Vous êtes ici : › "Ce qu'aimer veut dire" par le Dr. Michel Pouquet

Psychologie

"Ce qu'aimer veut dire" par le Dr. Michel Pouquet

Les 4 saisons du Revest - Mise à jour : 28/02/2009

Lire en ligne
Gratuit

Té:lécharger
Gratuit après inscription

16.50 / 20

2 avis (voir)

289 téléchargement(s)

Document docx format .docx
28 Ko

Niveau : Autre

Signaler un abus

Extrait / Introduction

Article de psychanalyse sur "Ce qu'aimer veut dire" par le Docteur Michel Pouquet, psychanalyste

Extrait:

"On aimerait laisser l'amour au poête et au mystique. Si l'analyste se risque à évoquer l'amour, c'est parce que sous couvert de la beauté du mot, les bêtises s'accumulent : depuis des siècles d'ailleurs, et pour une fois nous ne mettrons pas particulièrement en accusation le monde d'aujourd'hui. Mais des bêtises qui ne sont pas inoffensives, qui engendrent souffrance et mort.
C'est pourquoi l'analyste, témoin de souffrances, de désarrois qu'aggravent un discours commun souvent stupide, se risque à évoquer devant vous le sujet, et à "chausser les pieds de plomb de la pédagogie..." (Lacan) pour introduire, dans une approche rationnelle, quelques concepts (= les mots les plus vrais dont nous disposons actuellement pour essayer de dire le réel) et tenter de dissiper la confusion dans laquelle se débat l'être humain dès qu'il s'agit de parler d'amour.
Mais il faut en parler : la seule manière de neutraliser la pulsion de mort (que l'on retrouve à l'oeuvre dans les troubles de la vie psychique, et dans les diverses formes de violence qui agitent notre société) est de l'associer à la pulsion érotique, de la mettre au service de celle-ci. Encore faut-il que cette dernière ne soit pas entravée, inhibée, comme elle l'est trop souvent, par la névrose, mais aussi - et c'est ce qui justifie mon propos - par les contre-sens du discours commun.
Nous allons donc parler du couple, du couple homme-femme, par où passe nécéssairement l'amour. En laissant de côté, est-il besoin de le préciser, les ébats érotiques des partouzes, qui permettent de satisfaire les pulsions infantiles qui persistent chez tout adulte, homosexuelles et exhibitionnistes-voyeuristes en particulier. On peut trouver là son plaisir, sûrement pas aimer.
Car c'est d'aimer qu'il s'agit. "Faites l'amour, pas la guerre !" est une jolie formule, mais simpliste : il ne suffit pas de faire l'amour, il faut savoir aimer. Or il est peu de mots aussi équivoques dans notre [...]"

 

Plan

Signaler un abus

Lire en ligne
Gratuit
Té:lécharger
Gratuit après inscription

Exemple de page de "Ce qu'aimer veut dire" par le Dr. Michel Pouquet

CE QU'AIMER VEUT DIRE


"La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit"
Angelus Silesius


On aimerait laisser l'amour au poête et au mystique. Si l'analyste se risque à évoquer l'amour, c'est parce que sous couvert de la beauté du mot, les bêtises s'accumulent : depuis des siècles d'ailleurs, et pour une fois nous ne mettrons pas particulièrement en accusation le monde d'aujourd'hui. Mais des bêtises qui ne sont pas inoffensives, qui engendrent souffrance et mort.
C'est pourquoi l'analyste, témoin de souffrances, de désarrois qu'aggravent un discours commun souvent stupide, se risque à évoquer devant vous le sujet, et à "chausser les pieds de plomb de la pédagogie..." (Lacan) pour introduire, dans une approche rationnelle, quelques concepts (= les mots les plus vrais dont nous disposons actuellement pour essayer de dire le réel) et tenter de dissiper la confusion dans laquelle se débat l'être humain dès qu'il s'agit de parler d'amour.
Mais il faut en parler : la seule manière de neutraliser la pulsion de mort (que l'on retrouve à l'oeuvre dans les troubles de la vie psychique, et dans les diverses formes de violence qui agitent notre société) est de l'associer à la pulsion érotique, de la mettre au service de celle-ci. Encore faut-il que cette dernière ne soit pas entravée, inhibée, comme elle l'est trop souvent, par la névrose, mais aussi ? et c'est ce qui justifie mon propos ? par les contre-sens du discours commun.
Nous allons donc parler du couple, du couple homme-femme, par où passe nécéssairement l'amour. En laissant de côté, est-il besoin de le préciser, les ébats érotiques des partouzes, qui permettent de satisfaire les pulsions infantiles qui persistent chez tout adulte, homosexuelles et exhibitionnistes-voyeuristes en particulier. On peut trouver là son plaisir, sûrement pas aimer.
Car c'est d'aimer qu'il s'agit. "Faites l'amour, pas la guerre !" est une jolie formule, mais simpliste : il ne suffit pas de faire l'amour, il faut savoir aimer. Or il est peu de mots aussi équivoques dans notre langue que le mot "amour", de plus falsifié que ce "je t'aime" qui vous fait frémir d'aise quand vous l'entendez de quelqu'un qui vous plaît. Et que vous êtes prêt(e) à gober, alors qu'il n'y a qu'à regarder autour de vous pour savoir qu'il se prête aux manipulations les plus grossières, qui ne trompent que celui (celle) à qui il s'adresse... Apprenez à vous méfier. D'abord, parce qu'en général, quand on prononce ces mots, même sincères, on ne sait pas ce que l'on dit. Ensuite, parce qu'aimer, ça ne se dit pas avec des mots, mais par des actes. Essayons, quitte à bousculer vos certitudes, d'y voir plus clair.

