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La pression concurrentielle qui s'exerce sur toutes les organisations les oblige à rechercher un avantage concurrentiel. L'organisation se trouve devant la problématique suivante : est-il plus avantageux pour elle de faire, ou de faire faire ? Cette question reprend les idées fondamentales d'Adam Smith et David Ricardo, qui ont axé leurs théories sur la notion d'avantages absolus et d'avantages comparatifs. Il est préférable de se spécialiser dans les tâches pour lesquelles on dispose le plus de ressources (humaines, techniques, etc.).
1. Qu'est-ce qu'une stratégie d'externalisation ?
? La stratégie d'externalisation
consiste, pour une entreprise, à confier à
des partenaires extérieurs la réalisation
de ses activités non stratégiques.
Elle est également appelée
stratégie d'impartition.
Il existe
plusieurs formes d'externalisation :
la sous-traitance ;
la franchise ;
la consession ;
les filiales communes ;
le Groupement d'intérêt économique (GIE).
? Dans le cadre de la sous-traitance, le donneur d'ordres définit les caractéristiques du produit, les sous-traitants ne disposant d'aucune initiative.
? La franchise
met en relation un franchiseur qui apporte un
savoir-faire commercial et des méthodes de
gestion, et un franchisé qui bénéficie
de ces avantages en contrepartie d'une
redevance.
Ce contrat s'accompagne souvent
d'une assistance technique et commerciale. Le
franchiseur s'engage à développer
sa marque, ses produits et sa notoriété,
tandis que le franchisé à tout
mettre en ?uvre pour assurer la production
et/ ou la commercialisation, dans le respect
du concept défini par le franchiseur.
Il
existe plusieurs types de franchises, comme la
franchise de production et de distribution
(Leonidas), la franchise de services (McDonald's)
ou la franchise industrielle (Coca-Cola).
? La
concession est un contrat durable par lequel une
entreprise (le concédant), s'engage à
approvisionner en produits de sa marque une autre
entreprise (le concessionnaire) et à lui
apporter une assistance technique (formation, par
exemple) en contrepartie d'obligations telles que
le respect de quotas de vente, le service
après-vente, la participation aux actions
promotionnelles, la conformité à un
cahier des charges.
Le contrat est
généralement exclusif : il
confère un monopole géographique
dans une zone délimitée par le
concédant. C'est le cas, par exemple, des
concessions automobiles.
? Les filiales
sont des sociétés dont le capital
est détenu à plus de 50 % par
une autre entreprise, appelée la société
mère. Les entreprises mettent en commun
certaines activités. Ainsi, deux sociétés
peuvent créer une filiale commune dont le
capital sera détenu à 50 % par
chacune d'entre elles. Elles vont apporter à
cette nouvelle structure des actifs
(investissements matériels et immatériels)
et du personnel.
On parle d'entreprise
conjointe (également appelée
coentreprise ou joint venture) quand deux
entreprises A et B (ou éventuellement
plus), qui restent indépendantes, créent
une nouvelle société C dont
elles se partagent le capital.
Les filiales
communes sont courantes dans les branches où
les connaissances ou les innovations techniques
sont déterminantes.
? Le GIE (groupement d'intérêt économique) est un accord par lequel deux entreprises au moins décident de rassembler des moyens dans une personne morale nouvelle, en vue d'actions communes qui peuvent être :
des études et de la recherche (mise en place de laboratoires communs),
de la logistique (mise en place d'un service de transport ou de stockage commun),
des actions commerciales (mise en place d'un service d'exportation commun).
Les sociétés qui composent un GIE reçoivent une quote-part de ses résultats.
2. Quels sont les avantages et les inconvénients d'une stratégie d'externalisation ?
? La stratégie d'externalisation présente de nombreux avantages pour l'organisation :
bénéficier des compétences spécifiques des partenaires ;
se concentrer sur son métier ;
favoriser la flexibilité de l'entreprise en faisant supporter aux partenaires les variations d'activité ;
réduire le poids des structures en réservant les ressources disponibles aux missions essentielles de l'organisation ;
améliorer la rentabilité à partir du moment où un prestataire externe peut fournir un composant ou un service dans les mêmes conditions de qualité et de délais, mais à un prix inférieur au coût de production interne ;
être plus disponible pour répondre aux fluctuations de l'environnement et saisir les opportunités qui se présentent ;
concrétiser des synergies en partageant par exemple un réseau de distribution ;
réduire les coûts de transaction (coûts liés à tout échange économique, tels que les coûts de négociation des contrats) en instaurant des relations stables et durables.
? Cette stratégie présente
cependant des risques pour l'organisation. En
effet, si le produit est très spécifique,
des liens de dépendance très fort
vont se créer entre l'entreprise et son
fournisseur. Les risques de comportements
opportunistes (défaillance, tromperie,
etc.) sont alors tels qu'ils peuvent engendrer
des coûts supplémentaires.
