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Y a-t-il une raison d’État ?

demios - Mise à jour : 01/12/2011

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Extrait / Introduction

Y a-t-il une raison d’État ? est un exposé de Social Politique de Lycée, proposé par demios


Extrait / Introduction :

La raison d’État se traduit par des considérations d’intérêt politique invoquées pour justifier un acte qui contredit la morale. Il est des situations où l’intégrité de l’État étant menacée, il apparaît nécessaire de commettre des actes auxquels on ne peut se livrer normalement et moralement : Henri III ou Louis XIII sont deux rois qui firent assassiner respectivement le duc de Guise et le maréchal d’Ancre car ces deux personnages risquaient de renverser l’État. La raison est appliquée à une situation politique, c’est-à-dire à l’État, un système d’institutions, incarnation de l’État, Louis XIV aurait dit : « l’État, c’est moi ! ».

La raison d'État permet d'enfreindre la loi au nom d'un impératif rationnel qui satisfasse au bien public, bien que la loi est "l'expression de la volonté générale". Cela implique en effet que son élaboration est dictée par la raison du plus grand nombre. Au nom d’une raison, peut-on, sous certaines conditions,en appeler à la raison d’État ? L’État doit-il être envisagé en fonction de la raison, ou de l’intérêt ? Dès lors, y a-t-il une raison d’État ?[...]

Plan

Plan :

  • La raison d’État permet de déroger aux lois lorsque le bien public l’exige
  • La raison d’État est donc utilisée en fonction de ce que la morale permet
  • La raison d’État est ce qui justifie des moyens immoraux pour préserver l’État
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    Exemple de page de Y a-t-il une raison d’État ?

    La raison d’État se traduit par des considérations d’intérêt politique invoquées pour justifier un acte qui contredit la morale. Il est des situations où l’intégrité de l’État étant menacée, il apparaît nécessaire de commettre des actes auxquels on ne peut se livrer normalement et moralement : Henri III ou Louis XIII sont deux rois qui firent assassiner respectivement le duc de Guise et le maréchal d’Ancre car ces deux personnages risquaient de renverser l’État. La raison est appliquée à une situation politique, c’est-à-dire à l’État, un système d’institutions, incarnation de l’État, Louis XIV aurait dit : « l’État, c’est moi ! ». La raison d'État permet d'enfreindre la loi au nom d'un impératif rationnel qui satisfasse au bien public, bien que la loi est "l'expression de la volonté générale". Cela implique en effet que son élaboration est dictée par la raison du plus grand nombre. Au nom d’une raison, peut-on, sous certaines conditions,en appeler à la raison d’État ? L’État doit-il être envisagé en fonction de la raison, ou de l’intérêt ? Dès lors, y a-t-il une raison d’État ?



    La raison d’État permet de déroger aux lois lorsque le bien public l’exige : l’homme politique chargé de prendre les décisions est amené alors à enfreindre la loi pour une bonne cause. Cette bonne cause produira donc les bons effets : préserver l’État. Il est donc nécessaire de définir les conditions à partir desquelles on peut prétendre faire un bon usage de la raison d’État : premièrement, il doit bien s’agir de l’utilité du public, et non des particuliers qui exercent le pouvoir. En quelque sorte, il existe une loi suprême, qui prime sur toutes les autres : celle du salut public ; secondement, et de façon évidente, ceux qui invoquent la raison d’État doivent être les représentants d’un pouvoir légitime. Un homme qui, par un coup d’État, prend le pouvoir, ne peut invoquer la raison d’État pour faire assassiner ses opposants au prétexte qu’ils menacent l’État car cet homme a d’abord été lui-même une menace pour l’État. Selon Platon « le mensonge est inutile aux dieux, mais utile aux hommes sous forme de remède, il est évident que l’emploi d’un tel remède doit être réservé aux médecins, et que les profanes n’y doivent point toucher » (La république). Troisièmement, si la légalité est outrepassée par les moyens mis en oeuvre par la raison d’État, cela demeure ponctuel et la légalité n’est pas abolie, elle demeure la référence commune. Finalement et quatrièmement, la raison d’État n’est invoquée qu’en des circonstances précises où il y a urgence et nécessité. Le danger, brutal, nous impose d’agir vite, et sous l’emprise de l’obligation d’y répondre. Aristote donne l’exemple de marins, qui, dans la tempête doivent jeter une partie de leur cargaison à la mer. Si ces marins le font de façon volontaire, ils le font aussi à regret.

    Dès lors, la raison étant ce qui motive un acte, en l’expliquant, son emploi semble être justifié dans l’expression de raison d’État. C’est le motif au nom duquel l’État agit pour son bien et sa conservation. Cette conception de la raison d’État est bien rationnelle : elle est le résultat d’une démarche déductive qui lie des moyens vers une fin qui demeure le salut de l’État, et par là-même le salut public ; comme elle est aussi raisonnable : certes, en préservant l’État, la raison neutralise donc un danger qui peut être un particulier ou un autre État. Mais ceux-ci s’étant déclarés ennemis de l’État en le menaçant, ils lui deviennent étranger, et n’importent pas ou peu. Ce qui importe finalement, c’est que l’on puisse distinguer de façon claire la ruse légitime de la tromperie immorale, la première étant permise par la raison d’État, la seconde ne l’étant pas. Or, cela n’est pas toujours aisé : le massacre des protestants de Paris lors de la Saint Barthélémy fut célébrée par Philippe II d’Espagne comme une décision louable pour la salut de la Chrétienté, et comme une horreur consternante et condamnable pour Élisabeth Ière d’Angleterre.


    La raison d’État est donc utilisée en fonction de ce que la morale permet, mais cette frontière n’est pas nette. Qui peut affirmer avec certitude qu’un tel est un roi légitime agissant avec justice pour le bien commun, alors que tel autre est un tyran qui recherche son propre intérêt ? Machiavel renverse la pensée de Platon et Aristote : il ne juge pas par les causes, mais par les effets. C’est la fin qui importe, la recherche d’un résultat déterminé car « il m’a paru plus pertinent de me conformer à la vérité effective qu’aux imaginations qu’on s’en fait » affirme l’auteur du Prince. Les conséquences sont fondamentales : premièrement, la nature du pouvoir n’importe plus, légitime ou non. Un pouvoir pour s’imposer a dû être illégitime à un moment donné. Il est devenu légitime dès lors qu’on a oublié son origine. Le prince tel qu’il est décrit par Machiavel peut passer d’une condition privée celle de chef : peu importe si cela est légitime ou non à l’origine pour peu qu’à terme ce le soit. Secondement, la politique ne consiste plus à oeuvrer pour le bien public, mais à prendre et conserver le pouvoir : « mantenere lo stato », littéralement « rester debout ».

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