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Bonsoir, je me suis sentie interpellée par ta question car beaucoup d'étudiants rencontrent des difficultés quant à la méthodologie. voici un document que j'ai trouvé sur internet. Si tu n'es pas satisfait, poses des questions et je te répondrai.
Eléments de méthodologie pour la préparation et la rédaction
d’un mémoire axé sur une perspective de recherche
L'expérience accumulée en matière de rapports et mémoires présentés par les étudiants
révèle l’existence de certains défauts qui semblent tenir avant tout à une méthodologie déficiente.
La présente note a pour objet de poser un certain nombre de remarques méthodologiques qui
devraient permettre aux étudiants apprentis-chercheurs de gagner du temps et d'accroître
l'efficacité de leur recherche. Il ne s'agit pas d'un "petit guide du chercheur", ce type de document
étant déjà disponible en librairie (consulter la bibliographie), mais d’un ensemble de
questionnements que chacun doit être amené à se poser à un moment ou à un autre du processus
d’élaboration de sa recherche.
Il s'agit ici de décomposer le travail de recherche, et donc de construction d’un «􀀀objet
scientifique􀀀» en un certain nombre de phases bien identifiées, le plan définitif prenant souvent
une forme différente de la démarche d'élaboration. Ces remarques n'ont enfin rien d'exhaustif, et
de nombreux aspects n'ont pas été traités : le seul but est d'aider au mieux les étudiants.
D'une manière générale, on peut distinguer 7 phases dans le travail de recherche :
1 - Expression des motivations conduisant à l’élaboration d’un mémoire􀀀;
2 - Phase de réflexion préalable conduisant au choix d'un sujet précis􀀀;
3 - Phase de formulation de l'hypothèse problématique et logique de la démonstration􀀀;
4 - Phase de documentation approfondie􀀀et d’enquête de terrain ;
5 - Vérification de l'hypothèse par traitement des données􀀀et exemplification ;
6 - Application ou rejet de l'hypothèse et mise en évidence des implications du résultat􀀀;
7 - Phase de synthèse du travail, de rédaction et de mise au point.
1 - Expression des motivations conduisant à l’élaboration d’un mémoire
Avant tout engagement dans un travail de recherche, il convient de s’interroger sur les
motivations qui conduisent l’étudiant à envisager la rédaction d’un mémoire.
S’il s’agit d’inscrire le mémoire dans la construction d’un parcours académique et
universitaire particulier, il conviendra de s’interroger préalablement sur l’adéquation du mémoire
à la poursuite de la formation envisagée (masters recherche ou professionnels (ex-DEA et ex-
DESS), maîtrise, intégration d’une école, etc.). Il sera donc notamment judicieux de se renseigner
sur les différentes conditions d’entrée requises dans les formations post-IEP.
Si le mémoire est rédigé dans une optique de recherche d’emploi, il faut savoir qu’un
travail de recherche représente toujours une mise en valeur des capacités du candidat. Il constitue
une carte de visite grâce à laquelle l’employeur peut apprécier les qualités de synthèse, de
traitement de données, de présentation et de communication du candidat. Il permet également
d’éclairer un peu de la personnalité de ce dernier, en particulier à travers le type de sujet et de
thématique de recherche qu’il a été amené à choisir, et donc à travers ses motivations de
recherche.
Parfois, la motivation n’est liée ni à une perspective professionnelle, ni à une poursuite
d’études, mais tout simplement à l’envie de comprendre et de «􀀀décortiquer􀀀» un problème, une
question.
Dans tous les cas de figure, l’entreprise doit être mûrement réfléchie car elle implique un
investissement en temps, et donc une capacité à vivre une période plus ou moins longue avec son
sujet. Il s’agit également d’un défi sur soi qui procurera un enrichissement personnel à partir du
moment où tout le processus aura été couvert et donnera à l’étudiant le sentiment d’avoir réussi,
d’avoir relevé le défi qu’il s’est fixé. Il s’agit enfin d’un engagement sur une durée qui va au-delà
du travail classique des cours et des CDM et qui implique par conséquent de s’y consacrer
pleinement, ce qui peut occasionner des alternances de phases de grande satisfaction, mais aussi
de découragement.
Quelques principes de base doivent à ce titre être connus de l’étudiant dès l’entrée dans le
processus de recherche.
