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La postmodernité dans les arts plastiques

hichamov2006 - Mise à jour : 22/03/2012

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Extrait / Introduction

Une synthèse sur la postmodenité et le postmodernisme dans les arts plastiques, qui à relever les principales caractéristiques des arts de la dernières décennies.

Plan :

  • Peut-on parler d'un art postmoderne?
  • Quels sont les axiomes sur lesquels se base-t-il?
  • A-t-il forcément un sens?
  • Plan

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    La postmodernité dans l’art

    Hicham BELHAJ



    Depuis les dernières décennies du XXème siècle, la vogue de la postmodernité a envahi presque tous les domaines de la vie, «  dépassant la longévité habituelle des modes » et obsédant nombre de philosophes et artistes. Nombreuses sont les études qui lui ont été consacrées et chaudes sont les polémiques qu’elle a engagées. Certes, les définitions qui lui sont proposées sont à profusion, mais la majorité des chercheurs ont une propension à celle du philosophe français Jean-François Lyotard qui a forgé, dans son fameux essai La condition postmoderne, une définition opposant moderne et postmoderne en utilisant le concept de «  métarécit » : «  Je définis le postmoderne comme l’incrédulité à l’égard des métarécits ». Par «  métarécit » Lyotard entend les grandes théories morales, idéologiques et artistiques auxquelles réfère la modernité. Elles sont, comme disait Marc Gontard dans Le roman français postmoderne, « des formes narrativisées de savoir, des mythes conceptuels, qui assurent la cohérence idéologique du système-monde ». Ainsi, le déclin de ces grands systèmes qui voulaient imposer la raison comme norme transcendantale de la société va se solder sur une remise en cause de la conception moderniste du monde, basée sur la «  foi en une norme unique de vérité ». Par voie de conséquence, la fin de l’époque dite moderne avec son utopie d’une perfection rationnelle doit, en fait, à deux choses différentes : d’une part, il y a l’échec de l’Histoire, d’autre part, le triomphe de la pluralité sur la singularité.

    Ce sont, faut-il préciser, les philosophes poststructuralistes, en l’occurrence Deleuze, Derrida et Foucauld qui ont favorisé, d’une manière ou d’une autre, cette vogue de « l’incrédulité à l’égard des métarécits » lorsqu’ils ont contribué à la déconsidération de la croyance en la capacité de la raison humaine de comprendre et de contrôler le monde et ses arcanes.

    En fait, le travail que nous essayerons de mener ne cherche aucunement à enchaîner les études déjà vouées à la postmodernité pour la bonne raison que, nous semble-t-il, la quête d’une nouvelle valeur ajoutée semble vaine voire impossible. Nous tenterons, en revanche, d’établir un état des lieux de la place de la postmodernité et du postmodernisme dans les arts plastiques.

    Il est à constater, d’abord, la différence qui existe entre postmodernité et postmodernisme. En tant que deux concepts majeurs, ces deux termes gagneraient d’être confondus : alors que la postmodernité se veut un concept philosophique et sociologique, le postmodernisme est éminemment esthétique.

    Peut-on parler d’un art postmoderne ? Quels sont les axiomes sur lesquels se base-t-il ? Est-il vraiment élitiste ? Est-il ésotérique ou exotérique ? A-t-il forcément un sens ? Telles sont les questions fondamentales auxquelles nous devons tenter de répondre.



    La postmodernité n’est pas une école de pensée, ni une idéologie dans la mesure où elle fait la critique des idéologies. Ce, en annonçant la nécrologie des grands récits comme l’on a vu précédemment. Dans son étude intitulée Esthétiques de la postmodernité, Caroline Guibet Lafaye affirme l’impossibilité de définir, par des caractéristiques, un art authentiquement postmoderne. Serait-ce, ainsi, illogique voire fallacieux d’attribuer à l’art des dernière décennies du XXème siècle la qualificatif «  postmoderne », puisqu’il n’est, selon Lafaye, que la traduction fidèle de la crise frappant la société occidentale des pays les plus industrialisés. Dores et déjà, il serait judicieux, dit-on, de parler d’un art contemporain plutôt que postmoderne.

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