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djibe89 - Mise à jour : 31/12/2008
Extrait / Introduction
Pensez-vous que la pièce de théâtre En Attendant Godot de Beckett mérite le nom de tragédie ?
Ecrite en 1953 par Samuel Beckett, principal ouvrage de son œuvre et pièce maîtresse du mouvement du Théâtre de l'Absurde, En Attendant Godot met en scène deux personnages, Estragon et Vladimir, dans une attente prolongée dont on ne connaît pas le motif.
De cette attente interminable et de la pauvre condition physique et morale de chacun des personnages, on aperçoit le caractère tragique de la pièce. Nous verrons dans un premier temps en quoi la pièce peut-être considérée comme tragique et dans un second temps comment Beckett réussi à se démarquer de la tragédie classique.
Plan
Exemple de page de En Attendant Godot mérite-t-il le nom de tragédie ?
FRON Jean-Baptiste
7e FRb
En Attendant Godot
de Samuel Beckett
Pensez-vous que la pièce de théâtre En Attendant Godot de Beckett mérite le nom de tragédie ?
Ecrite en 1953 par Samuel Beckett, principal ouvrage de son ?uvre et pièce maîtresse du mouvement du Théâtre de l’Absurde, En Attendant Godot met en scène deux personnages, Estragon et Vladimir, dans une attente prolongée dont on ne connaît pas le motif.
De cette attente interminable et de la pauvre condition physique et morale de chacun des personnages, on aperçoit le caractère tragique de la pièce. Nous verrons dans un premier temps en quoi la pièce peut-être considérée comme tragique et dans un second temps comment Beckett réussi à se démarquer de la tragédie classique.
En plaçant les deux personnages face à la faim et au froid, Beckett place l’Homme face à sa condition matérielle, en relation étroite et servile avec le corps. Estragon, avec son insatiable faim faiblement comblée par une carotte et des navets, mais aussi par sa souffrance physique provenant des pieds et de ses agressions, ne peut en aucun cas améliorer la finitude de son existence. De plus, le coup de pied envoyé par Lucky lui révèle un futur obscurci et exprime le besoin universel d’espace : « Je ne pourrai plus marcher ! », annonçant une détérioration significative dans la condition humaine d’Estragon. Plus tard, l’aveuglement de Pozzo conduit ce dernier à une errance certaine, de même que Lucky est livré à un enfermement éternel par sa perte des sens auditifs. C’est dans cette dépendance asservie au corps et dans l’absence d’espoir de modifier cette relation à la chair que la pièce prend une dimension tragique.
L’emploi du gérondif dans le titre En Attendant Godot exprime l’état des deux personnages et non l’action qui les conduit. Ainsi, Beckett ne donne pas à ses personnages un but mais une condition initiale linéaire et figée qui perdure à travers la pièce, comme en témoignent les dialogues de début et de fin : « ESTRAGON (renonçant à nouveau): Rien à faire. » et « VLADIMIR - Alors, on y va ? ? ESTRAGON - Allons-y - Ils ne bougent pas. ». La résignation des personnages face à la fixité du temps ouvre une dimension psychologique dramatique : « VLADIMIR (regardant le ciel) : La nuit ne viendra-t-elle donc jamais ? »(Répété plusieurs fois dans la pièce). Dans cette absence d’évolution et d’aboutissement, le langage devient
La relation de Pozzo à Lucky est une relation autoritaire et despotique menée par Pozzo. Lucky, quant à lui, représente la soumission de l’esclave et tous deux représentent la situation cruelle et tragique du monde, alors qu’Estragon et Vladimir se heurtent à une espérance commune d’amélioration insatisfaite. De ce pessimisme et de cet état tragique des choses ressort la volonté d’anéantissement voulu et recherché par les deux personnages principaux dans le suicide.
L’angoisse du lendemain identique au jour même, l’angoisse d’une attente prolongée, d’une espérance irréalisée ainsi que l’absence d’espoir chez Estragon et Vladimir les conduit à la considération du suicide. Ce dernier, selon eux, met un terme à
La chute de la pièce relève de la tragédie. Dans une opposition à la tragédie classique où la pièce s’achève par un acte fatal de l’un, voir de plusieurs personnages, Beckett termine le drame par une immuabilité de l’état des choses « Ils ne bougent pas » engendrant une répétition à l’infini de la situation infernale à Estragon et Vladimir.
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