-
Connexion
- Inscription
- 2 221 810 inscrits »
Vous êtes ici : Accueil › Documents › Français › Analytique › Lecture analytique les troglodytes
chaaa59 - Mise à jour : 06/03/2011
9 téléchargement(s)
format .doc
43 Ko
Niveau : Lycée
Extrait / Introduction
Extrait / Introduction :
Le roman épistolaire Les Lettres Persanes, publié en 1721 par Montesquieu, se présente à la fois comme un conte de « sérail », une satire de la société française de la fin du règne de Louis XIV et une méditation politique. Dans les années 1710, Usbek et Rica, deux nobles persans, se rendent en France et correspondent par lettres avec leurs amis restés en Perse. Ils leur confient ainsi leurs observations sur la vie sociale et politique de la société européenne. Ce procédé du « regard éloigné » qui consiste à décrire les mœurs notre propre société à travers le point de vue naïf d’un étranger sera fréquemment utilisé par les écrivains des Lumières : il offre un moyen habile et efficace de critiquer indirectement les travers de la société française.
Plan
Plan :
1. De la lettre au conte : Le mythe des Troglodytes
a) Usbek en conteur
b) le nom
c) le cadre spatio-temporel
d) les personnages.
2. Du récit à la démonstration : le modèle d’une société idéale
a) la structure argumentative du récit
b) les conditions du bonheur selon Usbek : vertu et intérêt général
Exemple de page de Lecture analytique les troglodytes
TEXTE 1. Le mythe des troglodytes. Montesquieu (1689-1755), Lettres Persanes (Lettre, 12 extrait)
Le roman épistolaire Les Lettres Persanes, publié en 1721 par Montesquieu, se présente à la fois comme un conte de « sérail », une satire de la société française de la fin du règne de Louis XIV et une méditation politique. Dans les années 1710, Usbek et Rica, deux nobles persans, se rendent en France et correspondent par lettres avec leurs amis restés en Perse. Ils leur confient ainsi leurs observations sur la vie sociale et politique de la société européenne. Ce procédé du « regard éloigné » qui consiste à décrire les m?urs notre propre société à travers le point de vue naïf d’un étranger sera fréquemment utilisé par les écrivains des Lumières : il offre un moyen habile et efficace de critiquer indirectement les travers de la société française.
Avant d’arriver à Paris, alors qu’ils se trouvent encore à Erzurum dans l’empire ottoman, nos deux Persans sont informés par l’intermédiaire de Mirza d’un débat qui partage la cour d’Ispahan en Perse. Il s’agit de savoir quelle est la condition principale du bonheur dans une société : est-ce la satisfaction des besoins ou la pratique de la vertu qui peut garantir l’harmonie et le bonheur collectifs ? Dans les lettres XI et XII, Usbek répond à cette question, non par une démonstration abstraite, mais à travers un apologue qui veut à la fois « persuader » et « toucher » son lecteur : le mythe des troglodytes.1 La lettre XI raconte comment les Troglodytes menant une vie égoïste, seulement soucieux de leurs intérêts particuliers, conduisent leur société à la guerre et à la ruine. Dans la lettre XII, dont notre texte présente les premiers paragraphes, Usbek montre comment quelques Troglodytes qui ont survécu à la catastrophe reconstruisent une nouvelle société garantissant le bonheur de tous et de chacun.
1. De la lettre au conte : Le mythe des Troglodytes
a) Usbek en conteur : le texte se présente comme une lettre dans laquelle est enchassé un récit. Les indices épistolaires apparaissent au début : entête avec les noms du destinateur (Usbek) et de son destinataire (Mirza) et son adresse (Ispahan, en Perse), et à la fin : lieu (Erzeron) et date de la rédaction de la lettre (selon le calendrier musulman). Dès la première phrase cependant, les marques du discours (usage de la seconde personne, apostrophe, passé composé) cèdent la place aux marques du récit : troisième personne, usage du passé simple et de l’imparfait. De l’espace-temps oriental de la lettre, on glisse dans un autre temps et un autre espace purement fictifs : ceux du mythe, dont Usbek est le narrateur omniscient.
b) le nom : L’étrange nom de « troglodyte » (l. 1) choisi par Montesquieu nous transporte déjà dans un univers mythique. Chez l’historien grec Hérodote, les « troglodytes » sont un peuple d’Ethiopie (la Libye actuelle) qui est connu pour sa rapidité à la course. Par son étymologie, le nom désigne ceux qui « vivent dans des trous », dans des cavernes. Mais Montesquieu le choisit surtout pour ses connotations exotiques et archaïques : il suggère une humanité primitive, éloignée de notre civilisation. Dans le conte d’Usbek, ce nom est aussi ambigu : par un renversement typique des contes et des mythes, le nom « troglodytes » qui désignait un peuple « injuste » et « méchant » (l. 2), est désormais appliqué à des hommes bons et justes (l. 3-4). Du monde sauvage et barbare des premiers troglodytes, on passe comme par miracle à une société policée et vertueuse.
c) le cadre spatio-temporel. Comme dans de nombreux mythes, l’introduction du récit (l. 1-4) décrit le passage du chaos et de la mort (« périrent », « méchanceté », « victimes », « malheurs ») à l’ordre et à la vie. La seconde phrase souligne par une antithèse quantitative (tant de famille/deux) le rôle électif de la catastrophe : elle ne sauve que les « purs », les rares « élus ». Nous assistons véritablement à la création d’un monde nouveau, comme dans le mythe du Déluge (où seuls Noé et son arche survivent à la catastrophe). Le récit de cette « genèse » est amorcé par une formule « Il y avait dans ce pays...» (l . 3) qui a le même rôle que le « Il était une fois » des contes : le lecteur est plongé dans un passé lointain et indéterminé (ce que suggérait déjà l’opposition entre passé composé et passé simple dans la première phrase). L’espace où naît la nouvelle société des troglodytes est caractérisé, comme dans les récits utopiques, par son insularité : « dans l’endroit du pays le plus écarté, séparés de leurs compatriotes indignes de leur présence » (l. 8-10). L’éloignement géographique souligné par le superlatif place les nouveaux troglodytes dans un isolement absolu, qui les sépare de l’influence néfaste de leurs « compatriotes ». Eloignés de la « civilisation », les troglodytes vivent dans un espace rustique, naturel, qui rappelle aussi les débuts de l’humanité (on les voit seulement travailler la terre, l. 10).
Pour visualiser la suite du document Lecture analytique les troglodytes vous pouvez :
Le document Lecture analytique les troglodytes appartient à la rubrique Analytique qui elle même appartient à la thématique Français.
Ils ont téléchargé aussi
Nouveaux documents Analytique