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Anis92 - Mise à jour : 24/05/2010
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Niveau : Lycée
Extrait / Introduction
Extrait / Introduction :
Jeune homme intelligent, beau et ambitieux, il naît à Verrières, petite ville imaginaire du Doubs, mais ces indications géographiques n'ont aucun caractère réaliste. Fils d’un charpentier, méprisé par son père et ses frères pour sa faiblesse physique et son goût des livres, il se passionne pour Napoléon. Le curé du village, l'abbé Chélan, lui enseigne le latin, ce qui lui permet de devenir précepteur des enfants du maire de Verrières, M. de Rênal. Il entreprend ainsi son ascension sociale en sortant de sa condition d'enfant du peuple mais en étant confronté aux classes dominantes de la province au moment de la Restauration. Il est à la fois domestique, comme le Rousseau des Confessions, et en ascension vers un statut de clerc, rêvant plus tard d'accéder au pouvoir social par le Rouge de l'uniforme militaire ou par le Noir du clergé. Ce personnage de roman de formation fait un autre apprentissage : celui de la séduction, qui renvoie aussi au jeune Rousseau et à sa rencontre avec Mme de Warrens, sensiblement plus âgée que lui. Julien rejette les avances de la servante et choisit le défi social de la conquête de la douce et fragile Mme de Rênal. Sa fougue romantique le mènera au succès sans que Stendhal approfondisse exactement ses sentiments pour Mme de Rênal dont l'amour pour le jeune homme est plus clair. Cependant la scène, au début du roman, où Julien s'impose l'enjeu de saisir la main de Mme de Rênal à la faveur du soir, montre très clairement la psychologie du jeune homme. La scène de séduction est décrite, au travers de l'ironie stendhalienne, comme une scène de combat : "Au moment précis où dix heures sonneront, j'exécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle". Chez Julien, grand admirateur de Napoléon, aucune décision ne se justifie sans l'idée de combat. Sa fierté s'explique par l'idéal guerrier qui transparaît ici : tout le roman se justifie d'après ce choix initial.Plan
Plan :
I ] Julien Sorel, un véritable personnage II] Julien Sorel, d'un registre satyrique au modèle III] La Conclusion du Mont OriolExemple de page de Skeleton in the cupboard final
Situation de Julien Sorel (1830)
Jeune adolescent, issu du monde paysan enrichi. Education classique, mémoire remarquable (récite des passages entiers des Saintes Ecritures).
Aspirations héroïques (Culte de Napoléon communiqué par un vieux chirurgien-major), mais désormais impossible dans l'univers de la Restauration.
II. Intrigue d’apprentissage
Le titre, Le Rouge et le Noir, est en lui-même symbolique : d’après des propos de Stendhal : "Le rouge signifie que, venu plus tôt, Julien eût été soldat ; mais à l’époque où il vécut, il fut forcé de prendre la soutane, de là le noir." Julien pense d'abord choisir la voie du clergé pour se hisser dans la hiérarchie sociale.
Le préceptorat chez les de Rênal n’est qu’une étape. Il est confronté dans le roman à tous les univers sociaux :
- le monde paysan qu'il honnit, (le père et sa brutalité au début du roman),
- le monde bourgeois qu'il refuse (les Valenod),
- le monde ecclésiastique, hypocrite, véritable jungle du séminaire de Besançon, qu'il abandonne,
- le monde aristocratique dans lequel il parvient à s'intégrer momentanément.
Intrigue d'apprentissage : par conflit de maturation progressive, le héros, hypocrite par calcul et non par nature, finit par choisir de rester fidèle à sa personne, à sa vraie nature. Dans la prison, il découvre qu’il aimait réellement Mme de Rênal.
L’intégration était-elle possible, même lorsqu'il devient le chevalier de La Vernaye ?Il revendique son exclusion au cours du procès en refusant les aides, en provoquant les jurés ce qui nous montre l’échec de son intégration sociale.
Dès le début du roman, un événement symbolique préfigure l’échec de Julien : "Sur le prie-Dieu, Julien remarqua un morceau de papier imprimé, étalé là comme pour être lu. Il y porta les yeux et vit :Détails de l’exécution et des derniers moments de Louis Jenrel, "exécuté à Besançon, le papier était déchiré. Au revers on lisait les deux premiers mots d’une ligne, c’étaient : Le premier pas."Qui a pu mettre ce papier là ? dit Julien. Pauvre malheureux, ajouta-t-il avec un soupir, son nom finit comme le mien..." et il froissa le papier."
III. Stendhal et son personnage
Double regard jeté sur le personnage : Souvent Stendhal nous place dans la pensée de Julien (focalisation interne), se sert de lui pour faire la satire de certains milieux
(les Valenod dans notre extrait). Il existe alors une complicité de pensée narrateur/personnage, un regard bienveillant, paternaliste sur le personnage en butte à l’hypocrisie, aux rivalités, à la mesquinerie sociale. Mais le regard est parfois distant et ironique : intrusions du narrateur qui juge la naïveté, le caractère entier et chimérique, la fougue de son personnage.
IV. Une scène conventionnelle et symbolique
Dîner et réception, annonciatrice de l'échec de Julien Sorel. Regard de mépris sur l'univers bourgeois
: satire des Valenod :
"Il n'en pensait que plus aux coups de bâton qu'il lui devait. Mais Julien y trouvait quelque chose d'ignoble et qui sentait l'argent volé :Julien, déjà, fort mal disposé, vint à penser que, de l'autre côté du mur de la salle à manger, se trouvaient de pauvres détenus, sur la portion de viande desquels on avait peut-être grivelé pour acheter tout ce luxe de mauvais goût dont on voulait l'étourdir."
Personnage symboliquement placé entre deux mondes : la mitoyenneté, le mur- misère des prisonniers.
Profit cynique des bourgeois.
Sensibilité naturelle, sincère : Hypocrisie impossible entraînant les larmes versées, cachées.
Un personnage inadapté aux circonstances historiques. L'héroïsme, l'épopée ne sont plus de mise.
"O Napoléon ! qu'il était doux de ton temps de monter à la fortune par les dangers d'une bataille ; mais augmenter lâchement la douleur du misérable !"
La Femme est aussi idéalisée : Mme de Rênal est un critère, considérée comme une conquête pour faire ses preuves :
"Julien pensait à Mme de Rênal. Sa méfiance ne le laissait guère susceptible que de ce genre de souvenirs qui sont appelés par les contrastes,
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