est un écrivain français né le 5 août 1850.Il a marque la littérature Françaises avec ses œuvres avec ses six romans.


Boule de suif traduit l'hypocrisie que l'on pouvait trouver dans le milieu de la bourgeoisie, on y suit donc les périphéries d'une prostituée et de ses camarades.


A travers ses personnages, Guy de Maupassant évoque, la misère, la liberté mais aussi la l'alimentation et la guerre sous fond de guerre avec les Prussiens.


Ce document est donc une fiche de lecture sur Boule de suif de Guy de Maupassant avec les personnages principaux, un résumé de l'histoire, les différents thèmes abordés

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Situation de l'oeuvre : Boule de Suif Guy de Maupassant


1.1) Dans la production de l’auteur


Guy de Maupassant a écrit Boule de suif en 1880. Cette nouvelle a été publiée dans le manifeste des Soirées de Médan, recueil collectif des écrivains naturalistes. Jusque-là employé au ministère de la Marine puis au ministère de l’Instruction, ce texte assure la célébrité de Maupassant et lance sa carrière d’écrivain.


1.2) Dans son contexte historique et social


L’histoire de Boule de suif se déroule en 1870, sous l’Empire de Napoléon III, lors de la guerre franco-allemande, qui se terminera par le désastre de Sedan. Elle décrit l’occupation allemande et la débâcle de l’armée française. Cette nouvelle est inspirée d’un fait divers. Pour le personnage de Boule de suif, Maupassant a pris comme modèle une prostituée nommée Adrienne Legay, qui se suicida en 1892 pour une dette de loyer.


II. Présentation de l'auteur


2.1) Biographie


Guy de Maupassant naît en Seine-Maritime en 1850. Il passe son enfance à Étretat, avec son frère et sa mère, séparée de leur père. Il grandit dans la nature et, déjà très jeune, écrit des vers et fait du théâtre. Enrôlé comme volontaire, il fait la campagne de 1870. De 1872 à 1880, il est successivement employé au ministère de la Marine, puis au ministère de l’Instruction publique, tout en travaillant à ses travaux littéraires.


Disciple de Flaubert (qui est un ami d’enfance de sa mère) et ami d’Émile Zola, ce dernier l’incite à publier, en 1880, une de ses nouvelles dans le manifeste du naturalisme des Soirées de Médan. Boule de suif lance sa carrière d’écrivain.


En 10 ans, sa production est intense et variée : contes ; nouvelles réalistes évoquant la vie des paysans normands et des petits-bourgeois ; narrations d’aventures amoureuses ou de manifestations de la folie ; des romans ; des pièces de théâtre. Il collabore à plusieurs journaux. Mondain et grand voyageur, il retranscrit ses expériences dans des chroniques et des récits. Il est ancré dans son temps.


Maupassant est atteint de troubles nerveux, dus à la syphilis contractée dans sa jeunesse et à une prédisposition familiale à la paranoïa (sa mère a toujours été dépressive et son frère cadet a été interné plusieurs fois). Lui-même fait une tentative de suicide en janvier 1892, et est interné.


Guy de Maupassant meurt le 6 juillet 1893. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris. Reconnu de son vivant, Maupassant reste le plus important des auteurs de nouvelles.


2.2) Éléments de la vie de Maupassant ayant une incidence sur le texte


  • Maupassant situe géographiquement sa nouvelle en Normandie, région qu’il connaît bien et chérit particulièrement, puisqu’il y a grandi.

  • La moitié des personnages de la nouvelle sont des petits-bourgeois, milieu dont l’auteur est lui-même issu.

  • L’action se déroule pendant la guerre franco-allemande de 1870, à laquelle Guy de Maupassant a pris part, engagé comme volontaire.

L'histoire de Boule de suif


3.1) Le sujet


L’action se passe pendant la guerre franco-allemande de 1870. Dix personnes, de toutes les classes sociales, empruntent une diligence pour fuir Rouen envahie par les Prussiens. En chemin, dans une auberge, l’officier allemand en place exerce un chantage : il ne laissera repartir la diligence qu’à condition que Boule de suif (une prostituée qui fait partie du convoi) cède à ses avances. Sa haine de l’envahisseur lui fait refuser tout d’abord. Puis, sous les discours habiles et persuasifs de ses compagnons de route, Boule de suif accepte « pour rendre service ». Mais les voyageurs ne la remercieront pas. Ils la traiteront par le mépris.