LE PIEGE AMOUREUX

On ne sait pas ce que l'on dit : vous avez tous été amoureux, vous connaissez cet état merveilleux, cet enchantement, à l'idée de voir l'autre, de s'approcher de lui, de penser à lui, etc... Eh bien, quand vous êtes amoureux, vous aimez une image, de quelqu'un que vous ne connaissez pas encore, ou peu. Du temps où les jeunes avaient des principes - ne faisaient pas l'amour avant le mariage - et avaient un peu d'argent, ils partaient en voyage de noce, et c'était "la lune de miel", jusqu'au moment du retour et de la reprise du train habituel de la vie. Fini la lune de miel. Ils avaient appris à se découvrir, à se connaître un peu intimement, et à dépasser le stade de l'image. Ils pouvaient alors s'aimer, aimer quelqu'un de bien réel. Ou encore avoir découvert que l'autre ne leur plaisait pas du tout, et lui tourner le dos. Ou enfin, déçus de ne plus sentir cet état d'ivresse initial, tomber dans une tiédeur désenchantée, à la limite finir par rompre. La grande duperie qui entoure le "je t'aime" est d'abord là, dans la

confusion entre aimer et être amoureux.
Aimer, c'est aimer quelqu'un, et non son image. Tout le monde tombe dans le piège, à commencer par ce chantre de l'amour que l'on veut voir en Stendhal. Ce qu'il appelle joliment "la cristallisation" de l'amour, c'est l'idéalisation de l'autre qui accompagne le sentiment amoureux. On ne veut pas voir ses défauts. Cela peut durer longtemps, bien au-delà du voyage de noce, même après bien des déboires, chez ceux qui ont du mal à voir la vérité en face, et préfèrent se leurrer par des images merveilleuses. En général, cependant, les déboires s'accumulent, les yeux s'ouvrent, et le réveil est douloureux.
L'exacerbation du sentiment amoureux, en particulier lorsqu'il est contrarié, débouche sur la passion : la difficulté avive le désir, sa non-concrétisation fait durer l'illusion amoureuse. On connaît la suite, et son cortège de violences, de crimes, de suicides. Ou de vie ratée, à courir après une ombre : ainsi de Pétrarque, amoureux de Laure, aperçue dans un bal, qui ne s'intéressait pas à lui, dont il rêva toute sa vie, sans pouvoir aimer les femmes qu'il rencontrait. Et il s'en trouve pour parler encore d'amour chez ceux qui tombent dans ce ratage, ou ces excès : "il l'a tuée par amour", lisez-vous de temps en temps dans votre journal : un comble. Si le mot "amour" recouvre un peu n'importe quoi, en revanche le sentiment amoureux est un concept bien défini, un piège éventuel dont, malgré ses charmes, on peut se méfier.
Un mot sur le "je t'adore", que l'on prend parfois pour un superlatif du "je t'aime". Un de mes patients, perspicace, disait à sa femme : "je t'aime trop" - "on n'aime jamais trop" répondait-elle. C'est lui qui avait raison. "Aimer trop", c'est adorer. C'est être amoureux d'une idole - donc d'une image (c'est l'étymologie du mot), qui en général est une réplique subliminale de celle de papa-maman. Adorer amène à s'effacer soi-même, à se prosterner devant l'autre, à le réduire à un statut d'objet, de dévotion certes, mais en même temps de possession. Un bon conseil donc - inutile bien sûr, si vous êtes sous le charme de l'adorateur, mais qui peut servir à d'autres. Si l'on vous dit "je t'adore", fuyez !
