Le Deuxième Sexe - Simone de Beauvoir

Le Deuxième Sexe - Simone de Beauvoir

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Publié le 5 déc. 2013 - Donne ton avis

Le Deuxième Sexe est un essai écrit par Simone de Beauvoir sur la condition des femmes.

 

Il se divise en deux tomes. Il est précédé d’une note indiquant que la situation qu’elle décrit, quand elle mentionne le mot « aujourd’hui », est celle de la parution du livre (1949).

 

Simone de Beauvoir est née le 9 Janvier 1908 à Paris et décédée le14 Avril 1986. Elle fut la compagne du philosophe Jean Paul Sartre. Elle même philosophe, romancière et essayiste française, elle est à la base du mouvement de libération de la femme.
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Tome 1

 

Introduction

 

Beauvoir constate que les êtres humains sont divisés en deux catégories : l’homme et la femme. Elle pose une première différence fondamentale en affirmant que l’homme se pense sans la femme et à l’inverse que la femme ne se pense pas sans l’homme : « Un homme ne commence jamais par se poser comme un individu d’un certain sexe : qu’il soit homme, cela va de soi. »

 

Elle se questionne ensuite sur les raisons de la souveraineté des hommes et le fait que les femmes ne la contestent pas. Elle précise que les femmes sont une minorité qui ne parvient pas à se regrouper comme une minorité raciale (Noirs, Blancs…) ou sociale (prolétaires, bourgeois…).

 

Première partie : Destin

 

Chapitre premier : Les données de la biologie

 

L’auteur évoque les comportements différents des femelles chez les animaux. Elle retrace les évolutions des adolescents durant la puberté et souligne que celle de la fille est plus douloureuse : « L’histoire de la femme est beaucoup plus complexe. » Elle aborde notamment les cycles menstruels, une « instabilité des glandes » qui « amène une fragilité nerveuse ».

 

Ainsi, les femmes sont plus facilement nerveuses, irritables et sensibles en raison de ces données biologiques. Puis la gestation et l’allaitement, deux actes épuisants, diminuent physiquement les femmes et les enferment dans un rôle qu’elles doivent tenir. L’écart entre les hommes et les femmes est encore agrandi par la force musculaire supérieure des hommes.

 

Chapitre deux : Le point de vue psychanalytique

 

« Freud ne s’est pas beaucoup soucié du destin de la femme. » Beauvoir observe que Freud a calqué sur la femme ses études portant sur l’homme, il a conclu que la libido féminine était dérivée de la masculine. Ce qui paraît être insuffisant aux yeux de Beauvoir qui évoque le complexe d’Electre et propose une analyse plus détaillée. Elle relate les phases de l’enfance à l’adolescence chez les deux sexes. Les hommes ont un pénis visible qui deviendra une sorte de fierté. Les femmes font un complexe d’infériorité en raison de cette absence de pénis.

 

Puis à l’adolescence elles doivent évoluer du plaisir clitoridien au plaisir vaginal, ce qui constitue une transition bien plus compliquée que celle du garçon. La philosophe souligne notamment le rôle de la sexualité dans la vie et les incidences que ces difficultés peuvent avoir sur une femme.

 

Chapitre trois : Le point de vue du matérialisme historique

 

L’auteur constate que la technique annule les différences musculaires, mais les contraintes liées à la procréation amènent la femme à avoir un rôle à la maison et à assurer le ménage : « La femme ne peut être émancipée que lorsqu’elle peut prendre part dans une grande mesure sociale à la production et n’est plus réclamée par le travail domestique que dans une mesure insignifiante. » Elle cite Engels et observe que le grand changement se situe avec les débuts de la propriété privée : « Il est impossible de déduire de la propriété privée l’oppression de la femme. »

 

Même si la technique a permis de réduire les inégalités en matière de force musculaire, la femme est contrainte par ses obligations de mère : « On ne saurait obliger directement la femme à enfanter : tout ce qu’on peut faire c’est l’enfermer dans des situations où la maternité est la seule issue ; la loi ou les mœurs lui imposent le mariage, on interdit les mesures anticonceptionnelles et l’avortement, on défend le divorce. »

 

Deuxième partie : Histoire

 

La femme connaît, selon Beauvoir, le malheur d’avoir été biologiquement programmée à créer la vie. Cela lui a permis dans des tribus primitives de s’occuper des fonctions essentielles, mais elle a toujours été considérée comme « Autre » et son culte provenait de la crainte qu’elle inspirait. La société a ainsi évolué du matriarcat au patriarcat, avec l’avènement de la propriété : la femme devient une richesse annexée. Elle accuse la religion chrétienne : « L’idéologie chrétienne n’a pas peu contribué à l’oppression de la femme […] Adam a été conduit au péché par Ève et non Ève par Adam. » Elle dénonce les lois empêchant l’autonomie des femmes.