Les thèmes abordés


L’occupation prussienne pendant la guerre de 1870


Maupassant décrit en début de nouvelle l’arrivée dans Rouen de l’envahisseur, son installation chez les habitants et le ressenti de ceux-ci : « L’angoisse de l’attente faisait désirer la venue de l’ennemi. […] Et par toutes les rues voisines, l’armée allemande arrivait, déroulant ses bataillons qui faisaient sonner les pavés sous leur pas dur et rythmé. […] Au bout de quelque temps, une fois la première terreur disparue, un calme nouveau s’établit. Dans beaucoup de familles, l’officier prussien mangeait à table. […] Il y avait cependant quelque chose dans l’air, quelque chose de subtil et d’inconnu, une atmosphère étrangère intolérable, comme une odeur répandue, l’odeur de l’invasion. Elle emplissait les demeures et les places publiques, changeait le goût des aliments, donnait l’impression d’être en voyage, très loin, chez des tribus barbares et dangereuses. »


L’envahisseur, dans les villages, prend part à la vie quotidienne : « Le premier qu’ils virent épluchait des pommes de terre. Le second, plus loin, lavait la boutique du coiffeur. Un autre embrassait un mioche qui pleurait et le berçait sur ses genoux pour tâcher de l’apaiser. […] Un d’eux même lavait le linge de son hôtesse, une aïeule tout impotente. »


Mais aussi l’attitude supérieure du vainqueur : « Il ne se leva pas, ne les salua pas, ne les regarda pas. Il présentait un magnifique échantillon de la goujaterie naturelle au militaire victorieux. »


b) Le clivage entre les classes sociales


« Ces six personnes (les bourgeois) formaient le fond de la voiture, le côté de la société rentée, sereine et forte, des honnêtes gens. […] Un homme et une femme attiraient le regard de tous. L’homme, bien connu, était Cornudet le démoc, la terreur des gens respectables. […] La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce. »


Lorsque la diligence arrive à l’auberge, les voyageurs descendent par ordre de respect et d’importance : « Les deux bonnes soeurs obéirent les premières. […]Le comte et la comtesse parurent ensuite, suivis du manufacturier et de sa femme, puis de Loiseau poussant devant lui sa grande moitié. […] Boule de suif et Cornudet, bien que près de la portière, descendirent les derniers. »


Dans tous ses écrits, Maupassant s’attache à la figure de la femme en général, et à la prostituée en particulier. C’est le cas dans Boule de suif, puisqu’elle en est le personnage principal. Dans la nouvelle, l’auteur dénonce sa condition misérable et méprisable, qui fait d’elle un personnage manipulé et opprimé.


Sa condition induit aux yeux des autres qu’elle n’a pas d’avis propre à avoir, dès lors que tous sont concernés :


  • « Loiseau demanda tout à coup si cette garce-là allait les faire rester longtemps encore dans un pareil endroit. »
  • « Puisque c’est son métier, à cette gueuse, de faire ça avec tous les hommes, je trouve qu’elle n’a pas le droit de refuser l’un plutôt que l’autre. […] Et aujourd’hui qu’il s’agit de nous tirer d’embarras, elle fait la mijaurée, cette morveuse ! » (Mme Loiseau)

Le lecteur constate les qualités de Boule de suif(sa gentillesse, sa générosité, son respect, son esprit patriotique) mais les autres personnages de la nouvelle les occultent, la jugeant uniquement par rapport à sa profession antimorale. Figure type du réalisme, Boule de suif symbolise par excellence la femme-victime.


Résumé


L’entrée des Prussiens dans Rouen est annoncée. C’est la débâcle. L’armée est en déroute. Commence l’attente pesante de la population. Puis l’armée allemande arrive de tous côtés et prend ses quartiers chez les habitants : c’est l’occupation.


La ville reprend une forme de vie quotidienne, mais les Rouennais ont l’impression d’être des étrangers chez eux. Certains commerçants souhaitent reprendre leur activité de négoce, et demandent aux Allemands l’autorisation de se rendre à Dieppe. L’idée étant en fait de gagner l’Angleterre par Le Havre si ça tourne mal. Le départ en diligence de 10 personnes est organisé.


C’est un mardi matin, très tôt. Il neige, il fait très froid. Trois couples de bourgeois (M. et Mme Loiseau ; M. Carré-Lamadon et son épouse ; le comte et la comtesse Hubert de Bréville ; deux bonnes soeurs ; Cornudet ; et Boule de suif) prennent place dans la diligence. Le convoi démarre.


Les bourgeois se sont regroupés d’un côté de la voiture. Ils ont reconnu Boule de suif et n’apprécient guère de devoir voyager en sa compagnie.


La route est difficile, enneigée, la diligence n’avance pas. Tout le monde a faim.


