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killian84 - Mise à jour : 21/02/2011
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Niveau : Lycée
Extrait / Introduction
Extrait / Introduction :
Intro : • Fable distrayante, avec une description des circonstances, des pers, une richesse du dialogue. La Fontaine donne autant d'importance au récit qu'à la morale mais garde une visée satirique. On assiste ici à une démonstration de la loi sociale : la raison du plus fort. • La fable amène une réflexion sur l'injustice à cause de la décision politique qui consiste à trouver un "bouc émissaire" dont le sacrifice sauvera la société du fléau qui l'accable. 1) Une fable habilement menée : a. Un Préambule qui rappelle les récits mythologiques tragiques : • Intrigue évoque tragédie d"Œdipe roi" (Sophocle) : Thèbes ravagée par peste, on recherche le coupable de ce châtiment divin. • Épidémie : mal moins fréquent mais redouté, il garde des souvenirs terribles au 17ème. C'est une excellente crise pour l'observation des relations humaines. • La peste est définie par deux appositions avant d'être nommée, ce qui crée une attente progressive, pressante en gradation. • Registre dramatique : - Allitération en r : « répand, terreur, guerre » - Hyperbole, vocabulaire violent, rimes masculines (fureur, terreur) : dureté - Idée du destin, non issue et Ciel ('Mal que le ciel en sa fureur. Inventa pour punir' : Dieu envoi un châtiment aux Hommes). Achéron connotation enfer, damnation, beaucoup de gens touchés) - 'les tourterelles se fuyaient : symbole de l'amour' • Évocation nostalgique (imparfait), d'un temps normal sans peste mais où le loup mange la douce et innocente proie. Le souvenir annonce le présage qu'on sacrifiera encore l'innocent.Plan
Plan :
Intro : 1) Une fable habilement menée : a. Un Préambule qui rappelle les récits mythologiques tragiques : b. Variété, diversité : c. Des animaux qui font allusion aux Hommes et à leur relation : 2) La différence d'éloquence du Lion et de l'Ane : a. La stratégie du Lion : b. L'intervention du Renard : Son habileté réside dans le "non-dit" c. L'échec de l'âne condamné d'avance : 3) Une scène critique de la justice et du pouvoir a. La justice est évoquée mais c'est davantage b. Le fabuliste prend parti par ironie contre la cour aussi : c. Bilan :une satire des 'jugements de cour' : Conclusion :Exemple de page de Les animaux malades de la peste de jean de la fontaine
Les
animaux malades de la peste de Jean De La Fontaine
Intro
:
? Fable distrayante, avec une
description des circonstances, des pers, une richesse du dialogue. La
Fontaine donne autant d'importance au récit qu'à la
morale mais garde une visée satirique. On assiste ici à
une démonstration de la loi sociale : la raison du plus fort.
? La fable amène une réflexion sur l'injustice
à cause de la décision politique qui consiste à
trouver un "bouc émissaire" dont le sacrifice
sauvera la société du fléau qui l'accable.
1)
Une fable habilement menée :
a.
Un Préambule qui rappelle les récits mythologiques
tragiques :
? Intrigue évoque
tragédie d"?dipe roi" (Sophocle) : Thèbes
ravagée par peste, on recherche le coupable de ce châtiment
divin.
? Épidémie : mal moins fréquent
mais redouté, il garde des souvenirs terribles au 17ème.
C'est une excellente crise pour l'observation des relations
humaines.
? La peste est définie par deux appositions
avant d'être nommée, ce qui crée une attente
progressive, pressante en gradation.
? Registre dramatique :
- Allitération en r : « répand, terreur,
guerre »
- Hyperbole, vocabulaire violent, rimes masculines
(fureur, terreur) : dureté
- Idée du destin, non
issue et Ciel ('Mal que le ciel en sa fureur. Inventa pour punir' :
Dieu envoi un châtiment aux Hommes). Achéron connotation
enfer, damnation, beaucoup de gens touchés)
- 'les
tourterelles se fuyaient : symbole de l'amour'
? Évocation
nostalgique (imparfait), d'un temps normal sans peste mais où
le loup mange la douce et innocente proie. Le souvenir annonce le
présage qu'on sacrifiera encore l'innocent.
b.