 

Beauvoir conteste en outre les valeurs bourgeoises qui les cloisonnent. Elles sont ainsi tenues par les mœurs et les valeurs économiques. Quand la femme parvient à travailler, elle est exploitée et ce droit sera très tardivement réglementé. Beauvoir constate que les travaux producteur et reproducteur ne vont pas de pair et aborde positivement la contraception et l’avortement.

 

Elle évoque le féminisme et ses différents mouvements dans le monde (Scandinavie, U.R.S.S., Allemagne, États-Unis…). Elle conclut cette partie en mentionnant que les hommes détiennent les postes les plus importants.

 

Troisième partie : Mythes

 

Dans cette partie, Beauvoir traite principalement de l’asymétrie entre les hommes et les femmes. En effet, la femme se définit par rapport à l’homme, ce qui n’est pas le cas de l’homme. Ainsi, les mythes que l’homme conçoit concernant son « Autre » sont tellement développés qu’ils envahissent l’imaginaire de tous : la femme mère, la femme vierge, etc. « Dans la femme parée, la Nature est présente, mais captive, modelée par une volonté humaine selon le désir de l’homme. »

 

La femme est donc modelée par l’homme en fonction de ses envies. Les hommes ne veulent pas être des femmes ; ils aspirent à rester dominants, mais ils souhaitent qu’elles existent et recherchent leur réconfort. Beauvoir aborde l’acte sexuel où l’homme désire la femme et veut la posséder. L’homme peut craindre le sexe de la femme, mais l’inverse n’est pas vrai.

 

Quatrième partie : Formation

 

Chapitre premier : Enfance

 

C’est au début de ce chapitre que Simone de Beauvoir écrit : « On ne naît pas femme. On le devient. » Elle va commenter les évolutions comparées du garçon et de la fille jusqu’à la puberté. Elle constate qu’ils vivent tous deux dans la petite enfance les phases classiques décrites par Freud (stade oral, anal et génital). Mais elle constate que c’est lors du sevrage du sein que la donne se modifie pour les deux sexes.

 

Les filles vont être cajolées par leurs parents pour mieux traverser ce changement, tandis que l’éducation des petits garçons va se révéler plus dure pour qu’ils apprennent à devenir forts. Une première distinction se fait. Cette période va aussi être propice à la valorisation de leur pénis, dont l’entourage est fier, ce qui entraîner le petit garçon à l'être également. Il le verra comme un double dans lequel il pourra se projeter.

 

Comme le sexe de la petite fille n’est pas visible de l’extérieur, elle ne pourra pas bénéficier de ce double : elle recevra une poupée et commencera ainsi à développer des qualités liées à la séduction. Elle en fera avec plaisir une ménagère jusqu’à ce qu’elle comprenne que la ménagère, en l’occurrence sa mère, ait une place bien moins valorisée dans la société. Tout lui affirme que l’homme est le plus fort et que la femme est dominée. Elle doit donc accepter son infériorité et son entourage lui indique qu’elle va devoir tomber amoureuse pour être heureuse. Elle arrive ainsi assez perturbée par ces nouveautés avant ses premiers émois.

 

Chapitre deux : La jeune fille

 

Dès la puberté, la jeune fille saisit que son avenir est joué, elle devra se soumettre à l’homme. Toute la société la conditionne ainsi pour l’en convaincre. Elle ne pourra pas développer ses aptitudes physiques comme les garçons, car il lui est interdit de pratiquer les activités nécessitant force et habileté pour s’affirmer (escalade, jeux, bagarres, sports…). Elle est moins encouragée à exploiter ses qualités intellectuelles durant les études que les garçons, et elle comprend qu’elle doit tendre vers ce qui est admis comme la féminité : être docile, passive et plaire.