Boule de suif, qui, contrairement aux autres a été prévoyante, sort un panier de provisions de sous son siège et se met à manger. M. Loiseau la flatte en louant sa prévoyance et Boule de suif lui propose de se servir, ainsi qu’aux bonnes soeurs et à Cornudet. Les autres bourgeois, ne voulant pas mendier de la nourriture à une prostituée qu’ils méprisent, et celle-ci n’osant pas le leur proposer, ils résistent un moment. Puis, sous l’emprise de la faim, ils acceptent la proposition de Boule de suif. « Le panier fut vidé. »


Les femmes se détendent et bavardent avec Boule de suif, puis tout le monde s’y met. Chacun raconte ses expériences de la guerre. Boule de suif déclare sa haine des Prussiens. Bonapartiste, elle se heurte à Cornudet. Les autres femmes se sentent en adéquation avec « cette prostituée pleine de dignité ».


La diligence arrive enfin à l’Hôtel du commerce, à Tôtes. Un peu inquiets, les voyageurs sont accueillis par un Allemand. Ils visitent les chambres et attendent qu’on leur prépare un repas, quand Boule de suif est convoquée par l’officier allemand. Dans un premier temps, elle refuse de s’y rendre, puis, sous la pression des autres qui craignent des difficultés, elle accepte. Elle revient bientôt offusquée mais n’entre pas dans les détails. Les voyageurs dînent avec les aubergistes. Les opinions politiques s’échangent. Puis tout le monde va se coucher


Loiseau, aux aguets, surprend dans le couloir Boule de suif refusant les avances de Cornudet.


Le lendemain matin, tout le monde se retrouve pour reprendre la route. Mais le conducteur reste introuvable. Lorsqu’ils finissent par mettre la main dessus, il déclare que le commandant prussien lui a donné l’ordre de ne pas atteler. En attendant d’avoir une explication, tout le monde trouve une occupation. « Boule de suif semblait malade et prodigieusement troublée. »


Les trois bourgeois sont reçus par l’officier. Sans leur donner d’explications, ce dernier refuse qu’ils se remettent en route.


Le soir, avant le dîner, l’aubergiste vient demander devant tout le monde, de la part de l’officier prussien, si Boule de suif a changé d’avis. En colère, cette dernière répond par la négative, et finit par avouer le chantage de l’Allemand : il n’acceptera de les laisser repartir que si elle couche avec lui. Ses compagnons de voyage s’indignent et la soutiennent.


Le lendemain matin, chacun est encore plus déterminé que la veille à partir. Les sentiments des voyageurs envers Boule de suif commencent à changer. Sans le lui dire ouvertement, ils estiment que, en tant que prostituée, elle pourrait leur rendre ce « service ». Loiseau parle d’elle aux autres en la qualifiant de : « cette garce-là ». Mme Carré-Lamadon vante les charmes de l’officier allemand, comme pour adoucir sa demande.


Le surlendemain, on n’adresse plus la parole à Boule de suif. Les voyageurs s’entendent pour proposer au Prussien de garder Boule de suif et les laisser s’en aller. L’officier refuse. Le ton monte : « Puisque c’est son métier, à cette gueuse, de faire ça avec tous les hommes, je trouve qu’elle n’a pas le droit de refuser l’un plutôt que l’autre ! » (Mme Loiseau). Tous tentent de trouver un moyen pour influencer Boule de suif. Seul Cornudet ne prend pas part à la conspiration.


Lorsque Boule de suif les rejoint, les tentatives d’approche commencent, par des moyens plus ou moins détournés. On vante la grandeur, la bravoure que peut représenter pour une femme l’acte de coucher avec un ennemi, si c’est fait dans un esprit de « dévouement ».


Au dîner, l’aubergiste vient faire la même demande que la veille, de la part de l’officier prussien. La réponse de Boule de suif est la même. Une des religieuses apporte sa contribution à la coalition, en regrettant que ce départ, sans cesse retardé, l’empêche de sauver des vies de soldats français, puisque c’est pour cela qu’elle se rend au Havre.


Le jour suivant, chacun patiente en espérant que les discours de la veille vont porter leurs fruits. Au cours d’une promenade pour passer le temps, le comte culpabilise Boule de suif : « Donc, vous préférez nous laisser ici, exposés comme vous-même à toutes les violences qui suivraient un échec des troupes prussiennes, plutôt que de consentir à une de ces complaisances que vous avez eues si souvent en votre vie ? »


Boule de suif ne répond rien et se retire dans sa chambre. C’est le suspense pour ses compagnons de voyage : que va-t-elle décider ?