Tout d’abord, la recherche dans laquelle il va s’engager s’inscrit forcément dans une
histoire dont les limites sont constituées par l’acceptation de l’engagement, au tout début du
processus, à la soutenance, à l’extrême fin de ce même processus. Cela signifie qu’à partir du
moment où la décision est prise d’engager une recherche, le temps est compté. Il est donc
impératif, dès le départ, d’adopter un calendrier et de s’y tenir. Le temps passe toujours plus vite
qu’on le pense, et peut être amputé par des circonstances imprévues (maladie, rédaction plus
longue que prévue, temps de frappe sous-estimé, panne d’ordinateur... cela arrive toutes les
années). Les institutions que le candidat souhaite consulter peuvent être fermées à certaines
périodes de l’année et si la documentation est commandée à l’étranger, il convient de prévoir les
délais d’acheminement. Les personnes que l’on souhaite avoir en entretien peuvent également
avoir des indisponibilités ou être amenées à changer de poste. C’est pourquoi, le candidat doit dès
le départ accepter l’idée qu’il doit être actif dès les premiers instants et dominer au plus vite son
travail afin d’anticiper les problèmes qui ne manqueront pas d’émailler le processus de recherche.
2 - Phase de réflexion préalable conduisant au choix d'un sujet précis
Le problème essentiel de cette phase consiste à passer progressivement d'un thème de
caractère assez général qui vous intéresse à un véritable sujet donnant naissance à une
problématique et donc à un projet, c'est-à-dire à une perspective opérationnelle de recherche
dans un domaine délimité. Cette réflexion préalable doit conduire à répondre à toute une série de
questions et à se déterminer face à un ensemble d'aspects. Il est ainsi indispensable de prendre
clairement position sur les points suivants :
a - Délimitation du domaine étudié, de la "matière" et de l'objet de la recherche􀀀;
b - Délimitation de l'unité de temps et de l'espace sur lesquels porte l'investigation􀀀: un terrain
d’investigation donc􀀀;
c - Choix d'une méthode d'analyse (inductive, déductive, approche empirique ou théorique, macro
ou micro analyse, étude historique longue ou plus récente, etc.)
d - Positionnement analytique et problématique (à quel corps d'analyse et à quelle démarche
théorique se rattache le chercheur ?). Il s'agit de montrer que le sujet prend place dans un système
d'analyse particulier et dans une certaine vision du processus étudié ; ceci doit permettre d'éclairer
le sujet et de faciliter sa compréhension. Une mise au point bibliographique est donc toujours
nécessaire pour situer le «􀀀champ􀀀» de votre étude,􀀀par rapport à ce qui a déjà été écrit sur le sujet
ou sur des sujets connexes.
e - Mise en perspective de la spécificité du sujet, de son intérêt propre et de ce qui permet
d'envisager son traitement comme un apport au domaine auquel il se rattache ; par là, l'étudiant
vient à préciser son apport personnel et évite de faire une simple compilation.
f - Perspective globale et rapide sur la documentation disponible ; cette démarche est
indispensable pour pouvoir, dès la première phase, être en mesure de préciser :
- les études disponibles portant déjà sur le sujet􀀀;
- les données et la documentation disponibles, ou à constituer, pour réaliser l'étude.
Cette sous-étape ne doit pas être négligée. C’est elle qui va permettre de dire si le projet est
réalisable ou non. Le candidat doit donc être actif dès le départ et s’assurer de la « faisabilité » de
son sujet. Cela implique de dépouiller systématiquement, notamment via internet et les banques
de données qui y sont accessibles, les catalogues des bibliothèques à consulter, de faire un
premier point de revues utilisables, éventuellement des travaux universitaires réalisés sur le
thème-sujet mais non publiés (rapports, mémoires, thèses)... et d’évaluer les manques à combler.
A la fin de cette première phase, on doit aboutir à une conception opérationnelle d'un sujet
précis, des possibilités de le traiter, et de la manière dont il sera abordé. Cette phase doit donc se
terminer par une première note-bilan constituant le point de départ, répondant au moins à
l'ensemble des questions soulevées et permettant de savoir d'où l'on part et où on va.
3 - Phase de formulation de l'hypothèse problématique et logique de la démonstration
Le travail exploratoire de la phase précédente doit conduire à l'une des étapes décisives de
toute recherche : le choix et la définition d'une hypothèse problématique centrale dans le champ
préalablement délimité. Cette hypothèse ne peut être "abstraite" ni donnée a priori par le terrain
ou les acteurs eux-mêmes. C’est forcément une construction du chercheur et le résultat d'une
première réflexion qui permet un va-et-vient entre les premiers éléments de terrain et le travail
intellectuel de lecture qui a commencé à être entrepris.
Cette hypothèse problématique fondamentale doit être explicitée dès le début. Elle doit
permettre de tracer un fil conducteur, un schéma de démonstration, une progression du
raisonnement. Avec cette hypothèse, il faut également préciser les conditions nécessaires à sa
«􀀀vérification􀀀» grâce à un processus d’exemplification via le terrain empirique ou théorique qui a
été choisi pour l’étude.