Qu'il s'en tienne au "je t'aime", ou aille jusqu'au superlatif, l'amoureux voit toujours dans l'autre un reflet - merveilleux - de lui-même. La captation, la possession par l'image de l'autre est une relation narcissique, en miroir. Le prototype des amoureux est Narcisse, essayant en vain de saisir son image se reflétant dans l'eau, et y trouvant la mort. Sans vous infliger Lacan, qui a théorisé la chose, écoutez Platon, dont ces lignes (dans Phèdre) sont pleines de justesse : "l'amoureux ne se doute pas qu'en celui qui l'aime, c'est lui-même qu'il voit comme en un miroir". Là est le piège narcissique. Vous allez être déçu, mais c'est ainsi : quand vous êtes amoureux, vous n'aimez en définitive que vous-même. Plus précisément : votre image, embellie dans ce miroir qu'est l'image de l'autre.
Vous le saisirez mieux si vous regardez "Mort à Venise", le film de Visconti, tiré du roman de Thomas Man. L'amoureux est ici un vieil homme, veuf, fasciné par l'image d'un adolescent qu'il croise constamment dans les salons de l'hôtel. Il ne se passe rien d'autre, l'adolescent reste pour lui, comme pour nous, un inconnu dont on ne sait rien - pas un mot n'est échangé - sauf qu'il est merveilleusement beau, et renvoie au vieil homme l'image de lui-même, de l'adolescent qu'il n'est plus. Finalement, il en meurt.
Le piège amoureux guette tout le monde, l'enfant comme le vieux, les homo comme les hétérosexuels. Tout le monde se retrouve dans les émois de Proust décrivant sa passion pour Albertine - qui était son amant et s'appelait Alfred. Aujourd'hui, c'est habituellement ainsi que débutent les amours : très bien, vivons ce moment d'enchantement par l'image - mais sachons qu'elle n'est qu'une image, et qu'au-delà, l'important c'est d'aimer quelqu'un de bien réel.
Essayons maintenant de préciser le sens du verbe aimer.

AIMER

Pour visualiser la suite du document "Ce qu'aimer veut dire" par le Dr. Michel Pouquet vous pouvez :

Lire en ligne
Gratuit
Té:lécharger
Gratuit après inscription
Donnez votre avis
Note / 20
Votre avis
 
Valider
Avis sur "Ce qu'aimer veut dire" par le Dr. Michel Pouquet
18 /20
Document qui apporte beaucoup, très intéressant. Une réflexion très très intéressante et objective sur la signification de l'amour et du mot "aimer", laisse à réfléchir et à penser après lecture .
Par contre le seul point négatif : la lecture n'est pas très agréable (document très condensé)


izaiza le 21/08/2011
15 /20
Très intéressant. J'ai beaucoup appri

Emmaluam le 08/10/2009

Le document "Ce qu'aimer veut dire" par le Dr. Michel Pouquet appartient à la rubrique Psychologie qui elle même appartient à la thématique Social.

Tweets Doc-etudiant
Tout chaud sur Doc-etudiant.fr
Superdoc Lettre de motivation net... Il y a 3 jour(s) - Autre
Superdoc Lettre de Motivation Usine Il y a 3 jour(s) - Autre
sofia-hs A quel niveau se fait le... Il y a 2 jour(s) - Question
512 Le tourisme de luxe actu... Il y a 2 jour(s) - Question
+ de Tweet Doc-etudiant.fr

Partenaires - Devenir partenaire - Doc etudiant est une marque déposée - c 2008 2012 - Tous droits réservés - Conditions générales d'utilisation - Crédits
Contact - Signalez-nous un bug - Bac 2012 - Brevet 2012 - Recrutement

Pour donner votre avis sur ce document, vous devez être membre de Doc-étudiant

Si ce n'est pas encore fait ?

Inscrivez-vous !

ou Identifiez-vous :


Mot de passe oublié ?
Besoin d'aide