Variété, diversité :
?
Versification (rimes embrassées et longueurs irrégulières),
accélération
? Alternance récit /
discours : discours direct aux personnages importants, indirects aux
autres
? Différentes tonalités (ironie,
tragédie)
c. Des
animaux qui font allusion aux Hommes et à leur relation :
-
Cadre de la scène : procès tribunal (champ lexical de
la justice), intervention : plaidoyer, réquisitoire (Prise de
parole par ordre hiérarchique (du plus puissant au plus
faible))
- Pers avec caractères personnels identifiables :
? Lion : roi, pouvoir, puissant, féroce, habile,
intelligent, 'Le lion tint conseil': définit règles du
jeu.
? Renard : ruse, flatte le roi, relativise péché
du roi en les honorifiant
? Loup : beau parleur ('quelque peu
clerc, prouva par sa harangue'), prononce le réquisitoire et
accable l'âne pour ne pas avoir à s'accuser ensuite +
insulte = cruauté (discours indirect libre)
? Tigre et
Ours : puissance, représente la société
aristocratique
? Âne : bêtise, naïveté,
honnêteté => douce et innocente proie
? Dans
le discours élogieux du renard les moutons sont les
représentants du 'bas peuple', profondément méprisé,
et que l'on peut impunément exploiter.
2)
La différence d'éloquence du Lion et de l'Ane :
a.
La stratégie du Lion :
Persuader
:
? Rappelle le côté
tragique/dramatique : affirme son autorité, rappelle qu'il est
le représentant de Dieu
? Ton solennel, grave : donne
majesté ('Ciel, nos péchés cette infortune, se
sacrifie, céleste courroux')
? Ton familier 'Mes chers
amis' : se place au même niveau de ses sujets pour les amadouer
(en décalage avec sa noblesse de là on peut le
suspecter d'hypocrisie).
? Jeu avec les pronoms : le 'je' le
remet sa place royale : justifie ses propos qu'on ne peut le
contredire car c'est le roi ; le 'nous' lui donne un rôle de
porte parole : il agit pour collectivité ; le 'on' donne une
vérité générale
? Modalisateurs
(° d'adhésion de l'énonciateur à l'énoncé)
: 'je crois que, peut-être, je pense', donne sagesse, n'impose
rien pour faire croire que le débat est ouvert.
?
Examen de conscience : il donne une image habile, manipulatrice :
'dévoré force mouton même parfois berger' : ses
péchés le rendent cruel, féroce, sans scrupules
? Exagération amusée. 'Appétit de
glouton, force moutons'
? Manie ironie: 'me dévouerai
donc/s'il le faut': sous-entend qu'il ne le fera pas et invite les
courtisans à s'y opposer.
Convaincre
:
? Discours construit logiquement : lg 15
(il expose la situation) lg 20 (il invite les autres) lg 24 (il fait
propre confession) lg 29 (il invite les autres) lg 33. Marqué
par des connecteurs
? Avoue lui-même, donne l'exemple
pour confession des autres (avec impératifs).
?
Argument d'autorité (lg 21-22) : donne appui a son discours en
prenant pour référence un fait historique
? Le
dialogue interne à son discours (" Que m'avaient-ils fait
? Nulle offense. " ).
b.
L'intervention du Renard : Son habileté réside dans le
"non-dit"
? On attend de lui
un examen de conscience semblable, mais, en fin courtisan et conforme
à la tradition du personnage, il s'en garde bien. Le renanrd
se contente d'une éloge des plus flatteuses au Roi, par des
expressions hyperboliques ('trop bon, scrupule, trop de délicatesse,
leur fîtes beaucoup d'honneur').
? Sonorités
grinçantes entre les assonances de i et les allitérations
de s et r (sifflantes et vibrantes), confèrent au propos plus
d'habileté encore.
? Arguments simplistes. il ne dit
rien sur lui-même (absence 1ère personne), flatter lui
permet de se faire oublier.
Remarque
: "et flatteurs d'applaudir" : infinitif de
narration, marque l'empressement des courtisans à suivre la
règle du jeu : ils y ont intérêt !
c.
L'échec de l'âne condamné d'avance :
?
