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1. Les grands courants de la pensée économique
L’économie est une science qui s’est constitué au fil du temps en réponse aux
problèmes spécifiques à chaque période. On peut distinguer trois vagues dans
l’établissement de la pensée économique moderne (trois étages dans la construction de
l’édifice que constitue la science économique).
1. Une véritable réflexion économique a vu le jour au XVI° siècle avec les
mercantilistes. Elle s’est épanouie à la fin du XVIII° et au début du XIX° siècle
avec les classiques.
2. L’analyse néo-classique (fin XIX°, début XX°) puis la théorie keynésienne
(années 30 puis après-guerre) ont ensuite profondément renouvelé la pensée
économique.
3. Depuis le début des années 1970 de nouveaux courants de pensée continuent à
faire progresser la science économique.
1.1 La pensée économique du XVI° au XIX° siècle
1.1.1. Le mercantilisme et le libéralisme de l’école classique
Les mercantilistes ont prôné l’intervention de l’Etat. Les limites de leurs prescriptions
ont été mises en évidence à partir du XVIII° siècle par les libéraux de l’école classique.
Enfin, la critique socialiste est une critique plus radicale de l’économie.
1.1.1.1. Le mercantilisme
Le mercantilisme est le courant de pensée dominant au XVI et XVII° siècle. Le
mercantilisme regroupe un ensemble d’auteurs (espagnols, français, anglais, italiens)
qui ont élaboré, au cours des XVI et XVII° siècles, des régles de politique économique.
Ces règles avaient pour but essentiel d’affirmer la puissance nationale en tenant
compte des profonds bouleversements ayant marqué cette époque dans les domaines
économique, institutionnel et culturel.
• Domaine économique : grandes expéditions et grandes découvertes, essor de
l’activité commerciale, nouvelles marchandises en Europe (thé, café, cacao,
tabac, tomate, maïs…). Afflux important d’or et d’argent en provenance du
nouveau monde.
• Domaine institutionnel : essor des nationalités, formation des Etats modernes.
• Domaine culturel : Renaissance, Réforme entrainent la laïcisation du Monde.
Modification des mentalités : la richesse, le goût du luxe et des arts, le bien-être,
condamnés par le Moyen-Age chrétien se trouvent réhabilités.
Les mercantilistes considèrent que l’Etat doit attirer et conserver sur le territoire
national les métaux précieux qui constituent, à leurs yeux, la principale richesse
indispensable au développement de l’activité économique.
Pour obtenir de l’or ou de l’argent, un pays doit vendre d’avantage à l’étranger qu’il
n’achète, c’est à dire faire en sorte d’obtenir une balance commerciale favorable.
Les mercantilistes préconisent pour cela une politique protectionniste (création de droits
de douane, instauration de règles diverses pour les instaurations de produits
étrangers, suventions pour favoriser les exportations).
Les mercantilistes recommandent également au gouvernants de faciliter le
développement des manufactures pour accroître le volume des exportations et
décourager (se substituer à) l’importation de produits étrangers. En France, cette
politique a été appliquée par Colbert (Colbertisme ou industrialisme). Ce dernier a
utilisé la puissance réglementaire de l’Etat pour favoriser le développement de
l’économie nationale.
1.1.1.2. Le libéralisme de l’école classique.
L’Europe occidentale connaît de profondes mutations des structures mentales,
techniques et institutionnelles au XVIII° siècle.
• Les structures mentales se modifient sous l’influence du libéralisme et de
l’individualisme. Si elle a dans un premier temps favorisé l’essor de l’économie
en France, la politique mercantile s’avère décevante en raison des rigidités
qu’elle entraîne dans le fonctionnement de l’économie : la multiplication des
règlements dans l’industrie et le commerce freine les initiatives privées, perturbe
l’activité économique. L’ordre économique artificiellement établi par les
règlementations est alors contesté par le courant de pensée libérale qui vante les
bienfaits d’un régime de liberté. Il convient de noter que cette réaction contre les
principes mercantilistes s’inscrit dans le courant philosophique de l’époque (les
Lumières en France, les individualistes en Angleterre).
• Dans le domaine technique, véritable révolution. Emploi de plus en plus
important des machines dans les divers secteurs de production. Au niveau de
l’entreprise, regroupement de la main-d’œuvre dans des fabriques avec une
division du travail sans cesse plus poussée.
• La mutation brutale des structures institutionnelles : de nouvelles bases
juridiques favorisent l’essor du capitalisme. Engendrée par la Révolution, cette
transformation est consacrée par le Code civil et par le Code du commerce.
Deux éléments fondamentaux de cette nouvelle conception juridique : le droit de
propriété et le principe de liberté économique.
La majorité des économistes de l’époque rejètent toute intervention de l’Etat dans la vie
économique.
L’école Classique anglaise
Adam Smith (1723-1790)
« Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations » (1776) peut être
considéré comme le texte fondateur de la pensée économique libérale et même de
l’économie politique et de la science économique.
Adam Smith considère que la poursuite de l’intérêt individuel (la tendance de chaque
homme à améliorer sans cesse son sort) aboutit, au niveau de la nation, à la meilleure
des organisations économiques. Le mobile égoïste qui sous-tend les actions de chaque
individu engendre au niveau national des effets bénéfiques en réalisant l’intérêt
général. Les individus agissent comme si ils étaient conduits à leur insu par une main
invisible.
Sur le plan de la politique économique, Smith est un libéral hostile à l’intervention de
l’Etat dans le domaine économique et un partisan du libre-échange en matière de
commerce international. Les restrictions aux importations engendrent, selon lui, une
mauvaise répartition du capital (vers des secteurs non productifs) et une insuffisante
division du travail (au niveau international). Les incitations aux exportations
entraînent une structure économique moins efficace que celle qui résulte du libre jeu
des phénomènes naturels. Cependant, Smith n’écarte pas l’intervention de l’Etat pour
ce qui concerne la protection du pays (A rmée), l’organisation de la justice, l’entretien
des infrastructures (routes, ports).
David Ricardo (1772-1823)
« Principes de l’économie politique et de l’impôt » (1817)
Ricardo s’oppose également à toute intervention de l’état, notamment dans le domaine
social. Toute mesure qui vise à relever les salaires provoque un accroissement du
nombre de chomeurs. Il étudie les échanges internationaux : « théorie des coûts
comparés ». Il explique la division internationale de l’activité économique et examine
les avantages économiques qui peuvent en résulter. Il préconise l’établissement du
libre-échange afin que chaque nation se spécialise dans la production où elle détient
un « avantage comparatif ».
L’école Classique française
C’est principalement Jean-Baptiste Say (1767-1832) ! Say énonce la célèbre loi des
debouches selon laquelle “l’offre crée sa proper demande”. Toute production d’un bien
offert sur le marché donne lieu à une distribution de revenus que les titulaires vont
utiliser intégralement pour demander des biens d’une valeur identique. « Les produits
s’échangent contre des produits » et « dans toute Nation, plus les producteurs sont
nombreux et les productions multipliées, et plus les débouchés sont faciles, variés et
vastes ». Toute offre représente une demande en puissance. Les crises générales de
sur-production sont impossibles : l’intervention de l’Etat n’est pas nécessaire.
juvenaluck
   
02/07/2009
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