Commentaire de texte : Jean Giraudoux, « Amphitryon 38 », Acte 1, Scène 5

Commentaire de texte : Jean Giraudoux, « Amphitryon 38 », Acte 1, Scène 5

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Publié le 7 déc. 2012 - Donne ton avis

Annale bac : « Amphitryon 38 » de Jean Giraudoux, Acte 1, Scène 5

En juin 2011, les étudiants de première L ont eu à passer leur épreuve anticipée de français et littérature. L’épreuve écrite et l’épreuve orale constituent à elles seules un coefficient 5, et l’épreuve écrite compte pour plus de la moitié de ce coefficient. Parmi les sujets qui leurs étaient proposés au bac de français, certains étudiants ont choisi de travailler sur le commentaire de texte de la pièce de théâtre de Jean Giraudoux, « Amphitryon 38 ». L’acte 1, scène 5 était l’extrait sur lequel les élèves de première L eurent à se pencher. Afin de vous aider à avancer dans vos révisions de façon plus efficace, nous mettons ce commentaire de texte à votre disposition gratuitement.

Ce sujet corrigé vous permettra de mieux comprendre les différentes thématiques que vous aurez vues en cours, et vous permettra donc de bien vous préparer pour votre Bac L de 2013. Vous pourrez aussi vous servir de cette annale pour vous exercer tout au long de l’année, pour préparer un devoir spécifique ou tout simplement dans le but d’enrichir vos connaissances personnelle. Dans tous les cas ne recopiez pas bêtement ce commentaire composé, cela n’ayant aucun intérêt, lisez-le plutôt attentivement et inspirez-vous en pour élaborer votre propre commentaire de texte.

Vous avez déjà travaillé sur l’acte 1, scène 5 de la pièce de théâtre « Amphitryon 38 » de Jean Giraudoux ? C’est l’occasion rêvée pour améliorer les choses qui ne vont pas. Profitez-en pour repérer les erreurs que vous auriez commises par le passé ! Cette annale du bac de français vous aidera à repérer les différents points que vous ne saisissez pas et à les travailler afin d’évoluer au maximum. Avec ce commentaire de texte gratuit, vous n’avez plus aucune excuse pour réussir votre Bac L de 2013.

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Introduction

Né le 29 octobre 1882, Jean Giraudoux est un écrivain et diplomate français surtout reconnu pour la qualité de son œuvre théâtrale. En 1929, il écrit « Amphitryon 38 », pièce de théâtre en trois actes où il reprend le mythe grec du héros éponyme dans un registre comique.

L’extrait que nous allons étudier se situe au début de la pièce et présente un dialogue entre les deux divinités Jupiter et Mercure. Afin de séduire la fidèle Alcmène qui reste insensible à son charme, Jupiter décide d’emprunter les traits de son époux Amphitryon et invite Mercure à prendre ceux de son serviteur. Cette transformation est l’occasion pour les deux dieux de mieux découvrir les sensations relatives à l’état humain.

Nous étudierons dans un premier temps la dimension humoristique de cet extrait où Giraudoux reprend plusieurs thèmes propres au genre de la comédie pour mieux aborder ensuite la réflexion proposée sur les travers de la condition humaine.

1. Une scène comique

Reprenant à son compte les éléments traditionnels de la comédie, Giraudoux met ici en place une scène désopilante durant laquelle il met à mal la dimension sacrée de deux divinités du panthéon grec.

1.1. Des dieux humanisés

Généralement mis à l’honneur dans le genre tragique, les dieux sont ici rabaissés au rang d’hommes. Cette situation pour le moins loufoque est accentuée par la volonté qu’ont Mercure et Jupiter d’être crédibles dans leur rôle respectif. Les réflexions qu’ils entretiennent paraissent en effet triviales lorsqu’on considère qu’elles sont prononcées dans la bouche de deux divinités. Le souci de Jupiter souhaitant être coiffé selon la mode du moment est particulièrement comique en raison de sa futilité qui contraste avec l’image traditionnellement grave d’un dieu auréolé de sagesse et de puissance. Mais encore, le langage employé par les deux personnages relève du registre familier. Les références à des éléments de la vie courante tel que le « fixatif » ainsi que les interjections employées par Mercure achèvent de désacraliser les deux divinités qui prêtent alors d’avantage à rire qu’à inspirer du respect et de la terreur.

