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Lecture analytique sur "Elle était déchaussée" de Hugo

emmy74 - Mise à jour : 16/06/2009

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Extrait / Introduction

Lecture analytique sur \"Elle était déchaussée\" de Hugo est un cours de Français Analytique de Lycée, proposé par emmy74


Extrait / Introduction :

Hugo :
- chef de file du romantisme

Contemplations :
- recueil intime et personnel
- deux parties : « Autrefois » & « Aujourd’hui » séparée par le décès de sa fille Léopoldine en 1843
- « Aujourd’hui » : douleur et absence, « Autrefois » : joie, amour et nature

« Elle était déchaussé » :
- 2ème partie
- rencontre, au milieu de la nature, avec une femme mystérieuse (...)

Plan

Plan :

  • Texte
  • Éléments d'introduction et de contexte
  • Tableau des procédés rhétoriques utilisés et de leur interprétation
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    Exemple de page de Lecture analytique sur "Elle était déchaussée" de Hugo

    Contemplations de Hugo

    « Elle était déchaussée »

    __________________________________________________________________________________________


    Texte :


    Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
    Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
    Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
    Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

    Elle me regarda de ce regard suprême
    Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
    Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
    Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

    Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
    Elle me regarda pour la seconde fois,
    Et la belle folâtre alors devint pensive.
    Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !


    Comme l'eau caressait doucement le rivage !
    Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
    La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
    Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.


    Victor Hugo, Les Contemplations, 1856


    Éléments d’introduction et contexte :


    Hugo :

    - chef de file du romantisme


    Contemplations :

    - recueil intime et personnel

    - deux parties : « Autrefois » & « Aujourd’hui » séparée par le décès de sa fille Léopoldine en 1843

    - « Aujourd’hui » : douleur et absence, « Autrefois » : joie, amour et nature


    « Elle était déchaussé » :

    - 2ème partie

    - rencontre, au milieu de la nature, avec une femme mystérieuse


    Construction du texte :


    4 quatrains (ABAB)


    Les procédés rhétoriques et leur interprétation :


    Procédés

    Interprétations

    Pronom personnel de la première personne « moi », « je » (v.3)

    La situation d’énonciation semble ainsi inscrire le poème dans le genre autobiographique car le personnage masculin est très présent dans ce poème.

    Imparfait de description « était » (v.1), « passais » (v.3) et passé simple de narration « regarda » (v.5)

    Le poème ressemble donc au récit d’un souvenir personnel, vécu autrefois car les temps des verbes du poème sont des temps du récit.

    Schéma narratif

    La construction du poème respect un schéma narratif : rencontre et proposition (strophe 1), insistance du poète à l’inviter à l’amour (strophe 2), réflexion et attente (strophe 3) et décision (strophe 4)

    CL de la nature « joncs » (v.2), « arbres » (v.8), « oiseaux » (v.12), « bois » (v.12), « eau » (v.13), « rivage » (v.13)

    Cadre et contexte parfait pour une rencontre amoureuse. Et en dehors du couple, aucune trace d’humanité, ils semblent seuls au monde.

    Périphrase évocatrice « c’est le mois où l’on aime » (v.7) (=printemps = saison des amoureux) + personnification de la nature « comme l’eau caressait doucement le rivage » (v.13)

    Elle forme un cadre sensuel, destiné à abriter les amours des promeneurs.

    Compléments de lieu: « Veux-tu t’en venir dans les champs » (v.4), « sous les arbres profonds » (v.8), « au fond des bois » (v.12)

    Le personnage s’exprime par des compléments de lieu suggérant l’enfoncement dans la nature. Connotations érotiques discrètes mais présentes.

    Substantif « la beauté » (v.6) ou périphrases « la belle folâtre » (v.11), « la belle fille heureuse » (v.15)

    Ce personnage féminin est finalement assez mystérieux, il n’est pas nommé, simplement désigné par le pronom personnel « elle » ou par des expressions insistant sur sa beauté. Peu importe qui elle est pour le poète, sa beauté semble suffire !