4 - Phase de documentation approfondie
Il s'agit, à partir de l'analyse précédente, de procéder au travail de documentation en
profondeur. Quelques règles générales doivent être ici respectées :
- toujours inscrire les références très précises des documents utilisés􀀀;
- ordonner la documentation collectée􀀀;
- multiplier les "explorations" des sources de première main possibles (bibliothèques et dépôts
d’archives publics et privés, entretiens, observations directes, questionnaires, ...)􀀀;
- ne pas manquer les références fondamentales sur la question, celles qui font date et fournissent
un bilan de départ (parfois un bref article joue ainsi un rôle "pionnier" et de très nombreuses
études en découlent, il faut donc le lire à fond)􀀀;
- à partir de là, on peut lire très vite un nombre élevé de documents en recherchant ce qu'ils
apportent de nouveau par rapport aux lectures de base ; il est très important de savoir distinguer la
source fondamentale de la simple source de complément : c'est l'un des aspects de l'apprentissage
de la recherche􀀀;
- périodiquement, faire un bilan de ce que l'on a acquis comme information, et de ce qui manque
par rapport à la thèse à soutenir, à l'hypothèse à démontrer􀀀;
- il faut aussi savoir s'arrêter, en considérant le mémoire comme l'étape d'une recherche qui
pourra se poursuivre sous une autre forme (mémoire de master, thèse de doctorat).
5 - Phase de vérification de l'hypothèse par traitement des données et sources de l’enquête
Il s'agit de la phase critique de toute recherche, celle de l'utilisation des données et des
sources collectées et rassemblées pour procéder à la vérification de l'hypothèse. Elle implique :
- un classement des données ;
- une hiérarchisation par ordre d'importance􀀀;
- une réflexion sur la méthodologie, à travers notamment la constitution du corpus de sources et
son exploitation (ne pas oublier de se poser la question des éventuels biais et limites de ces
sources et des conditions de collecte des données)􀀀;
- un traitement quantitatif (statistique) et/ou qualitatif􀀀;
- une analyse de résultat.
La démonstration permet-elle de vérifier l'hypothèse de départ ? Quelles sont les lacunes,
mais aussi quels sont les points forts ?
A ce stade, on a donc tous les éléments de la démonstration. On peut en principe adopter
un plan (quasi définitif) qui sera utilisé pour la rédaction.
6 - Application ou rejet de l'hypothèse et mise en évidence des implications du résultat
S'il apparaît que l'hypothèse centrale est vérifiée (au besoin avec l’introduction de
contraintes ou de spécifications), il faut en étudier les conséquences. Comment la question
problématique de départ est-elle redéfinie – ou non – par les «􀀀découvertes􀀀» faites au cours de la
recherche􀀀? Quelles sont alors les éventuelles positions du chercheur sur le problème traité ? Tous
ces éléments doivent déjà être contenus implicitement dans l'analyse précédente.
S'il apparaît que l'hypothèse n'est pas vérifiée, en tirer aussi les conséquences : soit par
une hypothèse de remplacement, soit par le caractère positif d'une démonstration montrant a
contrario la nécessité d'une remise en cause d'hypothèses généralement admises. Dans tous les
cas, développer les implications et les conséquences de la recherche effectuée.
A ce moment, les phases de recherche proprement dites peuvent être considérées comme
achevées. Le travail est cependant loin de l'être, puisqu'il faut mettre en forme la recherche pour
en permettre la communication à des tiers ou le cas échéant, à la communauté scientifique.
7 - Phase de synthèse du travail, de rédaction et de mise au point
Ne pas sous-estimer le temps nécessaire à cette phase. Il est toujours plus long qu'on ne le
pense, et tout à fait fondamental pour valoriser la recherche entreprise (songer à la soutenance et
à une future candidature professionnelle ou à une recherche doctorale).
Les principes de base sont les suivants :
- être clair, précis, concis : cela veut dire notamment éliminer de la rédaction tout ce qui n'est pas
indispensable pour le sujet et la démonstration􀀀;
- éviter les doubles emplois et les répétitions (un bon plan seul permet d'y arriver)􀀀;
- l'introduction définitive n'est en général rédigée qu'à la fin, car elle doit présenter le travail, le
situer, évoquer les problèmes liés au sujet􀀀;
- préciser dès l'introduction, le sujet, la problématique, la ou les hypothèses, la méthodologie et le
protocole d’enquête, le plan de recherche enfin􀀀;
- le lecteur doit être intéressé dès le départ (éviter de le noyer dès la première ligne avec des
concepts compliqués et abscons)􀀀;
- le plan est important, mais n'est pas posé a priori ; il provient logiquement de la démarche
même et de la démonstration. Un plan en deux parties le plus souvent, éventuellement en trois
parties si le sujet s’y prête, est recommandé.