 

Elle est ainsi divisée entre ses aspirations propres et ce qui lui est demandé, d’où des comportements excessifs, formes de protestations. Elle cherche un miroir d’elle à travers ses journaux intimes, ses amies, puis rêve de tomber amoureuse d’hommes qu’elle ne peut atteindre. La jeune fille peut également tirer de ce trouble une force en développant des qualités d’attention, de sensibilité et de générosité. Beauvoir estime que les choses changeront quand les filles auront la possibilité de déterminer leur destin. Cette voie est déjà tracée, mais le chemin est encore long.

 

Chapitre trois : L’initiation sexuelle

 

Beauvoir constate que la sexualité des hommes et des femmes diffèrent complètement. L’homme est actif, la femme passive. L’homme est valorisé socialement par la conquête des femmes, en revanche ces dernières sont mal perçues si elles ont des relations hors mariage et elles craignent la grossesse, engageant leur avenir. Par ailleurs, la femme voit évoluer sa sexualité, passant du plaisir clitoridien au plaisir vaginal où elle dépend de l’homme.

 

Et puis elle ignore encore la crudité de l’acte sexuel et l’espère tendre. Cette transition n’est pas évidente et tout ce contexte empêche la femme de développer facilement une sexualité épanouie. Beauvoir avance que la femme est attirée par son double – la femme – et doit s’adapter à un corps plus rude d’homme. La femme peut, selon elle, atteindre un épanouissement sexuel si elle renonce avec l’homme à la lutte des sexes et qu’ils se rejoignent ensemble, avec respect et tendresse, dans la volupté.

 

Chapitre quatre : La lesbienne

 

Selon Beauvoir, l’homosexualité n’est pas anormale, ou même un vice, elle est commune à toutes les femmes. À l’adolescence, les jeunes filles recherchent leur double. Ceci étant posé, elle tente d'expliquer pourquoi certaines d’entre elles font le choix de rester homosexuelle. Car, selon Beauvoir, il s’agit bien d’un choix. Il pourrait s’expliquer par la révolte des femmes devant l’ordre patriarcal qui leur est imposé ; une éducation « virile » ; le manque et la recherche d’une mère aimante.

 

Beauvoir précise qu’aucun motif n’est déterminant, seul compte la décision de la femme. Et il repose sur un ensemble de facteurs complexes. Cependant, le choix d’être lesbienne peut aussi pour certaines entraîner des comportements excessifs : des psychoses, des scènes, un manque de spontanéité, etc. Le lesbianisme propose une réponse à certaines femmes pour dépasser le cadre qui leur est imposé.

 

Tome 2

 

Première partie : Situation

 

Chapitre premier : La femme mariée

 

Beauvoir conteste le rôle du mariage dans le bonheur des femmes, il les amène à une vie domestique où elles ne s’épanouissent pas. Les femmes sont encore dépendantes financièrement et juridiquement des hommes, c’est pourquoi de nombreux mariages sont des arrangements réalisés sans amour et qu’elles subissent.

 

Ce qui aura des conséquences sur leur vie sexuelle. Même si des substituts érotiques sont imaginés pour améliorer cette situation, ils ne peuvent pas faire oublier le manque d’amour. La « nuit de noces » est le plus souvent un traumatisme pour la jeune femme et le devoir conjugal s’avère dégradant. La domesticité de la femme amène de l’ennui et de l’aigreur envers l’homme qui passe ses journées au travail.

 

Cela vient de l’institution en elle-même qui demande un idéal dont découleront forcément ces tares, selon Beauvoir. Même si la femme peut progresser et se montrer créative dans les tâches relatives au foyer, elle estime qu’elles sont répétitives et ennuyeuses et qu’elles les poussent à éprouver de l’hostilité. Et même si la femme est respectée, elle reste dépendante de l’homme. Elle observe que le mariage d’amour a peu de chances de durer longuement, car le désir s’amenuise et les époux pensent s’appartenir l’un à l’autre.

 

Beauvoir propose un type de couple où les femmes seraient indépendantes financièrement des hommes, où les deux personnes seraient libres sur le plan sexuel, mais où l’engagement de cœur et d‘esprit dépasserait cet aspect.

 

Chapitre deux : La mère

 

Beauvoir s’attache à démonter ici que l’instinct maternel n’existe pas, qu’il est un argument du patriarcat. Elle vante les mérites de la contraception et de l’avortement, permettant à des femmes qui ne veulent pas d’enfants ou qui ne veulent pas en avoir de le choisir. Les différents moments associés à la grossesse (gestation, accouchement, allaitement…) sont vécus de manières très diverses par les femmes qui en ressentent des sentiments négatifs (angoisses, déceptions…), chaque femme vivant la situation en fonction de ce qu’est et a été son contexte personnel.

