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flopneige - Mise à jour : 05/04/2012
Extrait / Introduction
Rousseau, Confessions, Livre I, \"La chasse aux pommes\" est un autre de Français Analytique de Lycée, proposé par flopneige
Extrait / Introduction :
Analyse d'un texte particulièrement utilisé en classe : la Chasse aux pommes, dans le Livre I des Confessions. Ce texte illustre les thématiques sur l'expression de soi ou sur l'autobiographie.
Introduction :
Les autobiographies sont parfois écrites pour libérer les esprits de leurs auteurs. Tel est le souhait de Rousseau, qui expose son projet dans le titre même de son ouvrage : Confessions qu’il compose en 1782. Dans les premiers chapitres, il raconte les années de sa jeunesse. Ainsi dans le livre premier, il utilise un souvenir d’enfance pour illustrer son dessein. Connue sous le nom de la « chasse aux pommes » cette anecdote ouvre les premières révélations de l’auteur. Nous pouvons donc nous intéresser à la démarche de Rousseau dans son ouvrage. Pour cela, nous préciserons le cadre d’exercice, puis nous remarquerons les efforts de l’auteur pour organiser son récit, enfin, nous tenterons de déterminer précisément les objectifs de Rousseau.
Plan
Plan :
INTRODUCTION
I) Un cadre d’exercice
A- Les indices spatio-temporels
B- Rétrospection
II) Un récit manipulé
A- la mythologie
B- Une épopée parodique
III) Une démarche autobiographique
A- Se faire pardonner
B- Tirer des leçons
CONCLUSION
Exemple de page de Rousseau, Confessions, Livre I, "La chasse aux pommes"
Rousseau, Confessions, Livre I
Les autobiographies sont parfois écrites pour libérer les esprits de leurs auteurs. Tel est le souhait de Rousseau, qui expose son projet dans le titre même de son ouvrage : Confessions qu’il compose en 1782. Dans les premiers chapitres, il raconte les années de sa jeunesse. Ainsi dans le livre premier, il utilise un souvenir d’enfance pour illustrer son dessein. Connue sous le nom de la « chasse aux pommes » cette anecdote ouvre les premières révélations de l’auteur. Nous pouvons donc nous intéresser à la démarche de Rousseau dans son ouvrage. Pour cela, nous préciserons le cadre d’exercice, puis nous remarquerons les efforts de l’auteur pour organiser son récit, enfin, nous tenterons de déterminer précisément les objectifs de Rousseau.
Un cadre d’exercice
Les indices spatio-temporels
Pour mieux préciser son anecdote, Rousseau en donne tous les dessous. Il souhaite véritablement trouver la vérité dans son récit. Le lieu de cette petite histoire correspond à celui de sa jeunesse. Mais le lieu convoité est une simple « dépense », où est entreposé le trésor : une pomme, d’ailleurs éclairée d’une « jalousie ». La simplicité de la description permet la reconnaissance facile des lieux, et une empreinte de nostalgie pour le lecteur. Le cadre d’exercice tient surtout dans les références temporelles qui encadrent le récit. Alors que le narrateur évoque « un souvenir » à la première ligne, il fait tout pour donner une chronologie simple qui se rapproche par certains aspects au conte : « un jour que j’étais seul », « le lendemain », « tout à coup ». Nous sommes là dans une narration qui cherche à être vivante. Enfin, notons l’usage de la première personne du singulier tout au long du texte. En effet, notre narrateur s’implique personnellement dans l’anecdote, renforçant son lien de vraisemblance. Il s’agit bien d’une autobiographie qui suit le souvenir de jeunesse. Nous pouvons distinguer toutefois une nuance dans l’expression de ce « je ». Ainsi, le narrateur de la période d’enfance est quelque peu différent de celui qui clôt le récit.
Rétrospection
Dans ce récit, le narrateur joue donc sur deux époques : le temps de l’adolescence teintée de chapardage et celle de la vieillesse où la sagesse domine. Ainsi, une véritable introspection se met en place, au-delà du seul souvenir. L’exemple ludique permet d’entrer dans une réflexion plus profonde. Cette variation de temporalité est explicite par l’usage des temps verbaux. Le premier moment de l’anecdote est au passé alors que le second moment est actualisé par l’usage du présent de l’indicatif. Le narrateur revit son histoire puis en tire des conclusions, où l’imparfait reprend sa place. Le travail d’aveu permet de faire ressurgir plusieurs sentiments contradictoires. « un souvenir qui me fait frémir encore et rire tout à la fois ». Nous voyons là les effets de l’ouvrage de Rousseau : le divertissement et le retour sur soi, plus douloureux. Cette phrase d’introduction attire l’attention du lecteur et l’invite à entrer dans l’intimité du narrateur. La preuve de ce discours à posteriori se trouve dans les quelques phrases qui clôturent les paragraphes : « Lecteur pitoyable, partagez mon affliction », « la plume me tombe des mains », mais surtout dans le dernier paragraphe qui offre la réflexion du narrateur sur son compte.
Les choix stylistiques de Rousseau permettent de constater l’extrême soin qu’il apporte à la narration même de son anecdote, manipulant de fait le message qu’il apporte.
Un récit manipulé
la mythologie
Le récit de Rousseau est particulièrement travaillé. En effet, le narrateur utilise des références partagées par tous pour décrire son larcin. La plus évidente est celle relative au fruit : la pomme. Fruit devenu représentatif du fruit défendu de la Bible, c’est aussi le fruit de la discorde et de la chute du Paradis terrestre. Nous retrouvons là non seulement l’interdit de la cueillette mais aussi la notion de disgrâce associée à ce crime d’Adam et Eve. Rien de bien surprenant pour qui veut avoir une démarche de confession que de trouver des points communs avec le texte religieux de référence. Mais la seconde référence est bien plus païenne, et concerne la légende grecque d’Hercule. L’un des travaux de ce héros a consisté à voler les pommes du « jardin des Hespérides », lieu béni des dieux, où les fruits en or avaient le pouvoir d’apporter longévité. Or, notre jeune voleur se décrit comme un Hercule modernisé, devant récupérer à nouveau le « précieux fruit » convoités. Il va donc utiliser toute sorte d’instruments pour s’en saisir : « une broche », « un couteau », qui renforcent l’aspect martial de l’épreuve. Tout comme le jardin mythologique, la dépense est gardée par un « dragon » qui n’est autre que le maître du jeune garçon. La métaphore a donc un retentissement particulièrement humoristique grâce à l’image légendaire filée depuis le début du texte, et qui permet également de critiquer l’horrible caractère de l’homme. Pourtant, contrairement au premier héros, le jeune garçon échoue dans sa tentative de vol et se fait surprendre. La chute ne ressemble pas au récit épique mais est plus en rapport avec la stratégie de Rousseau : se faire pardonner son passé. Nous avons là deux références connues et appréciées des lecteurs, donnant au texte une dimension épique indéniable.
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Le document Rousseau, Confessions, Livre I, "La chasse aux pommes" appartient à la rubrique Analytique qui elle même appartient à la thématique Français.
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