Par opposition à tous autres animaux cités, l'Âne
n'est pas un prédateur. Psychologiquement naïf, il prend
au sérieux le discours du Roi, ignore la règle du jeu
des courtisans. Il est honnête, mais un peu ridicule dans son
sérieux.
? Sa 1ère faute est de vouloir imiter
les grands: "L'âne vint à son tour, et dit:"
Il utilise la même structure de présentation du Lion.
?
Mais absence de connecteurs : donc absence d'analyse de la situation,
il se contente de raconter les faits d'un souvenir : naïveté
?
Il se rend lui-même coupable (lg 54, d'avoir été
tenté par le Diable)
? L'allusion au Diable et le pré
de moines (les plus gros propriétaires fonciers de l'époque)
ainsi que l'idée de gourmandise, intensifie sa faute du fait
que se soit le Ciel qui se venge, donc c'est lui le coupable
?
Ses paroles se déroulent dans climat apparemment serein,
ouvert. L'âne, rassuré et naïf, parle
franchement.
? La Fontaine ici n'a pas recherché de
rupture, mais une harmonie entre le personnage et sa parole. L'âne
parle comme il est, sans masque.
? Surprise : réaction
commune et immédiate de la foule: "à ces mots on
cria haro". Le bouc émissaire est trouvé, (même
empressement et unanimité qu'au vers 43)
==>
Celui qui va gagne, c'est le plus fort : celui qui a tout calculé,
analysé, 'celui qui a force d'esprit' et 'pouvoir de
parole'
3) Une scène
critique de la justice et du pouvoir :
Si La
Fontaine ne s'apitoie guère sur le sort de l'âne, il
ironise sur la Cour et les puissants :
a.
La justice est évoquée mais c'est davantage une satire
des 'jugements de cour' :
? Lexique de la
justice et de la religion (« expier, péché »)
?
Scène représentant le tribunal (défilé à
la barre des animaux)
? Solennité de la scène :
vocabulaire hyperbolique, scène grandiose
? Rôle
du loup : sorte d'avocat général qui dévoue
l'Âne
? Justice du conseil qui ne juge pas le crime
mais le rang social
? Injustice est soulignée et
contrastée entre l'accumulation des crimes de sang et le crime
de l'âne
b. Le
fabuliste prend parti par ironie contre la cour aussi :
?
Marques de jugement : 'douce et innocente proie' : allusion aux
faibles et annonce de la suite pour l'Âne ; 'On n'osa trop
approfondir', 'les moins pardonnables offenses', 'de petits Saints',
'tous les gens querelleurs', jusqu'aux simples matins' (antithèse)
?
'Sa peccadille (=petit péché, le loup dirait «
crime abominable ») fut jugé un cas pendable' :
opposition entre sa faute légère et sa conséquence
tranchante ; 'Manger l'herbe d'autrui ! Quel crime abominable' =>
souligne l'injustice et sa mort pitoyable
? 'Un loup quelque
peu clerc' : le narrateur dit savant pour sous-entendre cruel,
ignoble
c. Bilan :
?
La Fontaine est clairement contre les puissants et pour les faibles.
Sa satyre attaque le fonctionnement de cette cour à son époque
où les puissants s'attribuent tous les droits et n'en
reconnaissent aucun aux faibles.
? Il ironise aussi sur leur
hypocrisie, leur fait de feindre de se conformer à la morale,
de faire un examen de conscience, mais qu'ils se dépêchent
de s'exonérer ensuite de toute faute ;
? Raille aussi
de la naïveté des petits, qui prennent au sérieux
les discours du Roi, de la Cour et ne savent réagir contre
l'injustice.
? L'ironie et les détour par des animaux
permettent une protection car seul un destinataire attentif comprend
critiques.
Conclusion :
La Fontaine utilise tous ses talents de
conteur. Interventions successives de différents animaux,
Lion, Renard puis Âne, tous représentant d'une classe
sociale, constituent pour beaucoup à servir la morale. A la
fin de la fable, il y a une ellipse avant la chute de la moralité
: on ne sait si peste va disparaître avec le sacrifice de
l'innocent mais qu'est donc la peste, sinon cette atmosphère
empoisonnée de mensonges, de calculs, d'hypocrisies, de
flatteries... où seule l'honnêteté est punie ?
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