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jamila85 - Mise à jour : 25/10/2009
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Niveau : Collège
Extrait / Introduction
Extrait / Introduction :
IV - Le coffre de mer Sans perdre un instant, je racontai alors à ma mère tout ce que je savais, comme j’aurais peut-être dû le faire depuis longtemps. Nous vîmes d’emblée le péril et la difficulté de notre situation. L’argent du capitaine (s’il en avait) nous était bien dû en partie ; mais quelle apparence y avait-il que les complices de notre homme, et surtout les deux échantillons que j’en connaissais, Chien-Noir et le mendiant aveugle,Plan
Plan :
IV - Le coffre de mer V - La fin de l’aveugle VI - Les papiers du capitaine Nous allâmes bon train jusqu’à la porte du docteur Livesey, où l’on fit halte. La façade de la maison était plongée dans l’obscurité.Exemple de page de L’île au trésor (partie4, 5 et 6)
Sans perdre un instant, je racontai alors à ma mère tout ce que je savais, comme j’aurais peut-être dû le faire depuis longtemps. Nous vîmes d’emblée le péril et la difficulté de notre situation. L’argent du capitaine (s’il en avait) nous était bien dû en partie ; mais quelle apparence y avait-il que les complices de notre homme, et surtout les deux échantillons que j’en connaissais, Chien-Noir et le mendiant aveugle, fussent disposés à lâcher leur butin pour régler les dettes du défunt ? Or, si je suivais les instructions du capitaine et allais aussitôt prévenir le docteur Livesey, je laissais ma mère seule et sans défense : je n’y pouvais donc songer. D’ailleurs, nous nous sentions tous deux incapables de rester beaucoup plus longtemps dans la maison. Les charbons qui s’éboulaient dans le fourneau de la cuisine, et jusqu’au tic-tac de l’horloge, nous pénétraient de crainte. Le voisinage s’emplissait pour nous de bruits de pas imaginaires ; et placé entre le cadavre du capitaine gisant sur le carreau de la salle, et la pensée de l’infâme mendiant aveugle rôdant aux environs et prêt à reparaître, il y avait des moments où, comme on dit, je tremblais dans mes culottes, de terreur. Il nous fallait prendre une décision immédiate. Finalement, l’idée nous vint de partir tous les deux chercher du secours au hameau voisin. Aussitôt dit, aussitôt fait. Sans même nous couvrir la tête, nous nous élançâmes dans le soir tombant et le brouillard glacé.
Le hameau n’était qu’à quelque cent toises, mais caché à la vue, de l’autre côté de la crique voisine ; et, ce qui me rassurait beaucoup, il se trouvait dans la direction opposée à celle par où l’aveugle avait fait son apparition et par où il s’en était apparemment retourné. Le trajet nous prit peu de minutes, et cependant nous nous arrêtâmes plusieurs fois pour prêter l’oreille. Mais on n’entendait aucun bruit suspect : rien que le léger clapotis du ressac et le croassement des corbeaux dans le bois.
Les chandelles s’allumaient quand nous atteignîmes le hameau, et jamais je n’oublierai mon soulagement à voir leur jaune clarté aux portes et aux fenêtres. Mais ce fut là, tout compte fait, le meilleur de l’assistance que nous obtînmes de ce côté. Car, soit dit à la honte de ces gens, personne ne consentit à nous accompagner jusqu’à l’Amiral Benbow. Plus nous leur disions nos ennuis, plus ils se cramponnaient ? hommes, femmes et enfants ? à l’abri de leurs maisons. Le nom du capitaine Flint, inconnu de moi, mais familier à beaucoup d’entre eux, répandait la terreur. Des hommes qui avaient travaillé aux champs, plus loin que l’Amiral Benbow, se souvenaient aussi d’avoir vu sur la route plusieurs étrangers dont ils s’étaient écartés, les prenant pour des contrebandiers, et l’un ou l’autre avait vu un petit chasse-marée à l’abri dans ce que nous appelions la cale de Kitt. C’est pourquoi il suffisait d’être une relation du capitaine pour leur causer une frayeur mortelle. Tant et si bien que, si nous en trouvâmes plusieurs disposés à se rendre à cheval jusque chez le docteur Livesey, qui habitait dans une autre direction, pas un ne voulut nous aider à défendre l’auberge.
La lâcheté, dit-on, est contagieuse ; mais la discussion, au contraire, donne du courage. Aussi, quand chacun eut parlé, ma mère leur dit leur fait à tous. Elle ne voulait pas, déclara-t-elle, perdre de l’argent qui appartenait à son fils orphelin. Elle conclut :
? Si aucun d’entre vous n’ose venir, Jim et moi nous oserons. Nous allons retourner d’où nous sommes venus, et sans vous dire merci, tas de gros gaillards pires que des poules mouillées. Nous ouvrirons ce coffre, dût-il nous en coûter la vie. Et je vous emprunte ce sac, madame Crossley, pour emporter notre dû.
Comme de juste, je me déclarai prêt à accompagner ma mère, et, comme de juste aussi, tous se récrièrent devant notre témérité ; mais même alors, pas un homme ne s’offrit à nous escorter. Tout ce qu’ils firent, ce fut de me donner un pistolet chargé, pour le cas où l’on nous attaquerait, et de nous promettre qu’ils tiendraient des chevaux tout sellés, pour le cas où l’on nous poursuivrait lors de notre retour ; cependant qu’un garçon s’apprêtait à galoper jusque chez le docteur afin d’obtenir le secours de la force armée.
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