-
Connexion
- Inscription
- 2 221 658 inscrits »
Vous êtes ici : Accueil › Documents › Français › Culture générale › Le libertinage
line1989 - Mise à jour : 20/04/2012
Extrait / Introduction
Notion peu enseignée, parfois décriée, le libertinage est pourtant un véritable courant de pensée, aux multiples facettes, dont le mouvement littéraire du même nom n'est pas l'un des moindre.
Libertinage, courant de pensée né en France au XVIIe siècle et qui s'épanouit durant tout le XVIIIe siècle, se manifestant dans les mœurs comme dans la pensée par la revendication d'une liberté accrue.
Plan
Exemple de page de Le libertinage
LIBERTINAGE
Libertinage, courant de pensée né en France au XVIIe siècle et qui s'épanouit durant tout le XVIIIe siècle, se manifestant dans les m?urs comme dans la pensée par la revendication d'une liberté accrue.
Un libertinage savant se développa d'abord entre 1610 et 1660, en réaction contre l'austérité et le pouvoir des religions révélées. Les libertins de ce temps étaient avant tout des philosophes, des scientifiques, des érudits, des esprits ouverts et curieux, désireux de voir régner une plus grande liberté de pensée, notamment en matière de religion. Les plus importants de ces penseurs furent Gassendi, Gabriel Naudé, La Mothe Le Vayer et plus tard Cyrano de Bergerac. Gassendi, philosophe épicurien, se trouva même à l'origine d'un courant de pensée qui porte son nom, le gassendisme, prônant une recherche raisonnée de la vérité, non en appliquant sur les faits et les choses des principes préétablis, mais en tenant compte de la réalité dans sa diversité. Ces auteurs se montrèrent prudents dans leurs discours et dans leur attitude : qu'ils fussent épicuriens, rationalistes, hostiles au pape, athées ou seulement critiques à l'égard de l'Église catholique, ils n'exposaient pas directement le fond de leur pensée, pour échapper à la censure et à la répression. Ce libertinage savant, si discret fût-il, fut sans doute le plus efficace à ébranler les habitudes de pensée et les croyances officielles.
À certaines périodes du siècle, le pouvoir des dévots se fit pourtant moindre (au début du règne de Louis XIII, au début de celui de Louis XIV) : le libertinage, représenté notamment par Théophile de Viau, Saint-Évremond ou Charles Sorel, auteur d'une Histoire comique de Francion à la verve gaillarde, se fit alors plus audacieux et plus visible socialement, annonçant par là le courant libertin du siècle suivant.
À partir de la régence qui succéda au règne de Louis XIV, le libertinage de m?urs connut un essor important, alors que les Lumières reprenaient l'héritage de la libre pensée. C'est en effet surtout dans les m?urs amoureuses que le libertinage se développa au XVIIIe siècle, pour devenir un jeu érotique fondé sur la séduction. La mise en scène de la conquête amoureuse, l'intellectualisation du plaisir et le rejet de toute contrainte morale caractérisent en effet les pratiques des libertins de ce temps. La littérature porte naturellement la trace de ce fait de société. Les ?uvres libertines ? essentiellement des romans ou des nouvelles ? sont d'une grande variété ; histoires légères et coquines, ou pornographiques, tantôt elles véhiculent une véritable pensée philosophique, et tantôt ne cherchent qu'à procurer un divertissement licencieux. Quelques-uns des plus grands auteurs du siècle s'y essayèrent : on doit à Voltaire des contes érotiques en vers, et à Diderot des Bijoux indiscrets. Mais le récit le plus représentatif de la littérature libertine reste peut-être Point de lendemain de Vivant Denon, puisqu'il présente un jeune homme naïf quoique sensuel (le narrateur, en fait le libertin en herbe) aux prises avec une femme plus mûre (la libertine) qui le séduit mais se joue de lui. Cette intrigue mettant en présence le libertin avec des êtres plus jeunes et inexpérimentés qu'il va initier à son vice est en effet un des motifs favoris du genre : Crébillon fils utilise également ce schéma dans les Égarements du c?ur et de l'esprit, et il est repris encore dans les Liaisons dangereuses, de Laclos, chef-d'?uvre du genre. Dans ces romans, le libertinage est présenté telle une lutte, comme si la classe aristocratique dés?uvrée du siècle des Lumières avait reporté dans le domaine amoureux ses anciennes fonctions guerrières. Parmi les autres auteurs libertins, citons encore Mirabeau et Restif de la Bretonne. Philosophe et libertin, Sade est un auteur extrême, qui transfigure les motifs du libertinage pour en faire des récits fantasmatiques personnels. Il apparaît en son siècle comme d'une irréductible singularité, et son ?uvre se situe à la fois au c?ur du libertinage et bien au-delà de lui.
Pour visualiser la suite du document Le libertinage vous pouvez :
Le document Le libertinage appartient à la rubrique Culture générale qui elle même appartient à la thématique Français.
Ils ont téléchargé aussi
Nouveaux documents Culture générale