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khourima - Mise à jour : 04/11/2009
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Niveau : Bac+2
Extrait / Introduction
Extrait / Introduction :
Tâchons tout d’abord de caractériser l’éthique reconstructive en suivant les trois dimensions du temps. À la fois éthique de la responsabilité tournée vers le passé et éthique de la réconciliation tour-née vers l’avenir, elle apparaît dans la dimension du présent comme une éthique de la reconnaissance – reconnaissance de l’autre en tant qu’être vulnérable. Ce genre de détermination, il est vrai, ne suffit pas à faire comprendre de l’intérieur, comme si on le vivait soi-même, le geste fondamental de l’éthique reconstructive.Plan
Plan :
INTRODUCTION I)Le thème du destin. II)La lutte à mort pour la reconnaissance. III)L’amour et le pardon IV)Vers une sécularisation de l’utopie de la rédemption V)Les registres du discours.Exemple de page de Ethique reconstructive
Qu’est-ce que l’éthique reconstructive ?
La résolution des conflits dans les relations conjugales, sociales et internationales.
Tâchons tout d’abord de caractériser l’éthique reconstructive en suivant les trois dimensions du temps. À la fois éthique de la responsabilité tournée vers le passé et éthique de la réconciliation tournée vers l’avenir, elle apparaît dans la dimension du présent comme une éthique de la reconnaissance ? reconnaissance de l’autre en tant qu’être vulnérable.
Ce genre de détermination, il est vrai, ne suffit pas à faire comprendre de l’intérieur, comme si on le vivait soi-même, le geste fondamental de l’éthique reconstructive. Pour cela, nous devons faire appel à notre expérience ainsi qu’à celle des autres, et user d’imagination. Il nous faut prendre en vue le négatif des relations passées, le passif accumulé avec les offenses, violences, humiliations et injustices, qui obèrent des relations présentes et à venir. Ces situations de souffrance morale appellent une réparation d’ordre symbolique. Là, en effet, ce n’est pas une réparation matérielle que poursuit la réclamation éthique. En parlant d’un besoin de réparation symbolique, on appelle un geste de parole : parole d’aveu, de contrition, de pardon, de compassion, d’empathie, de reconnaissance. Dans tous les cas, l’attente morale porte sur un geste compréhensif, réceptif à la vulnérabilité d’autrui.
Mais pourquoi parler d’une éthique de la reconstruction, plutôt, par exemple, que d’une éthique de la sollicitude ? Et que veut dire reconstruction ? Reconstruire quoi et comment ?
S’agirait-il de restaurer une relation ? à vrai dire, le but, le télos interne de la reconstruction n’est pas spécialement de remettre une relation en état. On ne peut retrouver le passé que sur le mode du souvenir. Il est illusoire d’imaginer recommencer une relation, la reprendre à zéro. Aussi la finalité propre, essentielle à la démarche reconstructive, n’est-elle pas de rétablir l’état antérieur au conflit, mais avant tout d’élucider et faire reconnaître, de part et d’autre de la relation, le vécu de chacun ; que chacun comprenne et vive la façon dont l’autre a vécu le conflit que lui-même a vécu. Dans une guerre ou un divorce, l’histoire semble une : vu de l’extérieur, deux nations, deux individus semblent avoir vécu le même conflit, puisque c’est leur conflit. Mais c’est une apparence trompeuse. Si vous demandez aux intéressés de raconter ce qui s’est passé, vous avez souvent des histoires bien différentes. Cette différence, lorsqu’elle reste en l’état, donne la mesure de l’« incommunication » qui continue de séparer les deux parties.
Si donc la démarche reconstructive n’est pas motivée spécifiquement par le souci de rétablir la situation en son état antérieur à la crise, on demande où réside alors le manque éthique qui en constituerait le primum movens. Or, il s’agit d’un manque plus profond, plus spirituel : celui que l’on éprouve avec le sentiment, non seulement de n’avoir su se faire comprendre, mais aussi d’avoir soi-même manqué à reconnaître chez l’autre quelque chose que l’on n’a pas voulu entendre. Au-delà de la nostalgie d’une vie perdue, il y a l’impulsion qui porte à partager avec l’autre l’expérience de la relation dévastée, c’est-à-dire à communiquer avec lui.
Ne croyons pas que ce genre de manque ou de besoin éthique ne concerne que des relations privées d’amis intimes ou de couple. Il vaut aussi pour les relations publiques, en particulier les rapports politiques entre les peuples. C’est ainsi qu’entre la nation allemande et la nation française on constate aujourd’hui comme un désir d’union longtemps réprimé. Selon de récentes enquêtes (juin 2003) concernant la cote de confiance des leaders politiques1, Jacques Chirac obtient le premier score auprès des Allemands (84%) ? y compris devant Gerhard Schröder ? ; et c’est... Gerhard Schröder qui obtient le premier score auprès des Français (76%), y compris devant Jacques Chirac ! Cette confiance réciproque entre Français et Allemands, deux peuples pourtant séparés l’un de l’autre ? depuis quinze siècles, linguistiquement, et politiquement, depuis onze ? trahit la charge affective engendrée et longtemps contenue, avec toutes ses ambivalences, où se mêlaient les sentiments contrastés d’envie, d’admiration, de haine, de crainte, de rivalité, d’hostilité, d’attrait, de ressentiment et de respect, qui, tout à la fois, les portaient l’un vers l’autre et les opposaient. Or, c’est bel et bien la démarche reconstructive, engagée depuis maintenant quarante ans, qui a libéré l’élan vers une unité politique affectivement ancrée.
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Le document Ethique reconstructive appartient à la rubrique Sciences sociales qui elle même appartient à la thématique Social.
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