Falaises - Olivier Adam

Falaises - Olivier Adam

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Publié le 8 janv. 2014 - Donne ton avis

Olivier Adam, né le 12 juillet 1974, est un auteur français auteurs de plusieurs romans et ouvrages de jeunesse. En 2005, il publie «Falaises» , un roman a portée autobiographique dans lequel il revient sur un drame de son enfance : le suicide de sa mère qui s’est jeté du haut d’une falaise.
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Introduction

Le passage que nous allons étudier constitue les premières lignes du roman et nous présente le narrateur en train d’observer le paysage nocturne des falaises qui le rappelle aux douloureux souvenir de la disparition de sa mère. Nous nous pencherons dans un premier temps sur la solitude de ce personnage qui, bien que marié et père d’un enfant est coupé du reste du monde par sa souffrance. Nous étudierons ensuite la portée symbolique de la funeste célébration à laquelle se prête le narrateur.

 

I) Un personnage solitaire et traumatisée

 

a) Un personnage à l’écart

 

Tandis que la femme et la fille du narrateur sont « protégées » de l’hostilité de l’extérieur, ce dernier préfère quant à lui goûter au plus près l’obscurité et le froid de la nuit. La baie vitrée qui le sépare de Claire et Chloé agit symboliquement comme une barrière. Le narrateur est du côté de la nuit et de la souffrance tandis que sa femme et sa fille sont de celui du sommeil et de la tranquillité. Il les regarde dormir comme s’il était résolument extérieur à ce moment d’affectueuse intimité.

 

La solitude qu’il ressent en cet instant est si intense qu’il les perçoit presque comme un mirage vaporeux : « Derrière moi, à peine plus concrète que des ombres, moins denses qu’un peu de fumée, Claire et Chloé me regardent. ». Il fait abstraction de la réalité de leur présence pour mieux se rappeler au douloureux souvenir de sa solitude : « Ma mère est morte et tous les miens s’en sont allés. »

 

b) Un traumatisme toujours présent

 

Mais encore, la solitude à laquelle est en proie le personnage relève d’un profond traumatisme qui est perceptible tout au long du texte. Ainsi, la répétition à deux reprises du mot « falaises » dans le texte témoigne de l’obsession du narrateur vis-à-vis du décès de sa mère. Ces falaises menaçantes sont l’objet d’une contemplation macabre et le narrateur croit y apercevoir « des fantômes et des corps chutant dans la lumière. ». Le suicide maternel le hante et est omniprésent dans sa rêverie.

 

II) Une célébration macabre

 

a) Un anniversaire endeuillé

 

Si les pensées du personnage sont tournées vers sa mère, c’est car il s’agit du vingtième anniversaire de sa mort. Le narrateur se prête donc pour l’occasion à une célébration assez macabre durant laquelle il allume des bougies comme pour un anniversaire traditionnel : « Ma main plonge dans le plastique transparent, j’en sors de petits ronds d’aluminium remplis de cire blanche. Je craque une allumette. Il y a vingt ans que ma mère est mort. Vingt ans jour pour jour. » La brièveté des phrases accentue la tristesse de cette célébration funeste.

 

Le champ lexical de la mort traverse le texte comme pour créer une atmosphère propice à la manifestation de présences fantomatiques. Le narrateur semble en effet rappeler à lui le fantôme de sa mère et évoque son apparition : « Ma mère marche sur la lande comme une fée somnambule ». Le rattachement de cette présence fantomatique à celle , insouciante et enfantine d’une fée provoque un trouble chez le lecteur qui ne parvient pas à identifier clairement l’état d’esprit dans lequel se trouve le narrateur.

 

b) La célébration d’une nouvelle naissance

 

Outre l’anniversaire de la mort de sa mère, ce dernier semble également célébrer celui d’une naissance nouvelle par laquelle il ferait abstraction de son passé douloureux : « J’ai trente et un an et ma vie commence. » Cette phrase répétée à deux reprises agit comme une curieuse incantation destinée à redonner vie au personnage accablé par la souffrance. Ce dernier espère ainsi faire le deuil d’une enfance qu’il n’a pas et entreprendre un nouveau départ.

 

Le premier et le dernier paragraphe début par la même phrase teintée d’angoisse : « Ici, la nuit et profonde et noire comme le monde. » Le personnage affronte l’obscurité la plus totale, symbole de sa perte pour conjurer le sort et pouvoir enfin se positionner du côté de la vie.

 

A travers les premières lignes de son roman, Olivier Adam nous plonge au cœur d’une intimité saisissante : celle d’une scène familiale à priori banale mais derrière laquelle se tapis une douleur profonde et intense. Le personnage traumatisé par la mort de mère fête l’anniversaire de son décès avec une certaine forme d’innocence qui témoigne d’un retour vers un état d’esprit enfantin. Le temps semble figé entre passé et présent comme pour ouvrir une nouvelle voie aux possibilités de la mémoire et à sa retranscription romanesque.

2 commentaires


VLICE
VLICE
Posté le 4 févr. 2016

Commentaire plutôt bien cela va ainsi m'aider dans ma composition litteraire

malokof
malokof
Posté le 9 janv. 2014

Document plutôt bien commenté. Ca m'aidera pas mal dans mon commentaire. Merci à vous !

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