- les subdivisions doivent être nombreuses, clairement indiquées, hiérarchisées selon une
structure logique : numérotation décimale (1.1 ; 1.2 ; 1.1.1 ; 1.1.2 ; 1.2.1 ; 1.2.2) ou traditionnelle
(I - A - 1 - a)􀀀;
- les références doivent être clairement indiquées. Pour cela, faire figurer en note de bas de page,
toutes les références des sources d'information ou des ouvrages auxquels sont empruntées les
citations. Faire figurer également d’autres citations (dont il faut fournir les références précises)
qui peuvent venir renforcer le texte (elles sont alors précédées de l’abréviation cf. ou Cf., du latin
confer : comparer) ; des renvois à d’autres passages du mémoire (précédés de l’indication “ voir
supra ” pour renvoyer à une page antérieure ou “ voir infra ” pour renvoyer à une page
postérieure) ; des illustrations, des exemples, des précisions ou des détails qui n’ont pas leur place
dans le corps du texte ;
- toute citation doit être intégralement retranscrite entre guillemets􀀀;
- les citations doivent correspondre exactement au texte original. L’auteur est responsable de leur
exactitude. Si elles sont courtes (1 à 2 lignes), elles seront données dans le texte, en romain, entre
guillemets. Si elles sont longues (plus de 2 ou 3 lignes), elles seront sorties du texte, indiquées
par un retrait à gauche, un espace avant et un espace après, sans guillemets, références entre
parenthèses.
- les interventions de l’auteur dans le texte d’une citation (suppressions, adjonctions ou
remplacements de mots ou de lettres) seront indiquées entre crochets :
– coupures de texte : […] ;
– modifications : pren[aient] ;
– commentaires : [il est ici question du Monde] ou [nous soulignons].
Ne pas oublier la ponctuation, avant ou après la coupure.
- toutes les citations en langue étrangère seront traduites, l’original donné éventuellement en note.
- les guillemets de premier niveau, à utiliser en priorité, sont les guillemets français : « » ;
les guillemets anglais ne seront utilisés qu’au second niveau, à l’intérieur des précédents : « Vous
avez dit “bizarre” ? » ; n’utiliser les guillemets que pour préciser le sens des mots mentionnés ;
pas de guillemets d’atténuation ou de modalisation.
- un plan sommaire doit être présenté en début de l'ouvrage􀀀;
- ne pas hésiter à "faire le point" en fin de chapitre (acquis du chapitre, où en est-on de la
démonstration, a-t-on progressé ?)􀀀;
- soigner le bibliographie en la classant alphabétiquement et en citant intégralement les références
(auteur, année, titre, revue, collection, édition, nombre de pages, édition) ; on veillera à ne citer
que les ouvrages effectivement lus􀀀et/ou utilisés ;
- une tendance actuelle est à la sur-représentation, dans les bibliographies, d’articles de presse et
d’informations glanées sur internet. Il convient d’être prudent avec ce type de support qui, s’il
peut parfois être justifié, ne saurait se substituer à des ouvrages classiques􀀀;
- soigner l'orthographe, la ponctuation, la mise en page et le style􀀀;
- penser le cas échéant à prévoir des listes de sigles utilisés (s’ils sont nombreux), un index de
tableaux et graphiques, des récapitulatifs divers, sans oublier la numérotation des pages􀀀;
Des informations complémentaires concernant la mise en forme du mémoire et la rédaction des
références bibliographiques sont disponibles sur le site web de la documentation : http://dociep.
univ-lyon2.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/misenforme.html
Enfin, on ne le répétera jamais assez, faites des copies de sauvegarde régulièrement. Les
ordinateurs peuvent être aisément programmés pour déclencher une sauvegarde toutes les 10
minutes ou moins. C’est une garantie non négligeable qui peut éviter bien des frayeurs. Et comme
le disque dur de votre machine n’est pas non plus infaillible, pensez à faire des copies régulières
sur disquettes. L’expérience incite à recommander trois copies de sauvegarde sur disquette et une
sur Zip. La sauvegarde du texte sur deux postes différents n’est pas superflue.
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE EN METHODOLOGIE
DE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES
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ROUVEYRAN J. C. (1989), Mémoires et thèses. L’art et les méthodes,
Maisonneuve et Larose.
VAIRIEL Hélène (1989), La présentation matérielle d'un manuscrit
dactylographié, Paris, Nathan.
(*) Ouvrages essentiels, fortement recommandés et/ou les plus accessibles.
Dernières modifications : octobre 2005
avec plaisir.
lahfedina
   
27/01/2010
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