À l’heure du dîner, elle ne paraît pas et l’aubergiste fait comprendre aux autres qu’elle a fini par céder. C’est l’allégresse générale. Encore une fois, Cornudet n’est pas au diapason. Et, s’emportant contre ses compagnons, il lâche : « Je vous dis à tous que vous venez de faire une infamie ! »


Le lendemain matin, la diligence attend devant la porte. À la grande stupéfaction de Boule de suif, lorsqu’elle rejoint ses compagnons de route, ils la dédaigne.


Les bourgeois discutent et s’occupent sans se soucier d’elle. Au bout d’un moment, la faim se faisant sentir, chacun sort les provisions qu’il a emportées et se met à manger. Personne ne propose de partager avec Boule de suif. Effarée, elle ne parvient pas à crier sa colère. Elle se met à pleurer. La nouvelle se termine sur les sanglots de la jeune femme, mêlés aux paroles de la Marseillaise que Cornudet se met à chanter, renvoyant à la face des bourgeois leur honte, leur hypocrisie, leur « infamie ».


Etudes des personnages


Personnage principale


Le personnage de Boule de suif est inspiré par une prostituée nommée Adrienne Legay, dont la « mésaventure » a été racontée dans la rubrique « Faits divers » de l’époque, et qui s’est suicidée en 1892 pour une dette de loyer. Le suif étant de la graisse, ce surnom est donné à la « galante » de l’histoire à cause de son embonpoint.


Elle est « fraîche et appétissante », mais petite et grosse. À part l’officier prussien, qui lui donne du « Mademoiselle », personne ne l’appelle par son vrai nom : Elisabeth Rousset. Naïve et généreuse, elle offre sa nourriture aux bourgeois, espérant peut-être se retrouver sur un pied d’égalité avec eux. Dans un premier temps, elle est regardée différemment pour sa générosité et son patriotisme, mais lorsque le départ est retardé, Boule de suif en est vite rendue coupable par les bourgeois. Stigmatisée par sa condition de prostituée, ses qualités apparaissent secondaires et on lui refuse toute dignité.


Toute l’histoire tourne autour du personnage de Boule de suif. Elle est le révélateur de la psychologie des autres personnages (les voyageurs, l’officier allemand) et du clivage existant entre les classes sociales. Elle est le symbole de la femme la moins considérée de la société.


Les autres personnages


M. et Mme Loiseau : bourgeois, négociants de vin en gros. Lui, petit et rond, est, d’après ses amis, d’un caractère rusé, jovial et farceur. Elle, grande et forte, à l’air pincé. Ils sont les premiers à profiter des provisions de Boule de suif dans la diligence, et les premiers à la rendre ouvertement responsable de leurs ennuis.


M. et Mme Carré-Lamadon : grands bourgeois, propriétaires de 3 filatures. Le personnage de Carré-Lamadon est inspiré d’un notable rouennais. Officier de la Légion d’honneur et membre du Conseil général, il reste digne et un peu en retrait. Sa femme, beaucoup plus jeune que lui, très jolie, s’avère plutôt effacée. Le


Le comte et la comtesse Hubert de Bréville : ils portent un des noms les plus anciens de Normandie et possèdent une grande fortune. Lui est un collègue de Carré-Lamadon au Conseil général. Il représente le parti orléaniste. Lorsqu’il s’adresse à Boule de suif, afin de la persuader de céder à l’officier allemand, il joue de sa supériorité: « Il lui parla de ce ton familier, paternel, un peu dédaigneux, que les hommes posés emploient avec les filles, l’appelant « ma chère enfant », la traitant du haut de sa position sociale, de son honorabilité indiscutée. » Le salon de la comtesse est réputé dans le pays.


Cornudet le démocrate : personnage inspiré d’un oncle de Maupassant. Il est désigné comme bel homme, « inoffensif et serviable ». C’est une personnalité singulière, à part, au franc-parler et aux opinions politiques tranchées. Personnage le plus proche de Boule de suif, il ne s’oppose pas franchement aux autres pour autant. Il se contente de marquer sa désapprobation.


Les religieuses : elles apparaissent comme des caricatures. L’une, jeune et malade, l’autre vieille, elles se plient aux ordres de l’occupant : « Les deux bonnes soeurs obéirent les premières avec une docilité de saintes filles habituées à toutes les soumissions. » C’est la plus âgée des deux qui finit par persuader Boule de suif de céder à la demande de l’officier prussien.


