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Fab34 - Mise à jour : 04/03/2010
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Niveau : Bac+1
Extrait / Introduction
Extrait / Introduction :
Le cinquantenaire de l'"appel de l'abbé Pierre" lancé le 1° février 1954 a au moins remis au devant de la scène le problème social du logement. Selon le rapport annuel remis le 28 janvier 2004 par la Fondation Abbé Pierre (FAP), la France compte aujourd'hui plus de 3 millions de mal-logés (3 386 500), 86 500 sans domicile fixe, 200 000 aux portes du logement (en voie d'exclusion), 500 000 personnes vivant en habitat provisoire et 1 300 000 en surpeuplement critique. L'amélioration indéniable du niveau de vie depuis les années 1950, les politiques du logement n'ont pas suffi à conjurer ce fléau social. Sans domicile fixe morts cet hiver par le froid, personnes pauvres incapables d'assumer le loyer et les charges d'un logement, personnes expulsées selon une procédure légale, ils rappellent tous que le logement, droit fondamental de la personne humaine à vivre dans des conditions matérielles minimales décentes pourrait encore être un luxe puisqu'il n'est pas unanimement partagé. Si en finir fini avec la pauvreté est impossible dans la mesure où il y aura toujours le plus pauvre de quelqu'un, tâchons "d'ouvrir les deux yeux", à la demande renouvelée de l'abbé Pierre. L'un, dit-il lui-même, pour percevoir où est le mal, l'autre, pour le combattrePlan
Plan :
I. La privation de logement comme facteur d'exclusion. II. Les causes de l'exclusion par le logement. III. Esquisse de solutions au phénomène de l'exclusion par le logement. ConclusionExemple de page de Logement et exclusion
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Logement et exclusion |
Le
cinquantenaire de l'"appel de l'abbé Pierre" lancé
le 1° février 1954 a au moins remis au devant de la scène
le problème social du logement. Selon le rapport annuel remis
le 28 janvier 2004 par la Fondation Abbé Pierre (FAP), la
France compte aujourd'hui plus de 3 millions de mal-logés (3
386 500), 86 500 sans domicile fixe, 200 000 aux portes du logement
(en voie d'exclusion), 500 000 personnes vivant en habitat provisoire
et 1 300 000 en surpeuplement critique. L'amélioration
indéniable du niveau de vie depuis les années 1950, les
politiques du logement n'ont pas suffi à conjurer ce fléau
social. Sans domicile fixe morts cet hiver par le froid, personnes
pauvres incapables d'assumer le loyer et les charges d'un logement,
personnes expulsées selon une procédure légale,
ils rappellent tous que le logement, droit fondamental de la personne
humaine à vivre dans des conditions matérielles
minimales décentes pourrait encore être un luxe
puisqu'il n'est pas unanimement partagé. Si en finir fini avec
la pauvreté est impossible dans la mesure où il y aura
toujours le plus pauvre de quelqu'un, tâchons "d'ouvrir
les deux yeux", à la demande renouvelée de l'abbé
Pierre. L'un, dit-il lui-même, pour percevoir où est le
mal, l'autre, pour le combattre.
En quoi la privation de logement
est-elle facteur d'exclusion? Quelles sont les causes essentielles de
cette exclusion? Quelles solutions peuvent-elles être
esquissées?
1. "L'exclusion" est un terme à vrai dire générique, englobant aussi bien la précarité, la pauvreté, la déviance, la désaffiliation ou sortie de l'insertion sociale et professionnelle. Elle présente le désavantage de désigner un état plutôt qu'un processus et donc de ne pas rendre compte de la multiplicité et de la complexité des situations qu'elle recouvre (le Rmiste sans logement, le chômage longue durée, la mère de famille séparée travaillant à temps partiel, etc.). On l'entendra donc ici en un sens dynamique, comme le fait de ne plus investir un logement ou d'être mal logé, que ce soit par choix ou contrainte et de manière durable ou temporaire. Le logement signifie avant tout le "chez soi", le domicile propre ou l'espace privé dans lequel se déroule et se construit notre vie privée. Ne pas jouir d'un logement revient alors à ne pas disposer d'un espace propre, ou encore à être de nulle part. L'identité sociale et personnelle, voire biologique, si on n'oublie pas que l'individu se développe dans un milieu ou territoire propre, sont du coup niées. L'axiome pourrait être le suivant : "pas de moi sans toit". Un individu privé de logement est coupé de toutes racines, des conditions décentes de la construction de sa vie privée, du bien-être individuel, de relations sociales continues et encore de passeport social minimal pour vivre pleinement. C'est le "cagot" (personne mise à l'écart de la société, descendant présumé de lépreux) d'autrefois. Ce sont aujourd'hui les SDF, les demandeurs d'asile, les gens du voyage, les pauvres ou les expulsés.
2. Le logement fonde l'identité sociale parce qu'il est à la fois cause et conséquence de la place sociale obtenue grâce au travail. Pas de travail ni même de perception de certaines aides sociales sans adresse personnelle; et réversiblement pas de logement non plus sans travail, puisqu'un salaire et des garanties de paiement conditionnent son accès. Nous savons que c'est le problème de beaucoup de jeunes de moins de 25 ans, à la fois touchés par le chômage et non bénéficiaires du Revenu minimum d'insertion (RMI).
3. Condition du travail, le logement est également condition de la citoyenneté ou de l'ouverture au droit de vote tout autant soumis à la possession d'une adresse.
4. Le logement est en soi la condition même du droit au logement. Les bailleurs sont réticents à louer un logement à quelqu'un n'ayant pas de domicile fixe ou ayant déjà subi une expulsion.
5. La possession d'une adresse garantit encore un droit à la consommation. C'est le cas de l'achat d'une télévision afin que le Trésor Public puisse encaisser la redevance télévision.
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Le document Logement et exclusion appartient à la rubrique Sociologie qui elle même appartient à la thématique Social.
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