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hichamov2006 - Mise à jour : 14/12/2008
Extrait / Introduction
Commentaire du 3ème chapitre du roman Harrouda, de Tahar Benjelloun. Etude de deux thématiques: le Voir et l'Apocalypse.
Le travail que nous tenterons de mener propose une relecture du troisième chapitre de Harrouda, intitulé vendredi les cendres. Dans la perspective de cette relecture il s'agit d'interroger deux choses différentes : nous tâcherons, dans une première partie de développer la question du regard. A ce niveau là, nous essayerons, de jeter un flot de lumière sur la théorie du « voir » dans la phénoménologie de la perception. Dans une seconde partie, nous nous attacherons à l'étude de la thématique de l'Apocalypse, telle qu'elle apparait dans ce chapitre.
Plan
Exemple de page de Commentaire du 3ème chapitre de Harrouda: roman de Tahar Benjelloun
Master lettres et expressions artistiques
Semestre : 3
Hicham BELHAJ
Commentaire du 3ème chapitre de Harrouda de Tahar Ben Jelloun
Le travail que nous tenterons de mener propose une relecture du troisième chapitre de Harrouda, intitulé vendredi les cendres. Dans la perspective de cette relecture il s’agit d’interroger deux choses différentes : nous tâcherons, dans une première partie de développer la question du regard. A ce niveau là, nous essayerons, de jeter un flot de lumière sur la théorie du « voir » dans la phénoménologie de la perception. Dans une seconde partie, nous nous attacherons à l’étude de la thématique de l’Apocalypse, telle qu’elle apparait dans ce chapitre.
En ce qui concerne le premier sujet, il nous a semblé logique de commencer notre travail par ce qui est repérable immédiatement, à savoir les différentes formes du « regard ». Cette thématique, qui inaugure le chapitre qui nous intéresse : « Quand le regard eut achevé l’itinéraire de la transparence à travers deux cités-mères, il se posa sur le grand boulevard de la ville à venir. »1, amorce le premier aspect du « regard », celui du narrateur « hétérodiégétique » omniscient, c’est-à-dire un regard fait de « ses propres yeux ». Cette première forme de regard est un moyen, dit-on, qui lui permet d’ « entrer dans un monde d’êtres qui se montrent », en l’occurrence celui des protagonistes de Casablanca, où a eu lieu la fameuse émeute de mars 1965 qui constitue le fond historique de la « diégèse », et leurs opposants. C’est par le truchement de l’?il que s’effectue le voir, lequel est, comme disait Merleau-Ponty dans L’?il et l’esprit, « la fenêtre de l’âme sur le monde ». Donc, une opération par laquelle le sujet regardant accède à la compréhension du monde puisque ce « voir » s’avère certain et précis.
Quant à la seconde forme du voir, elle est celle qu’effectue le « discours officiel » représenté dans le chapitre tantôt par la voix diffusée par la Radio, tantôt par celle de l’Organisation de la Défense et de la Paix. Ce « regard » est réalisé à travers les yeux des autres, comme le montre le passage suivant : « Nos services nous ont appris que derrière ces événements se trouve une organisation étrangère ainsi qu’une vieille femme, une espèce de putain folle. »2. Dans cette optique, ce « regard » doit être louche et gagnerait même d’être incertain.
Par conséquent, le premier « voir », celui du narrateur « hétérodiégétique », est, nous semble-t-il, apodictique dans la mesure où il est plein de certitude, quasi absolue, car il est la vision originaire de ses essences. Le second, qui est plein d’imprécision et d’incertitude est, en revanche, assertorique.
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