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sophie35 - Mise à jour : 26/06/2009
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Niveau : Lycée
Extrait / Introduction
Dialogue entre Musset et un metteur en scène est un rapport de Français Sujet d'invention de Lycée, proposé par sophie35
Extrait / Introduction :
Dialogue entre Alfred de Musset et un metteur en scène quelconque souhaitant mettre en scène On ne badine pas avec l'amour.
Plan
Exemple de page de Dialogue entre Musset et un metteur en scène
THOMAS Sophie
LE NIVET Elodie
Un metteur en scène à inviter Musset dans un salon pour convaincre cet écrivain de mettre en scène On ne badine pas avec l’amour
Le metteur en scène : Mais puisque je vous dis que tout sera fait selon VOS règles, enfin, bien sûr, il y aura quelques... menus changements... Enfin, comprenez-moi ! Une telle pièce doit accepter des concessions...
Musset : Aucune concession ne sera tolérée vis-à-vis de mon ?uvre, le public n’a qu’à se contenter de lire et d’imaginer, le grand « spectacle » n’est que le déguisement d’un texte !
Le metteur en scène : Enfin ! voyons ! Comment pouvez-vous rester si catégorique ? Vous avez vu comme moi de vos yeux l’immense succès de vos pièces ? Allez-vous donc laissez s’évanouir celui-ci sans en profiter jusqu'à son dernier instant ?
Musset : Il ne s’agit pas de cela ! Je ne suis pas, malgré tout ce que l’on colporte, un mondain imbécile qui court les salons ! Mes écrits ont le mérite de véhiculer un message, ils donnent un sens à l’absurdité de nos sentiments ! Et vous, sans rien en avoir lu ou compris, vous vous jetez sur le moindre texte à succès pour en faire ni plus ni moins qu’une vague distraction pour quelques bourgeois ne sachant plus où se promener !
Le metteur en scène : Pour l’amour du ciel ! je ne tolérerai pas ce langage ! cessez donc de me voir comme un homme simplement avide de gains ! qui vous dit que je ne l’ai lu, moi, votre pièce ?
Musset : C’est bien simple, vous souhaitez la jouer. Si vous l’aviez ne serait-ce que feuilletée, vous ne tenteriez pas de combattre cet affront. Ou alors c’est pire, vous l’avez lu sans rien comprendre.
Le metteur en scène : Vous voulez savoir, monsieur Musset ? Vous me prenez pour un idiot, certes, mais moi je vois en vous un couard incapable de se remettre de l’échec de la « Nuit Vénitienne », en 1830, et qui prétexte à tout va des idéaux de respect des textes dénués de tous fondements. Vous avez peur, n’est-ce pas, que le grand puissant perdre de la splendeur ? Et bien rassurez-vous, monsieur le poltron. Je sauvais donner à vos textes l’élan de vérité et de réalisme que vous défendez avec tant de ferveur ! ce n’est pas parce que vous avez vu un jour rencontré un incapable que tous les metteurs en scène le sont.
Musset : Sachez que vos arguments se tiennent, bien que je n’apprécie que très modérément votre langage vulgaire. Voyez-vous, vous n’apportez que des preuves de votre envie irrépressible de jouer On ne badine pas avec l’amour, mais pas de votre bonne foi. Me croyez-vous assez naïf pour ne pas me tenir au courant ? On annonce de plus, en plus, l’avènement du drame romantique en tant que nouvelle mode de théâtre ! Ah, elle est là votre âme bien attentionnée ? Redynamiser les bénéfices de votre petit établissement oui...
Le metteur en scène : Alors ça ! c’est de trop ! savez-vous ou moins combien de frais sont engagés par représentation ? 1400 Francs ! C’est énorme, et de plus, les spectateurs n’y sont guère attirés ! Eux tout ce qui leur plaît c’est le comique ! Vos grands beaux drames, non contents d’exiger de nombreux et faramineux décors, chassent les curieux amateurs ! alors croyez-moi donc quand je vous parle d’amour de beau texte !
Musset : Soit je vous crois... mais vous parlez de décors... si jamais, je dis bien « si » j’accepterai, votre proposition, aurais-je le droit à une mise en scène digne de ce nom ? Je veux dire par là autant de décors que ceux que réclame ma pièce ? Et seraient-ils aussi soignés et raffinés que ceux qu’imagine le lecteur qui se laisse glisser dans mon ?uvre ? non car vraiment, si cela doit se faire, moi je vous préviens : je veux du beau, du grand, du dramatique véritable, jusque dans les moindres détails ; avec certaines scènes parfois comique mais qui a la fin de la pièce, laisse le spectateur à bout de souffle et la larme à l’?il.
