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papyson - Mise à jour : 02/04/2012
Extrait / Introduction
Mémoire de Littérature, niveau Bac+4, sur l'art et la croyance
Extrait:
Ce chapitre essaie d'établir le lien profond qui existe entre l'art et la culture. Lorsque nous parlons de relation, nous voudrions signifier par là qu'il y a comme un connecteur logique entre deux réalités. L'art fait partie de la culture, cela est un fait. Mais l'art est porteur d'une force que l'on ne trouve pas nécessairement dans le tout complexe qui forme la culture (en plus de l'art, on a la morale, la tradition, la religion, etc.) ; car il est création, inspiration et imagination. C'est la raison pour laquelle il rend à l'homme sa vraie image : celle qu'il reçoit de son Créateur. L'homme en quête de lui-même devient le centre de toute œuvre d'art. Cette quête prend naissance dans la communauté, se poursuit dans la connaissance de soi et débouche dans l'ouverture à Dieu. En effet, l'homme n'est homme que parce qu'il est ouvert à la transcendance. C'est cet itinéraire qui sera le nôtre tout au long de ce chapitre.
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Il ne s'agit pas de classification de peinture des images rupestres aux toiles (datation) ni d'après la composition chromatique (les peintures monochromes, bichromes ou polychromes) ou même encore eu égard aux symbolismes représentés (symboles cosmiques, anthropomorphes ou zoomorphes). Il est question ici de style, car comme le souligne Mveng, la peinture africaine est à la croisée des chemins c'est-à-dire qu'elle navigue entre la fidélité aux aspirations de l'artiste et la soumission à la vente et même à l'assistanat. Toujours est-il que l'artiste africain ne crée pas pour libérer une angoisse existentielle individuelle. Il crée des symboles et des valeurs de vie à travers lesquelles sa communauté va participer à la totalité. L'art négro-africain est donc un langage : c'est un langage écrit. Et cette écriture a son alphabet : les motifs et les symboles. Ces motifs et ces symboles sont comme le précise Mveng des images raccourcies du cosmos et des messages racontant le destin de l'homme. [...]
Plan:
Plan
Exemple de page de L'art et la croyance
CHAP I. L’ART DANS SA RELATION A LA CULTURE D’UN PEUPLE
Ce chapitre essaie d’établir le lien profond qui existe entre l’art et la culture. Lorsque nous parlons de relation, nous voudrions signifier par là qu’il y a comme un connecteur logique entre deux réalités. L’art fait partie de la culture, cela est un fait. Mais l’art est porteur d’une force que l’on ne trouve pas nécessairement dans le tout complexe qui forme la culture (en plus de l’art, on a la morale, la tradition, la religion, etc.) ; car il est création, inspiration et imagination. C’est la raison pour laquelle il rend à l’homme sa vraie image : celle qu’il reçoit de son Créateur. L’homme en quête de lui-même devient le centre de toute ?uvre d’art. Cette quête prend naissance dans la communauté, se poursuit dans la connaissance de soi et débouche dans l’ouverture à Dieu. En effet, l’homme n’est homme que parce qu’il est ouvert à la transcendance. C’est cet itinéraire qui sera le nôtre tout au long de ce chapitre.
I-1- L’art comme expression de l’imagination créatrice du peuple
L’art a presque toujours été considéré par certains philosophes, théologiens et mêmes théoriciens de l’art comme la simple représentation du beau. L’affirmer, c’est réduire l’art à être une expression subjective du goût. A ce niveau, il devient un champ de bataille où on utilise pour seule arme le goût. L’art est plus que cela : il est aussi l’expression de l’image créatrice d’un peuple1. En cela il reflète l’histoire de ce peuple qu’il porte dans sa totalité. L’art se trouve donc être une vision de l’homme lui-même, avec son peuple, avec le monde et avec Dieu. Cette vision comporte des valeurs du c?ur selon un idéal que tout le peuple peut désigner comme étant le beau : conception du beau qui englobe toutes les autres valeurs telle que le vrai, le bien, et le juste. Le beau est pour ainsi dire efficace et cette donnée traverse l’art en général et l’art négro-africain en particulier. L’esprit humain qui conçoit une ?uvre d’art peut donc la percevoir comme une beauté efficace et une beauté absolue, fondement de toute autre beauté dans la nature.
Il est clair que le beau est d’abord l’objet propre de l’art, et ce dernier, quant à lui est l’effort permanent de l’homme pour donner un sens à son environnement marqué par le combat entre la vie et la mort, l’amour et la haine, le bien et le mal. Le triomphe de la splendeur de la vie est en fait le triomphe de la beauté. L’art essaie de répondre aux questions que se pose le peuple sur sa destinée. Ce dernier utilise l’imagination créatrice pour y parvenir. Les arts plastiques ne sont pas du seul domaine de l’esthétique. Ils sont un langage écrit en signes et en symboles qui véhiculent toute une vision du monde et toute une conception de l’homme. Ils sont souvent l’histoire des peuples écrite en lignes de vie. L’art est doté de styles, de canons et de symboles. Il faut noter de plus que ces styles et ces canons ne sont pas seulement esthétiques ; ils constituent au contraire toute une écriture déployant un langage de symboles dont le message est à la fois anthropologique (vision de l’homme), cosmologique (vision du monde) et liturgique (expression de la célébration cosmique des mystères divins par l’homme dans sa fonction proprement sacerdotale).
Dans le déploiement de la création artistique, l’artiste, de manière générale, commencera d’abord par l’imitation de la nature. C’est le cas de la mimèsis des Grecs et du réalisme des Occidentaux. C’est ensuite le moment de l’abstraction ; la troisième étape dégage de la ligne essentielle un motif (signe fixé chargé de significations). La dernière étape est celle de la composition. Ce qui revient à dire que « la création artistique africaine passe de l’objet à son abstraction, sous le signe de sa ligne essentielle puis au motif pour aboutir en fin à la composition définitive2 ». Le Père Mveng note cependant que l’artiste africain ne respecte pas ces étapes dans la mesure où cet art crée un véritable langage écrit accessible aux seuls initiés. Or l’art négro-africain présente le monde et l’homme : il les présente dans leur unité originelle et eschatologique. Il exprime le destin de l’homme. C’est la raison pour laquelle il affirme : « L’homme s’exprime en exprimant le monde. Il humanise la création en l’associant à son destin. Il fait ?uvre de civilisation3 ». L’art est par ce fait indissociablement lié au culte (spécialement l’art négro-africain) : c’est un "livre liturgique4" dont la mission est de transformer le monde à partir de l’homme. Le fondement de l’?uvre d’art, dans cette optique devient l’homme. Nous avons donc à faire à un art anthropologique, non pas dans le sens où il conçoit l’homme déconnecté de son univers et même de Dieu, mais un homme cosmique. Il ne s’agit pas de l’homme en tant qu’individu ; l’art introduit l’homme en tant que relié essentiellement à la vie sur toutes ses formes. Cet art, de la préhistoire à l’art de l’Egypte pharaonique, est un langage symbolique qui raconte le destin de l’homme ; c’est une véritable "Bible de la sagesse humaine5".
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