1.2. Une relation maître/valet dans la tradition de la comédie

Giraudoux reprend dans cet extrait l’un des thèmes favoris de la comédie : celui de la relation entre maître et valet. Tandis que Jupiter s’est incarné dans le corps d’Amphitryon, Mercure a quant à lui pris les traits de son domestique Sosie. Bien que ces incarnations soit en accord avec la hiérarchie des deux divinités, les rôles semblent s’inverser dans ce passage où Jupiter tient bien plus de l’élève appliqué que du roi des Dieux. A l’instar des valets des comédies de Molière, Mercure est en position de supériorité face à son maître qui ne peut faire autrement que d’écouter ses conseils avisés. Tout au long du dialogue Mercure tient ainsi les rênes de la situation, n’hésitant pas à adresser à son supérieur des reproches teintés de moquerie : « Là, là, plus lentement, ménagez vos ventricules. Vous vivez en ce moment la vie d’un chien ou d’un chat. »

1.3. La tromperie

La cocasserie de la raison ayant conduit les deux divinités à prendre une apparence humaine participe au comique de situation : face à son impuissance à séduire Alcmène, Jupiter espère néanmoins la pousser à l’infidélité en prenant les traits de son mari Amphitryon. L’enjeu de l’incroyable transformation entreprise par les deux personnages se résume donc à un prétexte scabreux dans la pure veine des comédies du XVII et XVIIème siècle. Tout dieu qu’il soit, Jupiter n’est pas capable de parvenir à ses fins et doit se résoudre au vulgaire stratagème du déguisement pour espérer assouvir ses désirs.

2. Une réflexion sur la condition humaine

Conformément à l’idée selon laquelle le rire est un excellent moyen pour dénoncer les travers de notre société, Giraudoux entame dans cet extrait une réflexion particulièrement incisive sur la condition humaine.

2.1. L’homme : un animal périssable

La transformation entreprise par Mercure et Jupiter est l’occasion pour eux d’appréhender pour la première fois la réalité du corps humain. Dès le début de l’extrait, l’accent est mis sur la dimension éphémère de l’existence humaine, vouée au vieillissement et à la disparition. La première constatation faite par Jupiter concerne ainsi l’inévitable dégradation physique de son corps que chaque seconde rapproche un peu plus de la mort : « Ce que je constate surtout, devant un homme, devant un corps vivant d’homme, c’est qu’il change à chaque seconde, qu’incessamment il vieillit. ». Afin d’entrer dans la peau de son personnage, Jupiter doit avant tout prendre conscience de sa mortalité et la présente comme l’essence même de l’humanité : «Et pour m’y habituer, je me répète : je vais mourir, je vais mourir… ». Du haut de leur immortalité, les deux divinités considèrent l’espèce humaine à l’échelle de celle des chiens, des chats ou encore des poissons. Animal voué à la mort, l’homme se définit donc avant tout aux yeux des deux personnages comme un être périssable.

2.2. La dénonciation de l’orgueil humain

Outre leurs considérations d’ordre biologique, les deux divinités se penchent également sur l’esprit humain dont ils dressent un portrait particulièrement mordant. La conception étriquée du monde dont fait preuve Jupiter lorsqu’il s’accorde à penser comme un homme s’apparente ainsi à une certaine forme de bêtise : « Mes vues de l’univers ? Je crois que cette terre plate est toute plate, que l’eau est simplement de l’eau, que l’air est simplement de l’air, la nature la nature, et l’esprit l’esprit…». Mais encore, Giraudoux pointe un doigt accusateur sur l’anthropocentrisme humain : « Ce ciel, je pense qu’il est à moi, et beaucoup plus depuis que je suis mortel que lorsque j’étais Jupiter ! Et ce système solaire, je pense qu’il est bien petit, et la terre immense, et je me sens soudain plus beau qu’Apollon, plus brave et plus capable d’exploits amoureux que Mars, et pour la première fois, je me crois, je me vois, je me sens vraiment maître des dieux. ». A travers cette réplique, Jupiter met l’accent sur l ‘aveuglement relatif à la vanité des hommes qui ont la prétention de se croire plus puissant que les dieux.

2.3. Un cœur inconstant

Tandis qu’il se prépare à séduire Alcmène, Jupiter découvre l’inconstance du sentiment amoureux tel que le conçoive les hommes : « Moi ? Aimer ? Je n’ai jamais aimé personne ! Je n’ai jamais aimé qu’Alcmène. » Au sein d’une même phrase, il passe de la négation à l’affirmation pour dire une chose et son contraire. L’amour apparaît ici comme un état émotionnel éphémère, voué à disparaître aussi vite qu’il est apparu. L’homme est incapable de constance et ne vit que pour assouvir ses lubies du moment.

Conclusion

Giraudoux réinvestit dans cet extrait les éléments traditionnels de la comédie pour les mettre au service d’une mise en scène originale où les dieux prennent la place des hommes. Le grotesque de la tromperie menée par Jupiter est l’occasion d’une savoureuse parodie d’apprentissage où maître et valet échangent leurs rôles pour le plus grand plaisir du lecteur. Mais à travers le regard des dieux, c’est surtout les hommes que Giraudoux cherche à épingler en mettant au grand jour la vacuité de leur existence ainsi que leur vanité excessive.


1 commentaire


dr4n02
dr4n02
Posté le 7 déc. 2012

Un très bon document ! Ce commentaire de texte sur la pièce Amphitryon est vraiment bien fait :) Merci beaucoup à l'auteur qui a réussi à me réconcilier avec Jean Giraudoux haha ! Continuez comme ça c'est super

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