 

Beauvoir récuse avec force le fait que les mères soient forcément heureuses par leur condition. Elle dresse un portrait sévère des comportements négatifs qu’elles peuvent avoir avec leur enfant. Ainsi, selon l’auteur l’enfant n’est pas obligatoirement heureux avec sa mère et cette dernière n’est pas toujours heureuse de l’être. Beauvoir conçoit l’épanouissement de la femme avec son indépendance (le travail) et le choix d’avoir un enfant (contraception).

 

Chapitre trois : La vie de société

 

L’auteur parle de la vie de la femme au foyer dans la société. Elle doit être vêtue et maquillée avec soin, pour se montrer harmonieuse et donner une image idéale, devenir une « parure ». Elle peut profiter des mondanités, cependant celles-ci ne suffisent pas à la satisfaire pleinement. Elle peut avoir des amitiés féminines. Selon Beauvoir, certaines peuvent se révéler très épanouissantes, principalement en raison de la sincérité des femmes entre elles, mais comme les femmes sont souvent dans une situation de rivalité et que l’homme reste le dominant, peu de ces amitiés survivent.

 

Les femmes peuvent aussi par révolte se destiner à l’adultère, mais cela est extrêmement mal perçu, en tout cas bien plus que celui des hommes.

 

Chapitre quatre : Prostituées et hétaïres

 

Beauvoir examine la condition des prostituées à l’image de celle des femmes, elle se distingue ainsi des abolitionnistes, qu’elles soient bourgeoises ou féministes. Elle étudie les raisons socio-économiques qui amènent les femmes à se prostituer. Par ailleurs, elle souligne le lien de forte connivence, et parfois d’homosexualité, régnant entre elles pour se forger un monde protecteur en dehors de leur activité. Parfois, la femme mariée et la prostituée se rejoignent en raison de leur dépendance financière.

 

La prostitution ramène la femme à un objet, mais l’auteur indique aussi que certaines y sont moralement adaptées. Elle distingue les prostituées des hétaïres, qui selon elles sont des femmes qui utilisent toutes les ressources de leur personne comme un capital à exploiter. Elles peuvent être des actrices, des courtisanes, etc. L’hétaïre use ainsi de ses atouts pour séduire les hommes et bénéficie d’une certaine indépendance. Elle cite Ninon de Lenclos et constate qu’elles apportent une sorte d'égalité, parce qu'elles instrumentalisent les hommes. Toutefois, le rapport n’est pas si égal, car elles dépendant encore de leur image et donc de l’homme.

 

Selon Beauvoir, l’avènement des femmes passe par leur indépendance, grâce à un métier décent.

 

Chapitre cinq : De la maturité à la vieillesse

 

L’auteur relate ici notamment la ménopause qui sera un drame pour les femmes ayant été mariées, les femmes au foyer et celles issues de la bourgeoisie traditionnelle. La femme n’a alors plus d’utilité, ne peut plus vivre par procuration au travers de ses enfants et ses sentiments à l’égard de ses petits enfants sont ambivalents. Une fois ce stade passé, elles essaient d’être actives, mais beaucoup d’entre elles le sont pour pallier l’ennui et non atteindre un but.

 

De ce constat tragique résulte tout de même une lueur d’espoir : les jeunes femmes confrontées à cet avenir chercheront à l’éviter et à se libérer de cette condition féminine déplorable.

 

Chapitre six : Situation et caractère de la femme

 

Beauvoir analyse le caractère de la femme comme étant une résultante de sa situation et non les traits de la personnalité féminine. Ses défauts sont issus de la condition qui est accordée aux femmes. La femme n’a pas de liberté et Beauvoir soutient que si elle en a, elle saura aussi méritante et courageuse que les hommes.

 

Les femmes subissent les mystifications venant de la raison masculine, de la morale et de la religion qui lui font croire que son sort est normal. Beauvoir admet que beaucoup d’hommes également doivent répéter des tâches quotidiennes. Elle constate que certaines femmes parviennent malgré ce contexte à développer d’admirables qualités : écoute, générosité, disponibilité, délicatesse, sincérité, etc. La situation de l’homme reste tout de même plus enviable, et les femmes doivent travailler collectivement à leur propre libération, qui passe par l’indépendance.