Le metteur en scène : Je vous garantis que cet oeuvre sera mise en scène selon vos souhaits, par ailleurs comme actrice que diriez vous de Mlle Lucie le Marbre pour jouer le rôle de Camille, elle me paraît...
Musset : ...Ah non je vous interrompt tout de suite ! Dans l’oeuvre, Camille incarne la pureté, l’innocence, la virginité au cas où que vous n’avez pas compris. Lucie le Marbre, elle, est réputée pour jouer des personnages de culpabilité, d’ombre.. de plus elle me paraît comme une actrice naïve et sans accroche elle ne peut représenter mon personnage. je me demande bien où vous avez eu cette pensée. Ne soyez pas contrarier, mais suite à ce petit quiproquo, je préfère veiller à la sélection des acteurs qui vont jouer dans ma pièce.
Le metteur en scène : Comme vous le souhaiter, néanmoins pour les costumes, j’ai pensé que les acteurs devront être vêtus de noir, un noir qui représentera un noir de promesses, un noir chaud et froid suivant l’opacité ou la brillance, un noir qui accueille la différence de chacun avec subtilité et sensualité...
Musset : ...Il me convient mieux d’essayer de créer une rupture nette entre les deux familles de personnages par un code de couleur. Je trouve que la couleur de costume me semble un moyen intéressant pour marquer en un premier temps la différence entre les deux générations, puis en un deuxième temps l'amenuisement de ces différences : Camille et Perdican ressemblant de plus en plus à leurs aînés, les dépassant même dans la cruauté. Pourquoi pas choisir d'habiller les grotesques tout en noir et blanc, et de donner, à Camille, Rosette et Perdican des costumes très colorés au début du spectacle, mais qui perdent leurs teintes au fur et à mesure pour aboutir aussi au noir et blanc : Rosette en robe de mariée, Perdican en costume noir, Camille en longue robe noire. Le maquillage peut être aussi un moyen d'accentuer ce code de couleur, les personnages comiques étant maquillés tout en noir et blanc, et les autres ayant conservé un teint naturel.
Le metteur en scène : Entendu. Avant de me contredire peut-être disposez-vous de quelques idées pour le décor ?
Musset : Oui en effet, que pensez vous de créer un plateau tournant...
Le Metteur en scène : Un plateau tournant ? c’est bien la première fois que j’en entend parler, pouvez-vous me donnez moi d’avantage de détails, je vous prie.
Musset : Soit, cela serait un plateau tournant qui pourrait permettre de faire évoluer les divers éléments de mobilier, et ainsi de créer rapidement des espaces différents. Sur ce plateau, un mur tourne aussi autour d'un pilier central et permet aussi de modifier rapidement l'espace : pendant qu'une scène se joue, les autres acteurs y accrochent la fontaine, les tableaux du Baron, ou encore un lit, qui apparaîtront à la scène suivante quand le ch?ur ou les autres personnages tourneront le mur. Ce dernier permet aussi de couper l'espace en deux et de jouer des scènes simultanées. Des portes et une fenêtre y sont découpées et permettent des entrées et sorties. Les personnages n'ont pas à entrer sur scène, mais ils y sont amenés par le ch?ur, en faisant tourner le plateau, il les fait apparaître selon sa convenance. Ce manège pourrait être, par ailleurs, l'objet idéal pour symboliser ces lieux marqués par l'enfance. Je trouve que c’est une bonne idée et, Ah Oui... j’oubliais, j’aimerai aussi que On ne badine pas avec l’amour occupe le spectateur deux voire trois heures de temps, et sans entractes de préférence...
Le metteur en scène : ...Mais, vous êtes inconscient ! cette durée est bien trop longue par rapport à la courté de vos actes, et en plus sans entracte ! Le public est bien trop capricieux pour tenir ne serait-ce que deux heures de temps assis ! En ce qui concerne le montant de la mise en scène de la pièce, je trouve que le coût de l’ensemble des costumes et de la totalité des décors sera excessivement coûteux! Je ne saurais où trouver une somme pareil pour financer cette pièce ! Tout de même ressaisissais-vous ! Certes, vous êtes encore jeune, pleine de rêverie et rempli des bonnes idées mais qui n’est hélas pas à la porté de nos moyens, j’oublierai à votre place la robe de mariée ou le plateau tournant... Pour ma part, je pense qu’il faut un décor simple, sans plateau tournant, avec une petite touche de vert pour montrer...
Musset : ...Puisque que vous l’envisagez ainsi, je prend congé de vous. Vous ne comprenez décidemment rien, je ne collaborerai point avec vous sans quoi je suis sur que cette scène sera vouée à l’échec ! Au revoir Monsieur.
Le metteur en scène : Mais [...]
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Le document Dialogue entre Musset et un metteur en scène appartient à la rubrique Sujet d'invention qui elle même appartient à la thématique Français.
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