De
plus, une impartition trop importante peut faire
perdre progressivement son savoir-faire à
l'organisation et la priver d'avantages
stratégiques par la suite.
3. Quels sont les enjeux et les limites de la sous-traitance ?
? Le recours à la sous-traitance est une pratique largement utilisée par les moyennes et les grandes entreprises. Pour faire face à une concurrence exacerbée par la mondialisation et le développement des NTIC (Nouvelles technologies de l'information et de la communication), elles doivent en effet repenser leur organisation afin de se recentrer sur leur métier et confier les activités à faible plus-value ou qu'elles ne maîtrisent pas parfaitement à des entreprises spécialisées. Ce type de contrat prend la forme d'un partenariat.
? Il existe plusieurs formes de sous-traitance :
la sous-traitance de spécialité est mise en ?uvre lorsque l'organisation estime ne pas disposer du savoir-faire adéquat pour fabriquer un produit ou réaliser une prestation ;
la sous-traitance de capacité consiste à faire appel à un sous-traitant lorsque l'entreprise est dans l'incapacité de répondre à un flux de commandes dans les délais impartis ; l'entreprise peut dès lors ajuster sa capacité de production en fonction des pics de commandes ;
la sous-traitance de marché est employée lorsqu'une entreprise confie à une autre entreprise l'exécution d'un marché qu'elle a conclu avec un maître d'ouvrage ;
la sous-traitance en cascade ou en chaîne est le cas de figure où le sous-traitant devient lui-même donneur d'ordres.
? La sous-traitance, considérée
comme un partenariat, engendre des dépendances
? le donneur d'ordre peut perdre un
certain contrôle de sa production ?
et l'arrivée d'un nouveau partenaire peut
déclencher de nombreuses réactions
au sein de l'organisation : démotivation
et perte de confiance du personnel qui peut
croire que la sous-traitance est la première
étape d'une restructuration plus profonde
(réduction des formations, licenciements
éventuels, etc.).
La sous-traitance a
également des répercussions en
termes financiers : frais de transport,
d'importation, de douanes, etc.
4. Qu'est-ce qu'une stratégie d'intégration ?
La stratégie d'intégration
consiste, pour une organisation, à prendre
en charge des opérations en amont et en
aval de son activité principale.
On
parle d'intégration en aval lorsque
l'organisation s'investit dans des stades plus
poussés d'élaboration ou de
distribution, en faisant ce qui était
jusque-là l'activité de ses
clients.
On parle d'intégration en
amont lorsqu'il s'agit d'absorber l'activité
des fournisseurs.
Lorsqu'une organisation
choisit de mettre en place simultanément
une intégration en amont et en aval, on
parle d'une stratégie de filière.
5. Quels sont les avantages et les inconvénients d'une stratégie d'intégration ?
? Une stratégie d'intégration présente un certain nombre d'avantages pour l'organisation qui la pratique :
contrôler les approvisionnements en absorbant l'activité de ses fournisseurs ;
contrôler la qualité des matières premières et récupérer les marges bénéficiaires des fournisseurs ;
contrôler son réseau de distribution en absorbant ses clients et réagir ainsi plus rapidement aux fluctuations de la demande ;
détenir plus d'avantages concurrentiels liés à l'accroissement du pouvoir de marché, à l'enrichissement de ses savoirs ou des technologies maîtrisées, à un meilleur accès aux informations, etc.
? Une telle stratégie engendre aussi un certain nombre d'inconvénients :
la multiplicité des activités entraîne une gestion plus lourde, et par conséquent, une certaine rigidité de l'organisation face aux évolutions de l'environnement ;
il y a un risque de dispersion important ; maîtriser toutes les compétences est plus difficile.
À retenir
Pour se développer,
les organisations ont le choix entre coopérer
(externalisation) ou absorber (intégration)
des partenaires. Ce sont le plus souvent les
moyennes et grandes entreprises qui ont recours à
l'externalisation dans la mesure où les
frais demeurent relativement importants
(recherche d'un fournisseur, mise en place de
moyens de communication, etc.).
Toutefois,
avec le développement des nouvelles
technologies de l'information, les PMI (petites
et moyennes industries) disposent de solutions
pour un coût moins élevé.
Internet propose, par exemple, des places de
marché virtuelles B to B
(Business to Business) qui leur permettent aux
entreprises de proposer leurs offres et de
trouver des sous-traitants dans tous les
domaines.
Ces modes de croissance peuvent
faire appel à différentes modalités
juridiques, telles que la fusion, la prise de
participation, etc.
















