-
Connexion
- Inscription
- 2 221 818 inscrits »
Vous êtes ici : Accueil › Documents › Français › Biographie › Alexandre Dumas
Monsieur Biographie - Mise à jour : 21/07/2008
Extrait / Introduction
Né le 24 juillet 1802
Décédé le 05 décembre 1870 (à l'âge de 68 ans)
Qu'est cet enfant, né à cinq heures et demie du matin, déclaré sous le nom d'Alexandre Dumas ? À l'origine donc un métissage social, dit-il, revendiquant une double appartenance qui en ferait le représentant modèle de la France post-révolutionnaire et enfin réconciliée. Ainsi, pourtant, il dissimule l'essentiel : Alexandre Dumas est un quarteron, descendant certes de hobereaux normands, les Davy de la Pailleterie, mais petit-fils d'une esclave ou d'une affranchie noire de Saint-Domingue, Marie Cessette Dumas.
Le patronyme qu'il fera sien est donc un nom servile. Cependant, lorsqu'il le choisit, ce nom a subi une transsubstantiation : loin de remémorer la servitude, il ressortit déjà à la gloire, car, son père, (ci-contre) l'adoptant comme nom de guerre lorsqu'il s'était engagé dans les dragons de la reine, l'a illustré sur les champs de bataille de la révolution, des Pyrénées aux Alpes, de la Vendée au Mont-Cenis, de la Lombardie aux déserts d'Egypte.
L'enfant est le fils d'un héros, l'Horatius Coclès du Tyrol, qui, seul, le 24 mars 1797, a défendu contre un corps d'armée autrichien le pont de Klausen. Le héros s'est allié à une humble provinciale du Valois, Marie Louise Elisabeth Labouret qui appartient, non pas au peuple, mais à la petite bourgeoisie du négoce : son père, Claude, a tenu à Villers-Cotterêts l'hôtellerie de L'Ecu de France.
Plan
Exemple de page de Alexandre Dumas
Alexandre DUMAS
Artiste et écrivain (Francais)
Né le 24 juillet 1802
Décédé le 05 décembre 1870 (à l'âge de 68 ans)
Qu'est cet enfant, né à cinq heures et demie du matin, déclaré sous le nom d'Alexandre Dumas ? À l'origine donc un métissage social, dit-il, revendiquant une double appartenance qui en ferait le représentant modèle de la France post-révolutionnaire et enfin réconciliée. Ainsi, pourtant, il dissimule l'essentiel : Alexandre Dumas est un quarteron, descendant certes de hobereaux normands, les Davy de la Pailleterie, mais petit-fils d'une esclave ou d'une affranchie noire de Saint-Domingue, Marie Cessette Dumas. Le patronyme qu'il fera sien est donc un nom servile. Cependant, lorsqu'il le choisit, ce nom a subi une transsubstantiation : loin de remémorer la servitude, il ressortit déjà à la gloire, car, son père, (ci-contre) l'adoptant comme nom de guerre lorsqu'il s'était engagé dans les dragons de la reine, l'a illustré sur les champs de bataille de la révolution, des Pyrénées aux Alpes, de la Vendée au Mont-Cenis, de la Lombardie aux déserts d'Egypte.
L'enfant est le fils d'un héros, l'Horatius Coclès du Tyrol, qui, seul, le 24 mars 1797, a défendu contre un corps d'armée autrichien le pont de Klausen. Le héros s'est allié à une humble provinciale du Valois, Marie Louise Elisabeth Labouret qui appartient, non pas au peuple, mais à la petite bourgeoisie du négoce : son père, Claude, a tenu à Villers-Cotterêts l'hôtellerie de L'Ecu de France.
