La naissance du jour - Colette

La naissance du jour - Colette

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Publié le 30 mai 2016 - Donne ton avis

La naissance du jour est un roman de Colette, publié en 1928. Le récit se déroule à l’époque où il a été écrit, en Provence.

La structure de cet ouvrage est particulière. Colette insère des éléments de sa vie personnelle au sein du récit. Elle est la narratrice, parle à la première personne, et les personnages la nomment « Madame Colette ». Certains des protagonistes sont réellement ses amis, tandis que d’autres sont issus de son imagination. La maison provençale qu’elle décrit est celle qu’elle a achetée à la Treille muscate. Son amour pour les animaux et la végétation méditerranéenne sont également authentiques. Pour ces raisons, ce roman peut être assimilé à une autofiction.

Par ailleurs, Colette intègre dans le récit, sous forme de digression, des lettres écrites par sa mère. Ainsi, la construction du livre n’est pas linéaire et se fond dans différentes formes d’écriture : épistolaire (les lettres de sa mère), romanesque (le triangle amoureux formé par les trois personnages principaux) et autobiographique (la narratrice est Colette et ses caractéristiques correspondent à ce qui est connu d’elle : elle est un écrivain renommé, possède une maison à la Treille muscate, etc.)

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Partie 1 : Les personnages principaux

  • Colette
  • Colette s’approche de la soixantaine. Elle travaille à l’élaboration d’un roman sur lequel elle peine à avancer et profite de la langueur des jours dans sa résidence de la Treille muscate. Elle consacre avec plaisir du temps à jardiner, admirer la nature, dîner avec ses amis et prendre soin de ses animaux. Elle est célibataire et n’est plus prête à l’éventualité d’un nouvel amour.

  • Vial
  • Vial est un homme brun à la peau mate âgé d’une trentaine d’années et faisant partie du groupe d’amis de Colette. Homme plutôt viril, il est secrètement amoureux de celle-ci, pourtant plus âgée.

  • Hélène Clément
  • Hélène Clément est une belle jeune femme blonde d’une vingtaine d’années éprise de Vial. Elle est peintre et se joint à cette bande d’artistes. Cependant, Hélène a honte d’être une « fille de ». Elle a conscience de ne pas réellement appartenir au milieu qu’elle fréquente. Elle est amoureuse de Vial et peine à attirer son attention..


    Partie 2 : Le résumé de l'histoire

    Colette relit avec émotion une des lettres de sa mère témoignant de sa personnalité attachante et non conformiste. L’écrivain se questionne sur sa résidence provençale : est-ce sa dernière maison ? Elle cite les plaisirs doux de cette habitation située sur la côte méditerranéenne. Arroser les plantes, les fruits et les légumes du jardin après un dîner entre amis fait partie de ses contentements quotidiens.

    Elle évoque son projet littéraire et ses interrogations pour faire avancer son histoire. Elle décrit en outre avec ravissement les splendeurs de la nature alentour : la mer, les arbres, le mistral, les pins… Colette brosse le tableau de sa maison provençale qu’elle contemple avec délice. En effet, elle entre dans un âge où elle sent que la contemplation et la solitude deviennent nécessaires. Un besoin d’introspection naît chez elle et celui qu’elle appelle « l’homme » n’y semble pas avoir de place.

    Colette invite ses amis, dont Vial, « l’homme », qui habite à trois cents mètres. La description qu’elle en fait laisse entendre son attirance ambiguë envers lui. Elle pose sa main sur son torse, tout en notant que sa propre main désigne son âge, bien plus avancé. Vial se fait proche d’elle, mais leur rapport est marqué par une inégalité : il la vouvoie tandis qu’elle le tutoie. Colette lui demande où est celle qu’elle appelle sa petite amie : Hélène Clément. Vial lui répond qu’elle n’est pas sa petite amie et qu’il n’apprécie pas qu’elle la nomme ainsi. Colette lui affirme qu’il serait bon pour lui de se marier, en raison de ses trente-cinq ans.

    L’écrivain évoque son amour pour les bêtes, notamment ses chats et ses chiens. Elle regarde tendrement son troisième chat et constate que le temps passe et qu’il ne peut cacher son déclin. Elle se remémore ses ex-maris et ses songes font comprendre qu’ils appartiennent définitivement à son passé.

    Colette pense à Hélène, la jeune femme au physique avantageux, mais qui semble la rebuter. Elle laisse ainsi entrevoir une forme de jalousie envers cette jeunesse qu’elle ne possède plus. Elle observe sans mal l’attirance d’Hélène envers Vial et agit de manière à les rapprocher. Vial est réticent, tandis qu’Hélène souhaite lui plaire et est gênée d’être ainsi mise à nue. Lors d’une rencontre chez Colette, elle est mal à l’aise à cause des réponses de Vial à son propos et part brusquement. Colette tente de la consoler et Hélène lui avoue sa honte, attristée. Colette reproche à Vial son comportement avec Hélène. « L’homme » reste fermé à ces remontrances.


    Partie 2 : Le thème abordé

  • Le rononcement
  • La naissance du jour témoigne du renoncement de Colette à une relation amoureuse. Vial symbolise par extension son renoncement aux tourments de l’amour, à l’orée de sa vieillesse. Deux passages témoignent avec force de ce thème. Le premier est issu d’un dialogue entre les deux personnages, où Colette tente de faire comprendre à Vial ses raisons : « Faire peau neuve, reconstruire, renaître, ça n’a jamais été au-dessus de mes forces. Mais aujourd’hui il ne s’agit plus de faire peau neuve, il s’agit de commencer quelque chose que je n’ai jamais fait. Comprends donc, Vial, c’est la première fois, depuis que j’ai passé ma seizième année, qu’il va falloir vivre – ou même mourir – sans que ma vie ou ma mort dépendent d’un amour. C’est si extraordinaire… Tu ne peux pas le savoir… Tu as le temps. »

    Le deuxième extrait se situe à la fin du roman et souligne le refus volontaire de Colette : « Alors je penserai à lui en me répétant que je me suis dessaisie de lui, que j’ai donné à Vial une jeune femme, d’un geste qui avait, ma foi, une belle allure de faste et de gaspillage. » Ce renoncement n’est pas triste, il semble même soulager Colette qui paraît désormais ne plus envier les folies de l’amour, mais chercher une quiétude solitaire et profonde. La campagne méditerranéenne, la réflexion sur les lettres de sa mère peuvent lui apporter de quoi satisfaire ce besoin d’introspection se manifestant à la naissance d’un nouvel âge.

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