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line1989 - Mise à jour : 24/01/2012
Extrait / Introduction
Une fiche comprenant les résumes des oeuvres suivantes:
Plan
Exemple de page de Resumés Esprit des lois, Zadig ou la destinée, Micromégas, Candide ou l'optimiste
De l'Esprit des lois (MONTESQUIEU, 1748)
1 PRÉSENTATION
De l'esprit des lois (Montesquieu), essai politique de Montesquieu, publié sans nom d’auteur à Genève en 1748 et mis à l’Index par le pape (dès sa parution) et la Sorbonne (1751).
La famille de Montesquieu a des origines protestantes. Dans cette province de Guyenne, on s’affirme souvent chrétien plus que catholique, on se souvient aussi de la longue occupation anglaise. Des liens commerciaux privilégiés se sont créés autour de ces excellents vins que contribuent à produire les terres de Montesquieu. Rappelant que la gestation de De l’esprit des lois l’a occupé vingt ans, Montesquieu a voulu faire une ?uvre « totale » : en « jurisconsulte de profession », il recherche les causes des formulations du droit positif, tout comme, à l’académie de Bordeaux, il recherchait les causes physiques de la valeur alimentaire des plantes ou celles de l’écho. Ses Pensées le montrent attentif au mouvement des bateaux à La Haye, à la refonte de la monnaie usée, aux statistiques de fécondité à Londres ? la science physique de Newton est alors la science reine : Montesquieu sera le « Newton des lois ».
2 RECHERCHER LES « LOIS DES LOIS »
Montesquieu est devant « l’immensité de son sujet » : depuis Jean Bodin, c’est-à-dire en l’espace de presque deux siècles, aucun livre sur le politique n’a été publié. Avec les Lois civiles (1689) de Jean Domat, les juristes excluaient comme « arbitraire » le droit public de la recherche rationnelle. Le « Je n’ai point séparé les lois politiques des civiles » du Livre I est aussi dirigé contre le relativisme sceptique de Montaigne ou de Pascal : les lois ne sont pas pures « conventions » contingentes et arbitraires ; le monde de la liberté aussi est régi par des lois de causalité. On rapprochera délibérément la loi prise dans son acception « relation de cause à effet entre les phénomènes » et la loi entendue comme « obligation du droit positif » ; on cherchera les « lois des lois ».
3 LES TROIS TYPES DE GOUVERNEMENTS ET LEURS PRINCIPES
Montesquieu construit trois « types idéals » [sic], selon la nature et le principe du gouvernement : les démocraties et leur vertu politique, les monarchies et l’honneur, les despotismes ou le gouvernement par la peur. Il s’oppose ainsi à Hobbes, qui faisait de la crainte l’origine de tout accord politique. Il fait dans cette typologie intervenir la variable « force » et la guerre, défensive et offensive ; il lie intimement liberté politique du citoyen et sentiment, ou « opinion », que celui-ci a de sa sécurité.
4 LA SÉPARATION DES POUVOIRS, SEUL GARANT DE LA LIBERTÉ CONTRE LE DESPOTISME
Constatant que le régime anglais est le seul qui ait pour objet principal la liberté civile et qui prémunisse de l’arbitraire par son dispositif légal, Montesquieu concentre son analyse sur ce qui fait les gouvernements « modérés » : ils sont rendus possibles par « la distribution des pouvoirs » ? l’exécutif, le législatif et le judiciaire ?, le dispositif causal ? topique des forces et contre-forces ? excluant mécaniquement la possibilité haïssable du despotisme. On recherchera dans l’histoire comment équilibrer l’expression politique des différents groupes de la société civile.
5 DE MULTIPLES VARIABLES POSSIBLES
« Les hommes sont gouvernés par cinq choses différentes : le climat, les manières, les m?urs, la religion et les lois. » Dans une espèce de laboratoire géographique et historique, Montesquieu expérimente alors toutes les variables, chaque législation se conforme selon différents types de causalité, et les trois types idéaux se modifient selon la géographie, le climat, les tempéraments, l’économie, la religion : c’est « l’esprit général d’une nation », déterminé et déterminant. La rationalité des lois, la cohérence des législations est ainsi exhibée : modèle de combinatoire, leçon de causalité concrètes et plurielles. Montesquieu termine par des considérations sur « le gouvernement gothique », exemple de « gouvernement modéré » : il montre l’histoire concrète des hommes, et non un « droit divin » produisant les lois civiles et politiques.
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