L'enfance aurait pu être heureuse pour cet assez joli enfant aux longs cheveux blonds tombant sur les épaules, aux grands yeux bleus, au teint blanc - Alexandre n'est pas né nègre, il le deviendra, brunissant, quand ses cheveux se mettront à crêper, à l'entrée dans l'adolescence -, pour le fils adoré du général républicain, que Bonaparte a laissé au bord du chemin et qu'une longue captivité dans les prisons du roi Ferdinand de Naples a terrassé. Si bien adoré que, « quoique, dans les derniers instants de sa vie, les souffrances qu'il éprouvait lui eussent aigri le caractère au point qu'il ne pouvait supporter dans sa chambre aucun bruit ni aucun mouvement, il y avait une exception pour moi » (Mes Mémoires).
Après la disparition du père (1806), la mère s'ensevelit dans un deuil éternel, le fils d'à peine quatre ans, dont l'imaginaire sera le seul Panthéon du père, ne guérira jamais de « cette vieille et éternelle douleur de la mort de mon père ». Il choit de la gloire dans le siècle et le réel, c'est-à-dire le lent appauvrissement, de l'aisance à la gêne, qui assombrit le paysage idyllique de l'enfance et de l'adolescence. Le presque pauvre, le jeune sauvageon se montre rétif à l'éducation que sa mère, se saignant aux quatre veines, a l'ambition de lui faire inculquer : inattentif aux leçons de latin du bon abbé Grégoire, sourd aux harmonies du violon, il ne se plaît qu'au maniement des armes.
Il entre en août 1816, pour apprendre un état, comme saute-ruisseau chez Me Menneson, un notaire républicain ami de la famille. Le fils du héros se rangera-t-il en tabellion de province ? Il appartient trop, déjà, par tempérament, aux braconniers, aux irréguliers, pour se suffire de l'aurea mediocritas. A l'adolescence, il découvre ce qui constituera les deux pôles de sa vie tumultueuse : l'amour des femmes et la passion pour la littérature. Après sa première maîtresse, la blonde et rose Aglaé Tellier, son premier maître, son initiateur littéraire, un jeune homme de son âge, Adolphe Ribbing de Leuven, qui, débitant des vers de vaudevilles, choisit son jeune ami comme collaborateur. En même temps qu'il lui transmet les rudiments de l'art dramatique, Adolphe lui infuse la grand chimère de la conquête de Paris qu'ont partagée tous les Rastignac du dix-neuvième siècle : il ne doute pas que la littérature ne lui ouvrira, « vers la capitale du génie européen, un chemin semé de couronnes et de pièces d'or ».
Après avoir obtenu, enfin, grâce à l'appui d'anciens amis de son père, comme son tuteur Jacques Collard, une modeste place de surnuméraire, puis d'employé dans les bureaux de Louis-Philippe, duc d'Orléans, Alexandre découvre le Paris de la Restauration et entreprend en autodidacte une seconde éducation : il dévore les livres, avec la même fièvre que la vie. Les salons littéraires, qu'il fréquente d'abord, appartiennent aux milieux impériaux et libéraux, de tendance classique. Mais comment ce curieux passionné, cet ambitieux forcené aurait-il pu rester insensible aux idées nouvelles du romantisme qui, transformant la sensibilité, s'en prennent aux canons de l'idéal classique français ? Les fils, toute frontière rompue, s'engouffrant dans l'espace ouvert par l'épopée impériale, ont découvert la littérature des peuples que les pères avaient conquis ou combattus. Ils lisent avec passion les Allemands Schiller et Goethe, dont le Werther sert de modèle à une génération frappée par le mal du siècle ; l'Ecossais Walter Scott qui leur propose une forme de roman, profondément enracinée dans l'histoire nationale ; l'Anglais Byron au ténébreux dandysme ; et même l'Américain Fenimore Cooper qui, leur faisant explorer l'immense Prairie, suscite le rêve de nature vierge. Ces influences étrangères, auxquelles s'ajoutent des luttes générationnelles, induisent peu à peu une rupture formelle, puis idéologique avec les aînés.
Pour visualiser la suite du document Alexandre Dumas vous pouvez :




12
/20
Le document Alexandre Dumas appartient à la rubrique Biographie qui elle même appartient à la thématique Français.
Ils ont téléchargé aussi
Nouveaux documents Biographie