    Préfixe « dé » qui indique l’absence dans « déchaussée » et « décoiffée » (v.1) + précision « les pieds nus » (v.2), « ses cheveux dans les yeux » (v.16)

    Elle s’est affranchie pendant sa promenade des codes sociaux et moraux de l’époque qui voulaient qu’une femme ait toujours les cheveux attachés et les pieds couverts. Elle est donc dans une situation propice à l’amour. C’est une femme très audacieuse pour l’époque.

    « folâtre » (v.11), « effarée et sauvage » (v.15) + adjectifs « heureuse » (v.15), « riant » (v.16)

    Elle est libre, totalement libre , comme si les m?urs ou les codes sociaux n’avaient plus de pouvoir sur elle. Elle va pouvoir accepter l’invitation de l’homme sans problème.

    Adjectif hyperbolique « suprême » (v.5)

    Lorsqu’elle croise le regard de l’homme sans aucune trace de timidité indique même qu’elle est sûre de son charme et n’hésite pas à lui montrer.

    Tutoiement « veux-tu » (v.4)

    L’homme est direct et sûr de lui. Avec le tutoiement il crée une intimité immédiate et sans détour.

    Question rhétorique « Veux-tu t’en venir dans les champs ? » (v.4)

    Sa question suppose l’accord de la jeune fille + litote suggérant les ébats amoureux, litote éclairée par la périphrase « le mois où l’on s’aime » (v.7) et l’allusion « sous les arbres profonds » (v.8)

    Métaphore « je crus voir une fée » (v.3)

    Montre le coup de foudre immédiat. Le poète est fasciné depuis qu’il a vu la jeune fille.

    Jeu du regard « je crus voir une fée » (v.3), « elle me regarda » (v.5), « elle me regarda pour la seconde fois » (v.10), « je vis venir » (v.14)

    Si l’échange des regards est toujours essentiel dans une scène de rencontre, ici le regard est immédiatement réciproque.

    « nous en triomphons » (v.6)

    Le verbe triompher ne laisse aucun doute sur l’issue de la scène (« nous »= les hommes, les grands séducteurs !) et c’est effectivement ce qui se passe, après un petit temps de réflexion « pensive » (v.11), la belle accepte la proposition de cet inconnu « je viens venir à moi » (v.14) montre la facilité, la simplicité, aucune notion de péché.

    « fée » (v.3) + pronom personnel de la troisième personne du singulier « elle »

    Le pronom personnel de troisième personne, répétée dans les trois premiers quatrains, suggère une femme inconnue, rencontrée au hasard d’une promenade ; cette identité floue introduit un élément de mystère accentué par le mot « fée »

    Compléments circonstanciels de lieu « parmi les joncs penchants » (v.2), « dans les grands roseaux verts » (v.14)

    Une déesse, allégorie de la nature ? En effet, elle sort des eaux, telle Vénus, elle semble si proche et si fusionnelle avec cette nature, semblant sortir de l?eau.

    Aucune parole du côté de la jeune fille

    Elle ne parle pas, seul l’homme parle : apparition ? Fantasme ? Ce silence allonge la scène et contribue à renforcer l’impression d’attente et la tension dramatique du poème.

    Cadre naturel

    Un jardin d’Eden ? En effet, cette nature paraît située hors de l’espace et de temps, nature sauvage et libre, sans aucune trace d’humanité, en dehors d’un homme et d’une femme : Adam et Eve ? De plus, il n’y a aucune notion de péché : une relation idéale.

    Le poète pose à 3 reprises la question « Veux-tu... ? » (v.4, 7 et 8)

    Enjeu de l’action et le lecteur attend impatiemment la réponse à cette question, suit le suspens monter vers à vers.

    Alternance des pronoms « je » et « elle »

    « Je » a l’initiative au début, et « elle » se contente de regarder. A la fin le rapport s’inverse : « Elle » agit et « Je » regarde. Ce jeu des pronoms est trop équilibré, trop pensé.

    Coup de théâtre (v.14) : alors qu’elle était précédemment « pensive » (v.11), elle se décide « je vis venir à moi » (v.14)

    Elle se décide pile à la fin du poème !

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    Avis sur Lecture analytique sur "Elle était déchaussée" de Hugo
    13 /20
    très bonne analyse

    berri92 le 16/02/2010

    Le document Lecture analytique sur "Elle était déchaussée" de Hugo appartient à la rubrique Analytique qui elle même appartient à la thématique Français.

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