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Manolem - Mise à jour : 14/11/2009
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Niveau : Lycée
Extrait / Introduction
Extrait / Introduction :
Commentaire composé de "L'Invitation au Voyage" de Charles Baudelaire, extrait du recueil de poésie "Les fleurs du Mal" dans la section Spleen et Idéal, Livre III. Note attribuée par le professeur de français : 17 / 20.Plan
Plan :
I. Une vision globale en trois tableaux II. Un voyage de l'amour III. L'acheminement vers l'idéal baudelairienExemple de page de Commentaire composé - l'invitation au voyage
Charles Baudelaire, grand poète du XIXe siècle, rompt à son époque avec l'esthétique classique et marque un tournant majeur dans l'histoire de la poésie française. Le recueil de poème « Les Fleurs du Mal » est son ?uvre principale et l'étude que nous allons mener porte sur L'Invitation au Voyage, dans la partie Spleen et I déal, Livre III.
Ce poème s'adresse à Marie Daubrun, jeune femme que Baudelaire rencontre en 1847, et il est l'un des plus célèbres du recueil pour la douceur, exceptionnelle chez Baudelaire, qui en émane. Nous nous poserons donc la question suivante : dans l'Invitation au voyage, comment Baudelaire nous amène-t-il à sa vision de l'idéal et quelle est-elle ?
Nous verrons dans un premier temps qu'il s'agit d'une vision globale en trois tableaux, dans un deuxième temps qu'il est question d'un voyage de l'amour, et dans un troisième temps que le poème s'achemine vers l'idéal baudelairien.
La structure même de l'Invitation au Voyage est originale, en effet tout au long du poème alternent deux pentasyllabes suivis d'un heptasyllabe, ce qui renvoie au rythme de la valse, irrégulier et donc propice au rêve et à l'évasion, et introduit une certaine musicalité, laquelle est renforcée par les vers « Là, tout n'est qu'ordre et beauté / Luxe, calme et volupté » qui reviennent par trois fois de façon régulière, à la manière d'un refrain.
Le poème est placé sous le signe du rêve, introduit dès le deuxième vers « Songe à la douceur » par le verbe songer, qui nous apprend qu'il s'agit, non pas d'un voyage, mais d'une promesse de voyage. Le poème commence donc sur le rêve et l'on constate qu'il s'achève sur le sommeil avec le vers 30 : « le monde s'endort ».
On peut parler de l'Invitation au Voyage comme d'un tryptique, en effet le « refrain » du poème met en évidence trois strophes, qui sont en fait trois tableaux remplis de symboles et complémentaires les uns des autres. Le premier tableau commence par l'invitation en question, qui aboutit à l'évocation d'un ailleurs idéal. Le second tableau dépeint un intérieur, une chambrée qui renvoie au plaisir amoureux et sensoriel. On constate d'ailleurs que ce sont en fait les éléments de ce tableau central qui sont repris dans le refrain « Luxe, calme et volupté ». Le troisième tableau évoque une ville portuaire. Le port se rattache au voyage et semble en être la finalité.
De nombreux éléments semblent nous indiquer que l'amour est l'élément central de ce poème. En effet les vers 4 et 5 : « Aimer à loisir / Aimer et mourir » et les vers 32 et 33 : « C'est pour assouvir / Ton moindre désir » nous permettent de dire que l'amour est ici exposé comme une fin en soi, et non comme un complément du voyage, lequel n'a pas lieu d'être sans l'amour.
On relève également dans la première strophe, au vers 6 : « Au pays qui te ressemble » , ce qui semble être un jeu de correspondances entre la femme et le paysage au moyen d'une comparaison, et les rend indissociables l'un de l'autre.
Des vers 7 à 11 s'opère un glissement du paysage à la femme autour du mot « charme » : « soleils mouillés » qui débouche sur « charme » qui à son tour débouche sur « yeux », intensifiant ces correspondances entre femme et paysage.
De plus, l'intégralité de la seconde strophe, renvoyant à la luxueuse chambre du couple dont Baudelaire rêve pour son aimée, ainsi que les vers 32 et 33 : « c'est pour assouvir / ton moindre désir » donnent au voyage lui-même une valeur d'offrande, il s'agit d'un présent de Baudelaire au nom de son amour pour Marie Daubrun.
On trouve par ailleurs tout au long du poème divers symboles érotiques : « les miroirs profonds » ( vers 22 ) évoquent la profondeur et la sensualité. Le mot « volupté » dans le refrain évoque, lui, le plaisir sensuel, et enfin le sommeil final sur lequel s'achève le poème renvoie au sommeil du couple, couronnant l'amour vainqueur. L'amour dont il est question dans l'Invitation au Voyage est un amour sensuel.
Baudelaire achemine son poème vers l'idéal. Il y a une évolution tout au long du poème, tout d'abord pour le voyage en lui-même, qui est au départ très abstrait : on commence dans la première strophe par la simple évocation d'un ailleurs, « Au pays qui te ressemble ! » ( vers 6 ) sans donner davantage de détails, si bien que cette destination pourrait être n'importe laquelle. La destination se précise au fur et à mesure, puisqu'on a dans la deuxième strophe la description d'un intérieur, et enfin dans la troisième strophe une ville portuaire. A l'inverse, on relève une évolution des temps des verbes employés, mais cette fois-ci du concret vers l'abstrait. Le présent et l'impératif sont utilisés dans la première strophe ( « songe » ; « ont » ... ) pour basculer sur le conditionnel dans la seconde strophe ( « décoreraient » ) et enfin sur le présent dans la troisième strophe ( « viennent » ). Ce basculement des temps de l'abstrait vers le concret placent la destination du voyage hors du temps et des contraintes. Le présent de la troisième strophe mêle rêve et réalité dans la description de la ville portuaire.
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