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Les 4 saisons du Revest - Mise à jour : 19/04/2012
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Niveau : Autre
Extrait / Introduction
Commentaire sur le thème du deuil par le psychanalyste Paul Mathis, pilier des Agoras du Revest, partenaire exclusif de Doc-etudiant. Hommage à son talent.
Introduction
J'ai aperçu en télévision, ce qui reste des ossements de Pétrarque. Image rapide qui ne m'a pas permis de m'attarder, plus anatomiquement sur ces derniers témoins. Certes il nous a laissé un héritage précieux de lecture dû à son écriture nous confirmant ce que la vie nous donne. Pourquoi, dans le millénaire qui est le nôtre, la mort conserve-t-elle une telle prévalence ?
Le deuil nous rassemble ce soir.
De quoi est faite notre tristesse, notre interrogation en présence du corps mort ? Quel souci a-t-on d'une certaine conservation du corps mort???Image de ce que fût la vie. Cette mutation nous renvoie à cet autre pôle, celui de la mort.
Je veux pointer à ce niveau, que là, malgré l'exubérance de la vie, il y a déjà le fantasme de la mort. Et selon les cas, le corps mort dont nous nous approchons, nous renvoie à son origine, quant à savoir si la vie de chacun a été suffisamment radicale.
Plan
Exemple de page de Faire son deuil de quoi? par Paul Mathis
PAUL
MATHIS
FAIRE
SON DEUIL DE QUOI ?
Partenaire exclusif de Doc-etudiant .fr : http://les4saisons.over-blog.com/
J’ai
aperçu en télévision, ce qui reste des ossements
de Pétrarque. Image rapide qui ne m’a pas permis de
m’attarder, plus anatomiquement sur ces derniers
témoins.
Certes
il nous a laissé un héritage précieux de lecture
dû à son écriture nous confirmant ce que la vie
nous donne.
Pourquoi,
dans le millénaire qui est le nôtre, la mort
conserve-t-elle une telle prévalence ?
Le
deuil nous rassemble ce soir.
De
quoi est faite notre tristesse, notre interrogation en présence
du corps mort ? Quel souci a-t-on d’une certaine conservation
du corps mort???Image de ce que fût la vie.
Cette
mutation nous renvoie à cet autre pôle, celui de la
mort.
Je
veux pointer à ce niveau, que là, malgré
l’exubérance de la vie, il y a déjà le
fantasme de la mort. Et selon les cas, le corps mort dont nous nous
approchons, nous renvoie à son origine, quant à savoir
si la vie de chacun a été suffisamment radicale.
Je
place ici, d’emblée, la netteté ou l’insuffisance
du désir de vie pour nous chez ceux qui avaient pour désir
ou pour mission de nous faire naître.
Notre
vie, au départ était dans le désir des autres.
De tous les autres, grands et petits.?En ce point le conditionnement
de la vie n’a pas changé depuis des siècles,
tantôt médiocre, tantôt remarquable.
Nous
portons même, depuis des siècles, le même
conditionnement dicté par le Grand Autre, vis à vis
duquel, le désir personnel des géniteurs reste souvent
incertain.
Face
à un corps mort que nous regardons, dont nous regrettons la
vie, se pose la façon dont le travail du deuil exercera son
efficacité. Schématiquement, ce travail a deux façons
de se mettre en place.
L’acceptation
de la mort, sous différentes modalités, ou au contraire
la mise en question de la mort.
Ici
se pose, radicalement, l’origine du désir de vie, pour
soi et pour l’autre. Schématiquement, deux pôles.
Celui de la jeune femme qui désire un enfant et celui du Grand
Autre qui impose un verdict qui ne tient compte que de sa dictature.
Vie ou mort.
Le
chagrin, probalement le plus authentique est celui qui navigue entre
ces deux pôles. Il tient d’une ambiguïté qui
pose la question du sujet, de son désir et en premier de son
désir de vie.
Le
chagrin que nous pouvons ressentir en présence d’un
corps mort interroge le sujet sur ce qu’il perçoit d’une
insuffisance face aux schémas auxquels il s’est soumis
par manque de discrimination et par peur.
Je
ne veux pas paraître trop critique. Je suis critique certes à
l’égard du Grand Autre, mais je reste très
attentif à la réflexion que nous propose le corps mort,
qui nous renvoie encore quelques reflets de vie, même dans les
ossements secs de Pétrarque.
Le
travail de deuil me paraît reposer sur deux points ; les
souvenirs vivants que l’on a du défunt, et le désir
de vie prévalent sur les interdictions et les incertitudes.
Le
désir de vie est exemplaire chez le petit enfant.?Et je
retrouve son regard, vif, curieux, interrogateur, derrière les
paupières closes du corps mort.
L’adulte
apprend la vie, essentiellement, dans ce que le petit enfant, pas
encore éduqué, offre de beauté, d’intelligence
et d’amour.?Le corps mort renvoie à ce qu’il fut
vivant, particulièrement critique, s’il est encore un
peu enfant, à tout ce qui peut être hostile au corps
vivant.
Mais
la mort est implacable dans le réel et c’est peut-être
parce qu’elle est implacable que le pouvoir s’en est
emparé comme arme absolue, mettant à son service
la science qui s’en est accommodée fondamentalement.
On
a fait un détour en donnant à la vie un autre contexte
après la mort, si on a été sage.
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Le document Faire son deuil de quoi? par Paul Mathis appartient à la rubrique Sciences sociales qui elle même appartient à la thématique Social.
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