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Le doute

Sandys - Mise à jour : 27/04/2009

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Extrait:
Rien de plus commun que le doute, cette défiance que nous avons coutume d'éprouver à l'égard des choses, de nous-mêmes ou d'autrui. Le doute est le contraire de la foi : c'est un manque de confiance.

L'on peut aussi bien douter de soi, de ses capacités que de la parole d'autrui : ses compliments à mon égard, ses condoléances, le témoignage de son amitié sont-ils sincères ? Le doute, on le voit , est une disposition naturelle du sens commun à n'accorder aveuglement ni sa confiance, ni sa croyance.

C'est par là que le doute est philosophe: il est, à l'intérieur même du sens commun, ce qui nous donne le ressort de le dépasser, si nous nous en donnons s la peine. En effet, le doute, en nous empêchant de croire trop rapidement, en différant notre adhésion, nous donne [...]

 

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LE DOUTE

Texte exclusif Doc-Etudiant.fr, composé par SANDYS



Rien de plus commun que le doute, cette défiance que nous avons coutume d’éprouver à l’égard des choses, de nous-mêmes ou d’autrui. Le doute est le contraire de la foi : c’est un manque de confiance. L’on peut aussi bien douter de soi, de ses capacités que de la parole d’autrui : ses compliments à mon égard, ses condoléances, le témoignage de son amitié sont-ils sincères ? Le doute, on le voit , est une disposition naturelle du sens commun à n’accorder aveuglement ni sa confiance, ni sa croyance.


C’est par là que le doute est philosophe: il est, à l’intérieur même du sens commun, ce qui nous donne le ressort de le dépasser, si nous nous en donnons s la peine. En effet, le doute, en nous empêchant de croire trop rapidement, en différant notre adhésion, nous donne le recul qui nous permettra de soumettre toute chose à examen, à enquête. Le doute nous met véritablement en possession de notre jugement, par l’obstacle qu’il fait à son exercice trop rapide.


Telle est la leçon du sceptique Montaigne: à ceux qui seraient prompts à juger barbares les peuples cannibales, Montaigne réplique qu’on peut bien les juger tels dans l’absolu, mais non par rapport à eux, censeurs européens qui se livrent à bien pire barbarie encore. Rien de tel pour nous délivrer des jugements hâtifs que de consulter l’expérience , qui nous fait comparer toutes choses entre elles , et réfute tout point de vue unilatéral sur la réalité. A nous de tirer les leçons de l’expérience qui déçoit souvent nos plus fortes certitudes. Mais nous n’entendons ces leçons que d’une oreille , et retombons vite dans la paresse des préjugés , quitte à passer d’un préjuger à l’autre.


Voilà pourquoi le doute, tel qu’il s’exerce au niveau du sens commun, s’avère juste capable de rendre fluctuante toutes nos croyances, et toutes nos opinions, de nous rendre hésitants et indécis: il ne sait que penser de l’amitié, celui qui a vu son fidèle lieutenant le trahir, il perd ses convictions politiques, celui voit son parti les perdre devant lui à l’épreuve du pouvoir. L’expérience lamine toute certitude et toute croyance : elle met tout son génie à nous désorienter , à nous faire perdre nos repères les mieux assurés.


LE DOUTE PHILOSOPHIQUE : l’esprit du scepticisme

La philosophie est l’activité intellectuelle qui, pensant l’expérience, nous en arrache. Le doute porté par l’expérience elle-même, elle va le porter à son tour et plus loin par la pensée et s’efforce de ne pas le faire retomber dans des certitudes négatives de l’esprit contemplant son impuissance. Le scepticisme est cet effort pour arracher la pensée au nihilisme propre aux premières pensées de l’esprit immergé dans l’expérience.


Pour qui sait un peu de philosophie cette définition ne manquera pas de surprendre. En effet, ne dit on pas dans certains manuels que le scepticisme est cette doctrine de l’Antiquité qui nie que l’on puisse rien connaître. N’en croit-on

pas résumer l’esprit quand on la réduit à la célèbre formule de Métrodore «  je ne sais qu’ne chose, c’est que je ne sais rien «  le scepticisme n’est-il donc pas de toute évidence un nihilisme?


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