L’officier allemand : « un grand jeune homme excessivement mince et blond, serré dans son uniforme comme une fille en son corset ». Autoritaire et impitoyable, il traite par le mépris les interventions des bourgeois, pourtant peut-être d’un milieu social plus élevé que le sien, marquant par là sa supériorité d’envahisseur.


Les aubergistes (M. et Mme Follenvie) : elle, subissant la présence de l’occupant, est franche dans ses opinions ; son mari, quant à lui, sert d’intermédiaire pour l’officier allemand.


Genre registre


La nouvelle et ses caractéristiques


La nouvelle se caractérise par un récit court, mettant en scène peu de personnages. Par sa construction, elle se rapproche du conte (cher à Maupassant), mais aussi du roman par la mise en place de l’action. La nouvelle est un mélange de genres. Elle va à l’essentiel de l’intrigue. C’est un exercice qui demande de la rigueur. Sa forme particulière permet à la nouvelle d’être publiée dans les journaux, et donc d’être lue par un plus grand nombre de lecteurs.


Boule de suif met en scène 13 personnages (les 10 voyageurs, l’officier allemand et les aubergistes). L’action se déroule sur 5 jours, essentiellement dans 2 lieux clos : la diligence et l’auberge. Toute l’intrigue tourne autour du refus de la prostituée de céder aux avances du Prussien, et des conséquences qui en découlent.


Registre et procédés stylistiques


Le Réalisme


Boule de suif s’inscrit dans le registre du Réalisme. L’histoire est tirée d’un fait divers, la période est réelle et les lieux existants. Les nombreux détails de la vie quotidienne que donne Maupassant contribuent à rendre l’action vraisemblable.


En mettant en avant les impressions des personnages (essentiellement sur le contexte de guerre), l’auteur fait part de ses observations et effectue un véritable compte-rendu.


Le style de Maupassant


Le choix de situer l’intrigue dans des endroits clos fait que la tension entre les personnages monte rapidement, et devient presque palpable


Les phrases et les paragraphes sont courts, l’utilisation de la ponctuation massive : « Dans beaucoup de familles, l’officier prussien mangeait à table. Il était parfois bien élevé, et, par politesse, plaignait la France, disait sa répugnance en prenant part à cette guerre. On lui était reconnaissant de ce sentiment; puis on pouvait, un jour ou l’autre, avoir besoin de sa protection. »


Maupassant utilise un langage soutenu dans le récit … « Un rideau de flocons blancs ininterrompu miroitait sans cesse en descendant vers la terre ; il effaçait les formes, poudrait les choses d’une mousse de glace ; et l’on n’entendait plus, dans le grand silence de la ville calme et ensevelie sous l’hiver, que ce froissement vague, innommable et flottant, de la neige qui tombe, plutôt sensation que bruit, entremêlements d’atomes légers qui semblaient emplir l’espace, couvrir le monde. » …


… et pittoresque dans le discours : « Je ne suis qu’une vieille femme sans éducation, c’est vrai, mais en les voyant qui s’esquintent le tempérament à piétiner du matin au soir, je me dis : - Quand il y a des gens qui font tant de découvertes pour être utiles, faut-il que d’autres se donnent tant de mal pour être nuisibles ! »


En utilisant la 3e personne pour raconter Boule de suif, Guy de Maupassant prend une certaine distance avec le récit et effectue, directement pour son lecteur, un compte-rendu détaillé d’une action particulière dans un contexte de temps et de lieu particulier.


9 commentaires


mathilde HABERGES
mathilde HABERGES
Posté le 9 nov. 2016

Super document! Merci

Par contre je ne sais pas si c'est mon ordinateur qui bug ou si c'est le document (je penche plus pour mon ordinateur) mais les mots de fin de phrases sont coupés.

Vivictor09
Vivictor09
Posté le 8 nov. 2016

  • Tout le texte est décalé il manque des mots quelqun a une solution?

manon08123
manon08123
Posté le 30 janv. 2016

Ce document est top ! bien détaillé et bien organisé! Merci

noemie.nvu
noemie.nvu
Posté le 5 déc. 2015

merci beaucoup pour ce resume et cette anlyse tres detailles

Tsivery
Tsivery
Posté le 22 nov. 2015

merci bcp

heritiep
heritiep
Posté le 15 nov. 2015

Analyse bien structurée

Hokumi
Hokumi
Posté le 20 oct. 2015

cette fiche de lecture

Hokumi
Hokumi
Posté le 20 oct. 2015

merci il est super bien

Kilimop
Kilimop
Posté le 30 oct. 2013

Superbe fiche de lecture ! vraiment très détaillée ! on apprend pleins de choses !

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