 

Deuxième partie : Justifications

 

Chapitre premier : La narcissiste

 

L’auteur dévoile dans cette deuxième partie trois sortes de femmes (narcissiste, amoureuse, mystique) - dont parfois les caractéristiques s’entrecroisent –, qui essaient de dépasser leur condition différemment. Mais Beauvoir indique que cet effort ne sera pas récompensé.

 

La narcissiste, souffrant d’être passive et en raison de ses frustrations, se voue une admiration inappropriée. Comme elle vit également dans le regard d’autrui, elle craint toujours de perdre son pouvoir de séduction.

 

Chapitre deux : L’amoureuse

 

L’amoureuse répond à la mission qui lui a été demandé en épousant son mari : aimer ou être aimée. Elle vit l’amour comme la chose la plus sacrée de son existence et se met en valeur lorsqu’elle ressent un amour protecteur. Mais si l’amour s’érode, elle est amenée à vivre dans la jalousie et la peur de l’abandon.

 

Chapitre trois : La mystique

 

La mystique aime, elle, la religion. Elle cherche à se perdre dans cette intense croyance. Certaines y parviennent avec succès comme Thérèse d’Avila. Cette dernière a accompli des actions et s’est transcendée pour atteindre ses buts. Beauvoir critique toutefois ces trois attitudes qui mènent le plus souvent à l’échec. Elle affirme que la femme doit s’émanciper dans la recherche de la réalisation de ses propres buts ou actions positives dans la société.

 

Troisième partie : Vers la libération

 

Chapitre premier : La femme indépendante

 

L’auteur considère que la libération de la femme est en marche, mais qu’il reste encore du chemin à parcourir. Pour elle, le droit de vote, même acquis récemment, n’est pas significatif tant qu’il n’est pas rejoint par un accès égal des femmes au travail. Elle fonde beaucoup d’espoir dans le socialisme pour faire évoluer la situation.

 

Certaines femmes sont parvenues à tailler leur route avec talent dans ce contexte, mais elles ne sont pas encore égales aux hommes selon Beauvoir. La femme indépendante veut combiner les aspirations féminines – telles qu’on les lui définit – et les aspirations d’un homme : la réalisation de soi à travers un but. Ceci aboutit à l’exténuer et à ajouter à la complexité pour elle de faire un choix.

 

En effet, si elle opte pour sa réalisation, elle doit perdre sa part féminine, ce qui équivaut à renoncer à une part d’humanité. Par ailleurs, la femme indépendante rencontre de nombreuses complications dans sa vie sexuelle. La monogamie est difficile : une famille avec enfants lui demandant de décider si elle souhaite continuer activement sa vie professionnelle. Et les mœurs considérant le travail de l’homme comme plus important, elle est souvent amenée à choisir de freiner ses projets. Elle constate que les femmes les plus douées ne sont pas encore des génies, la faute revenant à un passé où on a étouffé leur talent, mais elle pense que l’avenir des femmes est en devenir et qu’elles ne manqueront pas de réussir.

 

Conclusion

 

Beauvoir aspire à une égalité des sexes, mais aussi à une fraternité entre eux. Elle souhaite que les hommes et les femmes soient égaux et cohabitent avec respect et harmonie. La guerre des sexes relève de l’histoire et non d’un destin physiologique. Selon elle, les torts sont partagés et ne s’expliquent pas uniquement par le comportement des hommes. Les hommes et les femmes parviendront à cette égalité quand les hommes ne mystifieront plus les femmes et que ces dernières ne chercheront plus à atteindre les canons de la féminité. Les hommes devront se faire à l’idée de perdre l’idéal féminin et les femmes ne plus en être complices.

 

Ce changement fera naître un monde plus androgyne où les codes seront de nouveau à définir, notamment dans la sexualité et la mixité. Cela dit, cette égalité n’empêche pas des différences entre les hommes et les femmes, ainsi que la conscience de leurs corps. Beauvoir espère une société socialiste, où la femme serait indépendante et épanouie.

5 commentaires


Valentin.L
Valentin.L
Posté le 21 févr. 2016

dommage qu’il y est ce decalage ..

Valentin.L
Valentin.L
Posté le 21 févr. 2016

on perd énormément de contenu.

Valentin.L
Valentin.L
Posté le 21 févr. 2016

Doc interessant neanmoins

cristine
cristine
Posté le 24 déc. 2014

tr intressant

Kilimop
Kilimop
Posté le 5 déc. 2013

Merci super document sur ce livre de Simone de Beauvoir !

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